
Les États-Unis ont éliminé ce lundi la Syrie de leur liste des États sponsors du terrorisme, mettant fin à une désignation en vigueur depuis 1979 et laissant Cuba, l'Iran et la Corée du Nord comme les trois seuls pays encore présents sur cette liste.
La décision, adoptée par l'administration de Donald Trump, fait partie du tournant de Washington vers le nouveau gouvernement syrien et vise à faciliter l'investissement et la reprise économique du pays, selon ce qu'a officiellement annoncé le Département d'État.
«Le Trésor tient la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une chance de grandeur. Cette action contribuera à favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique», a affirmé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.
Le processus avait commencé le 8 juillet, lorsque Trump a annoncé son intention de retirer la désignation après s'être entretenu avec le président syrien Ahmed al-Sharaa. Le Congrès a ensuite prévu une période de révision de 45 jours.
Washington a également retiré la désignation de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) en tant qu'organisation terroriste mondiale spécialement désignée, tandis que le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) a supprimé le groupe de sa liste de sanctionnés.
HTS, auparavant lié à Al-Qaïda et connu sous le nom de Front al-Nusra, était dirigé par al-Sharaa, qui a mené la coalition de groupes armés ayant renversé Bashar al-Assad en décembre 2024.
Al-Sharaa lui-même avait été considéré comme un terroriste par Washington avant le rapprochement avec l'administration Trump.
Selon ce qu'a expliqué Al-Monitor, l'inclusion de la Syrie sur la liste constituait des obstacles importants à l'exportation vers le pays de certains produits technologiques, équipements et logiciels, même après la levée d'autres sanctions.
La sortie de la Syrie laisse maintenant Cuba parmi seulement trois pays sous cette désignation, aux côtés de l'Iran et de la Corée du Nord.
L'île est entrée pour la première fois sur la liste en 1982, sous l'administration de Ronald Reagan. Barack Obama l'a retirée en 2015 et Trump l'a de nouveau incluse en janvier 2021.
Joe Biden a de nouveau annoncé son retrait le 14 janvier 2025, dans le cadre d'un accord prévoyant la libération de prisonniers politiques à Cuba, mais Trump a annulé cette décision six jours plus tard, en revenant à la Maison Blanche.
En mai 2025, Washington a également réinscrit Cuba parmi les pays qui ne coopèrent pas pleinement à la lutte contre le terrorisme, une classification différente de celle d'État parrainant le terrorisme.
Parmi les raisons avancées par Washington pour maintenir le régime cubain, on trouve le refuge accordé à des fugitifs recherchés par la justice américaine et des interrogations sur sa coopération en matière de lutte contre le terrorisme.
La désignation implique des restrictions à l'assistance extérieure américaine, des interdictions liées aux exportations et ventes de défense, des contrôles sur certains biens à double usage et d'autres sanctions financières.
La Havane soutient que son inclusion est arbitraire et motivée politiquement, et réclame depuis des années son retrait.
La décision sur la Syrie marque, cependant, une différence claire dans la politique de Washington envers les deux gouvernements : tandis que l'administration Trump mise sur la levée des restrictions pour encourager la reconstruction et l'investissement à Damas, Cuba reste sous l'un des régimes de sanctions les plus sévères des États-Unis.
Vidéos associées :
Archivé dans :