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La Unión Électrique (UNE) a annoncé ce lundi une "stratégie d'urgence" pour tenter de freiner la chaîne de pannes qui maintient la Centrale Thermique Antonio Guiteras piégée dans un cycle de ruptures de plus en plus fréquentes, après que l'installation ait subi sa 15ème défaillance depuis le début de 2026.
La sortie de la principale centrale électrique du pays a eu lieu pendant la nuit en raison d'une nouvelle panne de la chaudière, comme l'a confirmé la centrale elle-même sur les réseaux sociaux. L'unité est actuellement en refroidissement naturel pour permettre l'inspection interne afin de déterminer l'origine exacte du problème.
Plus qu'une réparation définitive, la proposition de l'UNE vise à gagner du temps.
Le directeur général de la UNE, Rubén Campos Olmo, a expliqué que des spécialistes évalueront l'état de la chaudière afin de concevoir une intervention qui permettra de réduire les pannes constantes et de maintenir l'opération de l'usine pendant les mois d'été, lorsque la demande électrique atteint ses niveaux les plus élevés, selon le journaliste officiel José Miguel Solís.
La mesure met en évidence la situation critique de une installation qui n'a pas reçu de maintenance majeure depuis 2010 et dont l'infrastructure accuse des années d'usure.
La gravité du problème a été reconnue il y a plusieurs mois par le directeur de la Guiteras, Román Pérez Castañeda, qui a admis que la centrale nécessite un arrêt d'au moins 180 jours pour effectuer les réparations profondes nécessaires. Cependant, il a alors assuré que la crise énergétique nationale empêche de mettre hors service pendant si longtemps le bloc de production le plus important de Cuba.
Le principal foyer des pannes se situe dans l'économiseur de la chaudière, où des dommages ont été détectés sur plus de 500 tubes. Une réparation complète nécessiterait entre 1 000 et 1 200 cordons de soudure, une ampleur qui illustre le délabrement avancé de l'installation.
La nouvelle panne est survenue à peine une semaine après que la centrale soit revenue au Système Électrique National après un autre arrêt également causé par des problèmes de chaudière. La répétition des pannes a fait de la Guiteras l'un des symboles les plus visibles de la crise énergétique que traverse le pays.
Alors que les techniciens cherchent une solution temporaire, les conséquences continuent d'affecter des millions de foyers cubains.
La disponibilité du système électrique national n'atteignait ce jeudi que 995 mégawatts face à une demande dépassant les 2 600 MW. Pour l'heure de pointe nocturne, la UNE prévoit des perturbations pouvant dépasser les 2 000 MW, se rapprochant des pires niveaux de déficit énergétique signalés sur l'île.
La situation s'aggrave avec l'arrêt simultané d'autres unités thermiques et la mise à l'arrêt de plus d'une centaine de moteurs de génération distribuée en raison d'un manque de carburant.
Dans ce contexte, les coupures de courant continuent d'affecter la population. Dans plusieurs zones de La Havane, les coupures électriques s'étendent durant plus de 20 heures par jour, tandis que dans les provinces orientales, des interruptions ont été signalées dépassant les 48 heures consécutives.
La soi-disant "stratégie émergente" de la UNE reflète une réalité de plus en plus difficile à cacher : la principale centrale thermique de Cuba a besoin d'une réparation en profondeur que le pays ne peut pas se permettre d'effectuer, tandis que des millions de Cubains continuent de subir les conséquences d'un système électrique de plus en plus fragile.
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