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Cuba accumule 350 féminicides depuis 2019 jusqu'en juin 2026, selon les enregistrements de l'Observatoire de Genre d'Alas Tensas (OGAT) et de l'Observatoire des Féminicides YoSíTeCreo à Cuba (YSTCC), publiés sur Facebook par Alas Tensas.
La cifra, qualifiée par les propres observatoires de sous-enregistrement, met en évidence une crise de violence de genre que le régime cubain refuse de reconnaître officiellement.
«Chaque féminicide révèle une vie arrachée, mais aussi une défaillance institutionnelle. Prévenir, protéger et réparer ne peut pas continuer à dépendre UNIQUEMENT de la société civile», souligne la publication.
La répartition annuelle révèle une tendance alarmante : 16 crimes en 2019, 33 en 2020, 36 en 2021, 36 en 2022, un pic historique de 90 en 2023, 56 en 2024, 48 en 2025 et 35 jusqu'à présent en 2026, année toujours en cours.
Le saut de 2023 - presque le triple de l'année précédente - a marqué un tournant qui n'a reçu aucune réponse institutionnelle de la part du gouvernement.
Ce qui concerne 2026 ne montre pas non plus de signes d'amélioration : le rythme actuel des féminicides représente une augmentation de 112,5 % par rapport à la même période de 2025, selon les données de l'OGAT.
Parmi les cas les plus récents figure Arnelys Nancy Vega González, 25 ans, assassinée le 7 juin à Centro Habana par son partenaire, et Daisi María Isaac Brito, 56 ans, confirmée comme victime numéro 34, le 15 juin.
Le profil du crime est cohérent : 83,3 % des féminicides sont commis par le partenaire ou l'ex-partenaire de la victime, 64,6 % sont réalisés avec une arme blanche et 62,5 % se produisent dans le foyer ou dans l'environnement immédiat de la victime.
Les femmes âgées de 15 à 45 ans représentent la majorité des cas. Depuis le début de 2026, l'OGAT a également enregistré 19 tentatives de féminicide et un crime commis par un homme pour des raisons de genre.
Toutes ces données proviennent exclusivement d'observatoires indépendants, car le régime cubain ne publie pas de statistiques officielles systématiques sur les féminicides.
La situation s'aggrave après le fermeture de l'Observatoire YSTCC en avril 2026 en raison d'un manque de ressources et de fatigue humaine, après avoir documenté 315 crimes entre 2019 et 2025. Cette décision laisse l'OGAT d'Alas Tensas comme le seul observatoire indépendant actif sur l'île.
«La plateforme ne dispose pas des ressources humaines ni matérielles pour continuer à tenir le registre des féminicides, qui devient de plus en plus difficile dans le contexte cubain», a expliqué YSTCC en annonçant sa fermeture.
Le cadre légal cubain n'offre aucune protection spécifique : le Code pénal en vigueur (Loi 151/2022) ne considère pas le féminicide comme un délit autonome, Cuba est dépourvue de loi intégrale contre la violence de genre et il n'existe ni refuges institutionnels ni protocoles publics de protection pour les femmes en danger.
En 2022, l'Assemblée Nationale a rejeté un amendement visant à inclure le féminicide dans le nouveau Code pénal. La Fédération des Femmes Cubaines (FMC), unique organisation féminine légale du pays, n'a pas seulement gardé le silence face à ces crimes, mais s'est également opposée à cette typification.
En juin 2026, le UNFPA de l'ONU a accordé une reconnaissance à la FMC pour son prétendu travail en faveur de la protection des femmes, une décision qui a été vivement contestée par des activistes indépendants.
Alas Tensas exige au régime qu'il reconnaisse publiquement la violence faite aux femmes, qu'il publie des statistiques officielles, qu'il pénalise le féminicide, qu'il active des protocoles de protection, qu'il mette en place des refuges et qu'il garantisse des lignes d'urgence.
Et il ajoute une demande qui résume la double violence institutionnelle : « Il doit également cesser de criminaliser les activistes et les observatoires indépendants qui documentent ces cas face au silence de l'État. »
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