Mère cubaine accusée d'encourager des manifestations à Marianao dénonce « torture psychologique » durant son interrogatoire

Gisselle Ordóñez Milián, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Zea GissellePhoto © Facebook / Zea Gisselle

Gisselle Ordóñez Milián, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Zea Gisselle, a dénoncé à Martí Noticias avoir été soumise à deux heures de pression institutionnelle et à une « torture psychologique » lors d'un interrogatoire à la Sixième Unité de la Police Nationale Révolutionnaire de Marianao, à laquelle elle a été convoquée pour avoir mis en lumière sur Facebook les manifestations de son quartier contre les coupures de courant.

La citation, émise par le MININT avec moins de 24 heures de préavis, décrivait l'acte comme une «interview», terme que Gisselle elle-même qualifiait d'«euphémisme pour ne pas dire interrogatoire».

La jeune femme, âgée de 40 ans et résidant dans le quartier de Zamora, s'est présentée accompagnée de son jeune fils, n'ayant personne pour s'en occuper. Les autorités ont interdit l'entrée au mineur, ce qui a engendré le premier point de tension de la rencontre.

L'interrogatoire a été mené par deux officiers de la Direction de Contre-Intelligence (DSE) identifiés comme « Antonio » et « Luisito », accompagné de l'instructeur pénal « Andy ».

Lors de la rencontre, les agents l'ont accusée d'exercer un « leadership social », de publier des contenus considérés comme « ennemis » sur les réseaux sociaux, d'ordonner et d'orienter les manifestations de voisinage, et d'être liée à un cartel apparu dans un cabinet médical proche de son domicile.

Elle a également été interrogée sur un prétendu financement provenant de l'étranger et sur des photographies que les officiers ont considérées comme une atteinte aux symboles patriotiques.

Gisselle a rejeté toutes les accusations et a refusé de réaliser un test d'écriture en lettres majuscules, arguant que son écriture pourrait être utilisée de manière frauduleuse pour l'incriminer dans d'autres faits.

Concernant la réplique de ses publications dans les médias indépendants, l'activiste a défendu que « elle ne peut pas contrôler ni ne lui revient de décider comment des plateformes tierces diffusent les informations exactes qu'elle partage de manière ouverte ».

Les agents ont également eu recours au chantage émotionnel en utilisant la garde de son fils, une tactique que Gisselle a qualifiée d'habituelle envers les mères dans des situations de dissidence.

Ce n'est pas la première fois qu'elle fait face à des représailles : le 1er juin, elle a été arrêtée, menottée et menacée de séparation avec son fils lors d'une précédente manifestation à Zamora.

À la fin de l'interrogatoire, les instructeurs lui ont demandé de signer un acte d'avertissement. Gisselle a profité des lignes du document pour écrire de sa main son engagement à ne pas changer sa façon de penser ni violer le Code pénal, ce qui a suscité un notable malaise parmi les agents.

L'organisation Cubalex a dénoncé publiquement le cas vendredi, le qualifiant de procédure marquée par « menaces, intimidation et utilisation d'un mineur comme mécanisme de pression ».

Le quartier Zamora a été l'un des épicentres des manifestations populaires à La Havane durant 2026, suscitées par la crise énergétique : depuis le 9 juillet, la zone a souffert d'une coupure continue d'électricité sans eau, carburant ni communications mobiles.

À la fin de l'interrogatoire, les agents ont averti Gisselle qu'elle serait de nouveau convoquée à Villa Marista, le siège central de la Sécurité de l'État, avec l'avertissement que « la procédure y serait différente ».

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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