Une Cubaine identifiée comme Sisi Aguilera a publié ce mercredi une vidéo sur Facebook dans laquelle elle dénonce avec désespoir la crise de l'eau qui s'ajoute aux coupures de courant déjà chroniques à Cuba, décrivant une situation qu'elle qualifie de « génocide » et de « vie misérable ».
«Ce n'est plus l'électricité, maintenant c'est aussi l'eau», répète la femme dans le clip de moins de deux minutes, qui cumule près de 6,000 vues et plus de 380 réactions.
«Cuba entière vit en ce moment sans eau», a affirmé Aguilera, en détailant les prix pratiqués par le marché informel pour compenser le vide laissé par l'État : « Un camion d'eau vous coûte 60 000 pesos. Un puits coûte entre 150 000 et 250 000 pesos cubains, et ici dans ce pays, personne ne gagne cet argent même en un an. »
La comparaison est écrasante : le salaire moyen officiel à Cuba tourne autour de 7 074 pesos cubains par mois, ce qui équivaut à environ 13 dollars au taux de change informel, selon des données de l'ONEI recueillies par Infobae en avril 2026.
Aguilera a également souligné que la peur est complice du silence : « 80 % de la population ne s'exprime même pas sur les réseaux sociaux parce qu'ils ont peur, ils ont peur de dire la vérité, ils ont peur de montrer la réalité. »

La femme a conclu son message par une phrase qui résume l'état d'esprit de millions de personnes : « Ce n'est plus l'électricité, ce n'est plus que la nourriture soit en train de se gâter, maintenant c'est aussi que tu n'as pas d'eau à boire, et on ne va même pas parler de l'hygiène car cela est un luxe dans ce pays ».
La crise que décrit Aguilera est soutenue par des chiffres. Selon des données officielles cubaines publiées en mai 2026, près de trois millions de Cubains souffrent de pénurie d'eau de manière régulière, tandis qu'environ 10 millions —pratiquement toute la population— la reçoivent de manière intermittente.
Solo à La Havane, plus de cinq cents mille habitants de La Havane souffrent de la crise de l'eau en juillet 2026, contre 200 000 personnes affectées enregistrées en avril. The Guardian a rapporté qu'au moins 70 % de l'eau de la capitale se perd à cause de fuites avant d'atteindre les foyers.
La racine du problème est structurelle : les aqueducs cubains dépendent presque entièrement de la pompe électrique, ce qui fait que chaque coupure de courant —qui en 2026 pourrait durer entre 12 et 20 heures par jour— fait automatiquement s'effondrer l'approvisionnement. En mai 2026, le système fonctionnait avec à peine 37 % du carburant nécessaire, selon un reportage d'Infobae.
La désespérance a débordé les réseaux et aussi les rues. L'Observatoire cubain des conflits a enregistré 107 manifestations de rue en juin 2026, un record historique.
Le lundi, quatre jeunes ont été arrêtés à Sibanicú après s'être manifestés pour le manque d'eau, et au début de juillet, des habitants de Mantilla ont bloqué la circulation en signe de protestation pour la même raison.
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