
L'activiste cubaine Anna Bensi a lancé ce mardi un message provocateur au régime depuis les réseaux sociaux, répondant fermement à la question que se pose constamment le peuple cubain.
«Le peuple se demande : 'Jusqu'à quand ?' Eh bien… je suis heureux de vous dire que ce sera jusqu'à ce que le peuple le veuille», a écrit la jeune femme accompagnant le tweet des hashtags #SomosMás et #MerecemosMás.
La publication a été réalisée quelques heures après que le régime ait annoncé le cinquième black-out massif de l'année, laissant des millions dans l'obscurité.
Ce nouvel effondrement total du système électrique cubain est, de plus, le troisième de ce type en à peine huit jours, démontrant l'effondrement de ce service vital dans la nation.
De plus, le message arrive à l'un des moments de plus grande pression sur l'activiste : à peine 12 jours après qu'elle a été retenue près de 11 heures à la station de la Police Nationale Révolutionnaire d'Alamar — quatre fois la limite légale de deux heures — et huit jours après que le régime a réouvert le dossier pénal contre elle et sa mère.
Bensi, dont le nom réel est Anna Sofía Benítez Silvente, réside dans le quartier d'Alamar à La Havane et est membre du collectif de jeunes « Fuera de la Caja Cuba ».
Durante l'arrestation du 2 juillet, des agents l'ont menacée d'emprisonnement pour « incitation à l'ordre public » et lui ont demandé de modifier ses vidéos. En étant libérée cette nuit-là, elle a éclaté en sanglots devant ses proches et les activistes qui l'attendaient avec des applaudissements.
Le lendemain, la jeune femme clarifia le sens de ce cri : « Mon cri était d'impuissance, de colère face à tant d'heures d'injustice. Ce n'était pas de la faiblesse, au contraire ; toutes ces choses rendent mes convictions plus fermes que jamais ».
Le cas pénal auquel elle fait face avec sa mère, Caridad Silvente Laffita, a débuté le 10 mars 2026, lorsque toutes deux ont enregistré et diffusé une vidéo d'un agent du MININT remettant une convocation irrégulière à leur domicile.
Ambes ont été placées sous arrest domiciliaire depuis mars, accusées en vertu de l'Article 393 du Code pénal cubain pour « actes contre l'intimité personnelle et familiale », avec une peine potentielle de deux à cinq ans de prison et interdiction de quitter le pays.
Votre cas a reçu une attention internationale : Amnesty International l'a documenté en avril 2026, le député Mario Díaz-Balart l'a qualifié de « héroïne » et en mai, le chef de mission de l'ambassade des États-Unis à La Havane, Mike Hammer, lui a transmis les salutations du secrétaire d'État Marco Rubio lors d'une rencontre avec le collectif.
Vidéos associées :
Archivé dans :