«Nous vivons enfermés comme des souris» : le témoignage déchirant d'une Cubaine à Moscou

Influenceur Lino García (capture d'image éditée avec IA)Photo © Instagram Lino García (@elcreadorcubano)

L'influenceur Lino García, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de « El Creador Cubano », a publié sur son compte Instagram une vidéo qui recueille le témoignage d'une femme à Moscou en situation de vulnérabilité migratoire extrême.

García a été explicite sur les limites du contenu : « Pour des raisons de sécurité, aucun nom, lieu ni détail identifiable ne sera partagé ». La publication vise à montrer une « approche humaine et responsable », sans désigner de personne ou d'institution.

L'objectif de la vidéo est clair : « sensibiliser les Cubains au fait qu'être en situation illégale en Russie vous laisse dans une position très vulnérable ».

Il a également précisé que le contenu de sa vidéo « ne constitue pas une accusation directe » contre qui que ce soit, et a demandé à ses followers « du respect dans les commentaires ».

Quelles expériences a racontées la cubaine qui vit à Moscou ?

L'immigrante cubaine résidente à Moscou a évoqué les difficultés qu'elle a rencontrées depuis son arrivée en Russie. Elle a passé un an et demi à « inventer » des solutions pour avancer et a affirmé que son plus grand souhait est de pouvoir retrouver ses enfants, peu importe que ce soit à Cuba, en Russie ou dans un autre endroit du monde.

Il a décrit l'ambiance d'incertitude que vivent de nombreux Cubains à Moscou, affirmant qu'ils restent « enfermés comme des souris » par la crainte constante d'être arrêtés et déportés.

Il a également abordé la situation de ceux qui obtiennent la citoyenneté russe. Selon son récit, les nouveaux citoyens sont maintenant envoyés au service militaire, et il a affirmé que plusieurs Cubains affectés à la guerre ne sont pas revenus vivants. Cette affirmation correspond à son opinion personnelle et n'a pas été étayée par des preuves.

Il a également dénoncé des présumées arnaques sur le marché locatif, où certains propriétaires percevraient des loyers et des dépôts pour ensuite expulser les locataires avec l'aide de la police, sans restituer l'argent versé.

Cubains en Russie : une situation de plus en plus précaire

Le témoignage diffusé par García n'est pas un cas isolé. En avril 2026, une autre Cubaine résidant à Moscou a dénoncé un schéma d'exploitation du travail dans lequel des « brigadiers » compatriotes retiennent les salaires des travailleurs : si l'employeur russe paie pour chaque personne, l'intermédiaire garde l'argent sans le redistribuer.

Les personnes affectées décrivent des journées qui commencent à quatre heures du matin, sans manger, et qui se terminent sans paiement ni documents pour faire une réclamation.

Beaucoup de Cubains entrent en Russie sans visa pour une durée allant jusqu'à 90 jours, puis se retrouvent piégés dans des emplois informels ou sans papiers, s'exposant ainsi à des rafles, des sanctions et des abus au travail.

Les autorités russes ont progressivement renforcé les contrôles. En mars 2025, la Russie a arrêté 17 Cubains à Krasnodar pour séjour illégal, avec des amendes, une expulsion et une interdiction de réentrée pouvant aller jusqu'à dix ans.

En avril 2026, des migrants ayant des problèmes de documents ont commencé à être envoyés au centre de déportation de Sájarovo, où ils se retrouvaient isolés de leurs proches et du consulat.

Le dernier durcissement est survenu le 8 juillet, la Douma russe a approuvé une réforme qui oblige les travailleurs étrangers à prouver des revenus suffisants, avec à peine 15 jours pour quitter le pays s'ils perdent leur emploi ou n'atteignent pas le seuil requis.

De plus, trois Cubains ont été envoyés à procès en Russie ce mois-ci pour avoir tenté de traverser illégalement la frontière de Kaliningrad vers la Pologne, ce qui illustre le désespoir de ceux qui cherchent une issue.

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