Nicolas Maduro pourrait-il être libéré ? Un traité de 1922 menace de compliquer le cas aux États-Unis.

Procès contre Maduro aux États-Unis.Photo © CiberCuba/Sora

Un traité d'extradition signé il y a plus d'un siècle entre les États-Unis et le Venezuela pourrait devenir un obstacle au processus pénal contre Nicolás Maduro, selon une colonne d'opinion publiée par The New York Times.

Son auteur soutient que, si cette interprétation juridique prospère, les États-Unis pourraient être contraints de le libérer.

Le cas sera examiné ce mercredi 22 juillet devant le juge Alvin Hellerstein, du Tribunal fédéral pour le district sud de New York, lors d'une audience de suivi de la procédure, la troisième comparution judiciaire de Maduro depuis son transfert aux États-Unis.

Le nœud juridique se trouve dans le traité bilatéral d'extradition de 1922, approuvé par le Sénat américain et ratifié par le président, qui a pleine force de loi.

Sa clause centrale stipule que «toutes les différends entre les parties contractantes, relatifs à l'interprétation ou à l'exécution de ce traité, seront décidés par arbitrage».

Le gouvernement vénézuélien a insisté publiquement sur le fait que l'arrestation de Maduro était illégale selon le droit international.

Selon l'auteur de la colonne, cette controverse pourrait constituer une « différence entre les parties contractantes » capable d'activer la clause d'arbitrage.

De plus, l'interprétation avancée dans la colonne établit que le juge Hellerstein devrait suspendre la procédure et renvoyer le différend à un panel d'arbitres indépendants.

Si ce panel concluait que la capture violait le traité, les États-Unis pourraient être contraints de libérer Maduro.

Le juriste David Sloss, éditeur de The Role of Domestic Courts in Treaty Enforcement, a affirmé qu'il ne serait pas particulièrement surprenant que le litige soit temporairement retiré des tribunaux et renvoyé à l'arbitrage.

Ce procédé, expliqua-t-il, serait cohérent avec l'approche habituelle des tribunaux face aux contrats contenant des clauses d'arbitrage.

De son côté, le spécialiste en droit international Steven Ratner a expliqué que, sauf disposition contraire, les arbitres suivraient probablement les principes de la Convention de Vienne sur le Droit des Traités et examineraient l'accord à la lumière « des normes pertinentes du droit international de 1922 ».

La Cour Suprême a soutenu le principe sous-jacent à trois reprises distinctes.

En 1886, dans l'affaire États-Unis contre Rauscher, la Cour suprême a décidé que l'accusé ne pouvait pas être jugé pour des charges autres que celles pour lesquelles il avait été extradé depuis le Royaume-Uni.

En 1927, le président du Tribunal suprême — l'ancien président William Howard Taft — a affirmé que « le droit de la cour » de retenir des accusés étrangers « pour leur procès » dépendait du traité applicable.

Et en 1992, dans l'affaire États-Unis contre Álvarez-Machaín, la Cour a permis le jugement d'un citoyen mexicain enlevé par la DEA, mais a réaffirmé qu'un accusé « ne peut être jugé en violation des termes d'un traité d'extradition ».

La différence clé entre ce précédent de 1992 et le cas Maduro est que le traité avec le Venezuela, contrairement au traité avec le Mexique, contient une clause d'arbitrage obligatoire pour résoudre tout litige relatif à son interprétation.

L'analyse conclut que « le procès ne peut légalement se poursuivre sans cette étape » et avertit que « toute tentative des États-Unis de contourner l'arbitrage » rendrait l'opération « manifestement illégitime également selon les propres lois américaines ».

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