
Les membres de la famille et les voisins de Manuel Andrés Boltre Diegues, jeune travailleur de l'usine de ciment de Nuevitas, recherchent depuis plus d'un mois les antibiotiques dont il a besoin pour survivre à une méningite bactérienne active diagnostiquée à l'hôpital Amalia Simoni de Camagüey, où il est hospitalisé.
L'appel à l'aide a été diffusé ce samedi dans le groupe Facebook La Farándula de Nuevitas Amazon par Lisandra Fuentes, qui a partagé une publication anonyme avec l'histoire du jeune homme et un numéro de contact pour ceux qui souhaitent aider.
"Elle se trouve très mal et a besoin d'un médicament qui n'est pas disponible", avertit le texte, qui identifie les médicaments nécessaires : Meronem (méropenème) et piperacilline-tazobactam, deux antibiotiques à large spectre que les médecins jugent indispensables pour traiter l'infection, mais qui ne sont pas disponibles à l'hôpital.
Sans ces médicaments, l'état du patient pourrait se détériorer de manière irréversible. Le méropénème est l'antibiotique de première ligne pour la méningite bactérienne chez les adultes et sa pénurie dans les hôpitaux cubains est documentée depuis au moins 2024.
Ceux qui peuvent se procurer les médicaments ou réaliser des dons pour que la famille puisse les obtenir peuvent contacter le numéro 50209535.
"J'espère qu'ils pourront aider ce bon garçon", conclut la publication qui circule sur les réseaux, tandis que la famille attend une réponse que le système de santé cubain ne peut pas donner.
Pocas heures plus tard, à travers son profil Facebook, l'utilisateur Yasmany Hernández a confirmé qu'il se trouvait déjà à l'hôpital Amalia avec "une partie du médicament pour que le cycle commence. Nous attendons que demain arrivent 70 ampoules de Meronem pour sa récupération".
Elle a remercié "de tout cœur toutes ces personnes qui ont pu apporter leur petite pierre et soutiennent cette famille".
L'affaire se déroule dans un hôpital qui traverse sa propre crise. Le 8 juillet, un incendie dans le générateur de l'Amalia Simoni a obligé à évacuer des nouveau-nés vers l'Hôpital Pédiatrique de Camagüey.
Ce même mois, une pneumologue du centre est décédée dans un contexte décrit comme un "effondrement soutenu du système de santé à Camagüey".
La province accumule des cas emblématiques de décès dus à un manque de médicaments. En février, une jeune femme de 26 ans est décédée à l'hôpital Manuel Ascunce en raison de l'absence de norépinéphrine.
En juin, des patients de dialyse ont été presque une semaine sans traitement dans ce même centre en raison d'un manque de fournitures de base.
La pénurie qui touche Manuel Andrés n'est pas un cas isolé. Selon des données de la ONEI, en avril 2026, le manque de médicaments essentiels à Cuba a atteint plus de 95 %, avec 461 des 651 médicaments du Tableau National Essentiel en rupture de stock.
La le manque de 56 % des médicaments de la Liste Nationale des Médicaments Essentiels.
Face à l'abandon de l'État, les réseaux sociaux sont devenus le principal canal de solidarité citoyenne. Récemment, des appels similaires se sont multipliés : une fille cubaine de huit ans en situation de vulnérabilité extrême, une mère avec un enfant en situation de handicap et une campagne qui a réuni 45 000 pesos pour plusieurs familles en crise.
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