Cuba en crise, mais Marrero insiste : les transformations visent à perfectionner le « système de direction de l'économie cubaine »

Le PCC a célébré un Plénum Extraordinaire pour évaluer des réformes économiques. Marrero les a présentées comme des améliorations du système socialiste, et non comme des changements structurels.



Manuel MarreroPhoto © X/@PartidoPCC

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Le Parti Communiste de Cuba (PCC) a tenu ce mercredi un Plénum Extraordinaire de son Comité Central pour évaluer un ensemble de transformations économiques et sociales, dans un silence médiatique officiel excessif et durant l'une des pires crises que connaît l'île depuis des décennies.

La séance, présidée par Miguel Díaz-Canel, a débuté par la présentation du Premier Ministre Manuel Marrero Cruz, qui a encadré les changements non pas en tant que réforme structurelle, mais comme une amélioration du modèle actuel : « Les propositions de transformations économiques et sociales qui sont présentées aujourd'hui auront un impact sur le perfectionnement du système de direction de l'économie cubaine ».

Marrero a également averti que le processus « ne pourra être mené que grâce à nos propres efforts », écartant ainsi toute attente de soutien extérieur pour sortir le pays du collapse.

Selon le rapport du journaliste officiel Lázaro Manuel Alonso, lors de la plénière des communistes, on discute de « questions transcendantales concernant la conduite de l'économie, l'entreprise d'État, les opportunités pour les acteurs économiques non étatiques, les Cubains disposant de capital à investir, qu'ils vivent ou non dans le pays, la gestion agricole, l'énergie et la transformation de la banque ».

Le Secrétaire à l'organisation du Comité Central, Roberto Morales Ojeda, a fixé la limite politique des mesures avant qu'elles ne soient débattues : son objectif est « de préserver la Révolution et ses principales conquêtes ».

Lors de la séance, il a également été confirmé que les initiatives « n'impliquent pas une déviation du projet socialiste ; elles sont l'expression de la logique propre au développement dans la période historique de sa construction, guidées par les idées de Fidel et de Raúl ».

Le seul élan vers un langage réformiste est venu de Marrero lui-même, qui a admis que les propositions « conçoivent une reconnaissance des mécanismes de marché comme des instruments d'allocation efficace des ressources », bien qu'il se soit empressé de préciser que cela « n'implique en aucun cas de renoncer à la responsabilité sociale de l'État ».

Les mesures s'articulent autour de six axes : système de direction de l'économie, autonomie municipale, autonomie des entreprises, récupération agricole, commerce extérieur et investissement étranger, et politique sociale.

Parmi les points spécifiques figurent que les municipalités puissent importer et exporter sans intermédiaires, que les entreprises d'État aient plus de marge pour fixer les salaires et retenir des devises, et que les Cubains résidant à l'étranger puissent investir dans des conditions d'égalité. Il est également proposé de réduire le nombre de ministères de 27 à entre 20 et 21.

Le paquet a été annoncé par Díaz-Canel le 12 juin lors de déclarations à la presse, et le régime a accéléré sa validation institutionnelle : Plénum du PCC ce mercredi et session extraordinaire de l'Assemblée nationale convoquée pour ce jeudi.

Le tableau de fond est dévastateur. La CEPAL prévoit une chute du PIB cubain de 6,5% en 2026, après une contraction de 3,8% en 2025, ce qui ferait de Cuba l'économie la moins performante d'Amérique latine pour la deuxième année consécutive.

L'économiste Pedro Monreal avertit d'une possible chute d'au moins 15% si l'inflation, la rareté des devises et la crise énergétique persistent. En mai, des déficits électriques historiques supérieurs à 2 000 MW ont été enregistrés, avec 51 % du pays sans électricité en même temps.

Ce n'est pas la première fois que Marrero annonce des changements sans que des réformes profondes aient lieu : en octobre 2025, il a relancé un programme pour « corriger les distorsions », et en janvier 2026, il a évoqué une « économie de guerre » en appelant à « ne pas avoir peur des changements ».

Dans tous les cas, le discours officiel a insisté sur le fait que les ajustements visent à « perfectionner » le socialisme, et non à l'abandonner.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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