Une vidéo envoyée au journaliste Mario J. Pentón et publiée tôt le samedi matin documente la véritable ampleur des manifestations du vendredi 24 juillet dans la municipalité habanera de San Miguel del Padrón.
Les images montrent des dizaines de voisins du quartier La Cumbre —adjacent au Diezmero— défilant dans un bruit assourdissant de casseroles, criant « liberté », sur une rue où l'on peut apercevoir une décharge en feu.
Les images nocturnes, captées par des résidents de la région et diffusées par Pentón sur son compte X, montrent également l'arrivée massive d'agents du MININT avec des camions, des patrouilles, des motos et d'autres véhicules.
Dans l'audio de la vidéo, on entend un voisin identifier les véhicules du régime : « Tous ces cars sont les leurs. Le camion s'est arrêté là... C'est pour ramasser les gens ».
La contradiction soulignée par les manifestants eux-mêmes est difficile à ignorer : le régime cubain prétend ne pas avoir de combustible pour générer de l'électricité —le déclencheur direct des manifestations—, mais dispose pourtant des ressources nécessaires pour mobiliser des dizaines de véhicules motorisés afin de réprimer la manifestation.
La nuit de vendredi, l'Union Nationale Électrique a signalé une affectation de 2,315 MW à 21h10, frôlant le record historique de 2,341 MW enregistré le 8 juillet.
Durante ce mois, le Système Électroénergétique National a subi au moins quatre effondrements totaux, et dans certains quartiers de La Havane, les coupures de courant ont atteint 35 heures consécutives.
Le cacerolazo de vendredi a répondu à une convocation nationale lancée par l'Assemblée de la Résistance Cubaine pour 21h00, à la veille du 26 juillet. Le régime a tenté de désamorcer la protestation en rétablissant l'électricité dans plusieurs quartiers juste à ce moment-là, mais les manifestations ont néanmoins continué à La Havane, à Santiago de Cuba et à Cienfuegos.
Le déploiement policier à El Diezmero et La Cumbre n'était pas un fait isolé. Le journaliste citoyen Yainier Hidalgo Bajuelo a confirmé sur Facebook la présence des forces de l'ordre dans la zone, et une vidéo virale qui circulait sur les réseaux portait le titre : « Déploiement militaire à El Diezmero, les Américains ne sont pas arrivés, c'est contre un peuple sans défense ».
San Miguel del Padrón accumule des mois de conflits croissants. En mai, des voisins ont protesté avec le slogan « Électricité et nourriture ! » ; en juin, il y a eu des pneus enflammés ; le 15 juillet, des résidents ont signalé un mois sans approvisionnement en eau ; et une semaine plus tard, un feu de joie a été enregistré à La Cumbre.
En Lawton, un autre quartier de La Havane en pleine agitation, des habitants ont utilisé des casseroles et des extincteurs pour amplifier le bruit de la mobilisation.
Le modèle répressif du régime en juillet a inclus le déploiement des bérets noirs de la Brigade Spéciale Nationale du MININT à El Vedado le 18 juillet, ainsi qu'une concentration policière à La Havane Vieille le 12 juillet. Cubalex a enregistré 319 événements répressifs et 253 manifestations rien qu'en juin 2026.
«La militarisation ne vise pas un ennemi externe mais plutôt la population cubaine elle-même», a averti Laritza Diversent, directrice de Cubalex, dans des déclarations récentes.
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