Miguel Díaz-Canel a affirmé que les jeunes Cubains doivent placer "l'humanisme" et les valeurs de la Révolution au-dessus de l'influence des réseaux sociaux, qu'il a qualifiés de stratégie de "colonisation culturelle" et de manipulation de l'opinion publique.
Les déclarations ont été faites lors d'une interview accordée le 19 juin au journaliste dominicain Roberto Cavada au Palais de la Révolution, diffusée ce mercredi par Telenoticias, de la République dominicaine.
En répondant à une question sur les jeunes qui sur les réseaux sociaux demandent une intervention des États-Unis ou invitent le président Donald Trump à "venir à Cuba", le dirigeant a affirmé que le principal défi est de faire face à l'impact de "l'algorithme".
«Je crois que nous devons amener nos jeunes à privilégier l'humanisme qui est dans notre identité et dans la vocation de la Révolution plutôt que l'algorithme», a exprimé, selon la version sténographique publiée par la Présidence de Cuba.
Lors de l'interview, Díaz-Canel a déclaré que les plateformes numériques favorisent une "colonisation culturelle", une "néocolonisation culturelle" et la "banalisation" de la société, en promouvant — selon ses dires — des valeurs associées à l'individualisme et au consumérisme.
Le dirigeant a insisté sur le fait que les jeunes doivent "avoir confiance en eux", se distinguer par leur culture et leurs connaissances, et non par leurs possessions matérielles.
Il a également rejeté toute possibilité d'intégration politique avec les États-Unis.
«Il faudrait être très aveugle pour ne pas se rendre compte que l'alternative pour Cuba ne pourra jamais être l'annexion aux États-Unis. Il n'y a pas d'avenir pour Cuba avec une annexion aux États-Unis», a-t-il affirmé.
Les déclarations interviennent dans un contexte marqué par le plus grand exode migratoire de l'histoire récente de Cuba. Entre 2021 et 2024, environ 1,79 million de Cubains ont quitté l'île, tandis que le pays a enregistré en 2024 le taux de natalité le plus bas des six dernières décennies.
En se référant à l'émigration, Díaz-Canel a minimisé l'unicité du cas cubain et a soutenu qu'il s'agit d'un phénomène global.
«L'émigration est un problème mondial. Dans les problèmes migratoires, ce sont toujours les jeunes qui émigrent le plus, car ce sont ceux qui ont le plus d'énergie, de rébellion et de possibilités d'émigrer», a-t-il affirmé.
Cependant, diverses enquêtes indépendantes reflètent un profond désenchantement parmi la population jeune. Des études récentes indiquent que 93 % des Cubains âgés de 20 à 40 ans émigreraient s'ils en avaient l'opportunité, tandis que 97 % des jeunes de 18 à 30 ans désapprouvent la gestion du gouvernement.
La interview fait partie de la stratégie de communication que Díaz-Canel a développée en 2026 avec des médias internationaux. Au cours des derniers mois, il a accordé des interviews à NBC News, Newsweek, elDiario.es, Canal Red et maintenant Telenoticias, à un moment où Cuba traverse une profonde crise économique, énergétique et démographique.
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