
Un défaut technique sur deux lignes de transmission haute tension partant de Matanzas a privé ce samedi cinq provinces de l'ouest de Cuba d'électricité, dans le cadre du dernier effondrement partiel du Système Electroénergétique National (SEN).
Selon le communiqué de l'Union Électrique (UNE), à 18h07 « un tir simultané s'est produit sur les lignes de 220 kV de Matanzas à Cienfuegos et de Matanzas à Santa Clara, provoquant la division du SEN et par la suite la chute de la zone occidentale ».
Les provinces de Pinar del Río, Artemisa, Mayabeque, La Havane et Matanzas ont été privées de service électrique.
Un tir simultané sur des lignes de 220 kV se produit lorsqu'une défaillance active les relais de protection à chaque extrémité de la ligne en même temps, ouvrant automatiquement les disjoncteurs pour isoler le tronçon affecté.
Bien que ce mécanisme soit conçu pour protéger les équipements, la déconnexion simultanée de deux lignes principales partant de Matanzas a suffi à isoler le sous-système occidental du reste du réseau et à provoquer son effondrement.
La zone affectée concentre la plus grande densité de population du pays. La UNE a informé qu'au moment de publier le communiqué, des travaux étaient en cours pour le rétablissement.
L'événement se produit dans le contexte d'une crise énergétique qui enregistre des records de déficit tout au long de 2026.
Seulement le 29 juillet, la UNE a estimé un déficit de 2 380 MW pendant les heures de pointe, avec plusieurs unités thermiques hors service, dont l'unité 1 de la centrale Antonio Guiteras, à Matanzas, la plus grande du pays.
Ce samedi n'est pas le premier effondrement du SEN cette année. Le blackout général du 16 mars a duré 29 heures et 29 minutes.
Le 6 juillet, une autre déconnexion totale a eu lieu qui a duré près de 24 heures, avec une demande estimée à 3 100 MW contre à peine 1 000 MW disponibles.
Le 11 juillet, une défaillance sur la ligne de 220 kV entre Santa Clara et Sancti Spíritus a provoqué un nouvel effondrement total du SEN, et lors de la restauration, un effondrement de tension dans le microsystème occidental a compliqué la récupération. Le 14 juillet, le réseau national est tombé pour la troisième fois ce mois-ci.
Les causes structurelles de cette crise accumulée incluent des unités thermoélectriques vieillissantes et mal entretenues, un manque d'investissement et une pénurie chronique de combustible, des problèmes que le régime n'a pas réussi à inverser en plus de deux ans de collapse énergétique soutenu.
Le 30 juillet, la UNE avait déjà prévu des coupures de 2 280 MW pour ce jour-là, ce qui prouve que le système est arrivé à l'événement de ce samedi dans des conditions de fragilité extrême.
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