
La Policía Nacional Révolutionnaire (PNR) de Camagüey a organisé un « Acte de Restitution de Biens » pour remettre à son propriétaire une moto électrique récupérée après que deux individus lui aient été arrachée sous la menace d'armes blanches aux abords de la Place de la Révolution Mayor Général Ignacio Agramonte, dans une zone centrale de la ville.
La restitution, diffusée sur les réseaux sociaux, a de nouveau adopté le format utilisé ces derniers mois par la PNR et le Ministère de l'Intérieur (MININT) pour promouvoir la récupération de biens volés : présence d'agents en uniforme et de riverains, discours public, remise de l'objet à la victime et communication ultérieure de l'événement.
Selon une publication du journaliste de Televisión Camagüey Luis Naranjo sur Facebook, le propriétaire a été intercepté durant la journée par deux individus qui l'ont menacé avec des armes blanches et l'ont contraint à leur remettre la motorina.
La publication affirme que l'intervention de la police a permis de récupérer le véhicule à peine quelques heures après le vol.
Il s'agit d'une motorina Bucatti, noire avec des détails rouges et équipée d'une batterie lithium. Actuellement, sa commercialisation à Cuba peut atteindre des prix pouvant dépasser 2 000 dollars et se rapprocher ou dépasser les 3 000, selon le modèle et le vendeur, des montants particulièrement élevés dans un pays où les revenus de la majorité des travailleurs sont perçus en pesos cubains et ont considérablement perdu leur pouvoir d'achat.
Les images diffusées montrent des policiers en uniforme, un représentant du MININT et plusieurs civils réunis dans un espace extérieur d'un quartier de Camagüey. Une femme prend la parole devant un microphone et, par la suite, le propriétaire apparaît auprès du véhicule récupéré. Un drapeau cubain complète la scénographie de l'événement.
La publication a également eu recours au langage institutionnel habituel pour informer sur l'événement : lors de la rencontre, il aurait été « condamné tout acte vandale dans notre société » et la récupération a été présentée comme le résultat du travail commun entre la police et « le peuple ».
Restituer un objet volé devenu un acte public
L'organisation de cérémonies pour remettre publiquement des biens récupérés est devenue récurrente en 2026.
Actes similaires ont été documentés à Cienfuegos, à la Isla de la Juventud et à Matanzas, avec une mise en scène similaire : présence d'uniformes et de voisins, discours, restitution des biens et diffusion ultérieure sur les réseaux sociaux.
Au-delà de la récupération de la motorina, le cas de Camagüey remet en lumière un problème qui préoccupe de nombreux Cubains : les agressions violentes pour s'emparer de motos et d'autres véhicules électriques, des biens de grande valeur et difficilement remplaçables dans les conditions économiques actuelles de l'île.
Il est également significatif de noter le lieu et les circonstances du vol. Selon les informations diffusées, deux personnes armées d'objets tranchants ont osé intercepter la victime en plein jour, aux abords de la Plaza de la Revolución, une zone centrale et animée de Camagüey.
Les agressions à l'arme blanche inquiètent à Camagüey
La province a enregistré au cours des derniers mois plusieurs épisodes violents qui ont suscité l'alarme parmi les résidents.
En avril, une femme a été laissée dans un état critique après avoir été attaquée avec une arme blanche lors d'un agression près de la Gare ferroviaire. Il s'agissait alors du deuxième épisode violent signalé dans cette zone en moins d'une semaine.
En juin, une jeune femme a dénoncé qu'un individu l'harcelait avec un couteau en plein centre-ville et a remis en question la réponse de la police face à ses dénonciations.
Les vols de véhicules électriques ont eu des conséquences encore plus graves dans d'autres provinces.
Le 1er août dernier, le jeune Carlos Luis Suárez Navarro a été tué lors d'une agression à Cienfuegos où les agresseurs tentaient de s'emparer de sa moto électrique.
Des mois auparavant, en avril, Adonis Fuentes González a été tué dans cette même province lors d'une autre attaque violente. Dans ce cas, les agresseurs ont emporté la batterie et le chargeur de son tricycle électrique.
Face à l'insécurité citoyenne, la PNR continue de recourir à des actes publics pour exhiber les biens qu'elle parvient à récupérer. Une mise en scène par laquelle les autorités cherchent à projeter leur capacité de réponse, mais qui finit également par mettre en avant les délits eux-mêmes qu'elles tentent de présenter comme résolus.
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