Une protestation accompagnée de tintements de casseroles et de cris contre les dirigeants du régime a éclaté ce samedi à La Havane Vieille, à l'occasion du cinquième anniversaire des mobilisations historiques du 11 juillet 2021, selon ce qu'a documenté CubaNet Noticias dans une vidéo publiée sur Facebook.
Alors que les citoyens se manifestent, le régime répond en concentrant des policiers et des forces paramilitaires dans le siège municipal du Parti Communiste de Cuba (PCC) de la région, dans une manœuvre qui reflète l'état d'alerte maximale dans lequel se trouve la dictature face à cette date commémorative.
«Alors que le peuple proteste avec des frappements de casseroles et des cris contre les dirigeants, le régime rassemble des policiers et des forces paramilitaires au siège municipal du PCC», a décrit CubaNet dans son rapport.
La protestation à La Havane Vieille n'est pas un fait isolé. Dans le Reparto Nalón, à Guanabacoa, les habitants ont organisé un fort cacerolazo après plus de 33 heures de coupure d'électricité.
Le régime n'a pas seulement déployé des forces à des points stratégiques de la capitale. Berta Soler et les Dames en Blanc ont dénoncé que des agents de la Sécurité de l'État ont assiégé leurs domiciles ce samedi pour empêcher toute commémoration de l'anniversaire.
Le symbole le plus visible de la répression en cette journée est le cas de l'artiste Luis Manuel Otero Alcántara, dont la condamnation de cinq ans a expiré le neuf juillet, mais qui reste introuvable après avoir été retiré de la prison de Guanajay par la Sécurité de l'État le sept juillet sans notification à sa famille. Amnistía Internacional a qualifié la situation de disparition forcée et a exigé sa libération immédiate.
Le contexte dans lequel se produisent ces manifestations est d'une gravité extrême. Cuba enregistre entre 1 260 et 1 306 prisonniers politiques, le chiffre le plus élevé jamais documenté, et 338 personnes demeurent incarcérées pour leur participation au 11J de 2021, exclues du pardon d'avril 2026.
La crise énergétique et économique agit comme le principal déclencheur de la mobilisation populaire. Les coupures de courant atteignent jusqu'à 72 heures consécutives dans certaines zones, le dollar informel s'échange à 670 pesos et le PIB se contracte entre 6,5 % et 15 %, selon les estimations.
Ce scénario de collapse explique le record de mécontentement dans la rue : rien qu'en juin 2026, 107 manifestations ont été enregistrées à travers le pays, presque le double du précédent record de 54, comptabilisé en 2024.
À cinq ans du plus grand soulèvement social à Cuba depuis 1959, le Comité contre la Disparition Forcée de l'ONU a activé une action urgente et a fixé le 25 juillet 2026 comme échéance pour que le régime présente un rapport officiel sur le sort d'Otero Alcántara.
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