La chanteuse espagnole Rosalía a surpris son public lors des concerts de clôture de sa tournée mondiale à Miami en déclarant ouvertement que le rap cubain « a du flow », l'assimilant à des genres de profonde racine populaire tels que la salsa, le son et le flamenco, qui sont fondamentaux dans sa carrière artistique.
«Pour moi, la salsa a vraiment du caractère. Je crois que le son, le reparto a du caractère et le flamenco, sans aucun doute, a du caractère», a affirmé l'artiste devant des milliers de spectateurs lors de l'un de ses concerts dans la ville.
Les mots sont arrivés lors de la clôture de la LUX Tour 2026, qui s'est terminée le 16 septembre au Kaseya Center de Miami, devant environ 20 000 spectateurs par nuit. La tournée avait proposé près de 60 concerts dans 17 pays depuis son lancement à Lyon, en mars de cette année.
Miami, avec sa nombreuse communauté cubaine, a été le lieu choisi pour ce point final. Le contexte n'est pas négligeable : faire cette reconnaissance dans une ville où la culture cubaine a une forte présence amplifie le poids symbolique de ses paroles.
La connexion de Rosalía avec Cuba n'est pas nouvelle. L'artiste a déclaré dans une interview avec Billboard en 2019 que son arrière-grand-père était cubain, un lien qu'elle a mentionné à plusieurs reprises. De plus, sa LUX Tour a présenté une présence cubaine marquée : Yudania Gómez Heredia, cheffe d'orchestre née à Santa Clara en 1994 et résidant en Allemagne, était à la tête de la Heritage Orchestra tout au long de la tournée.
La reconnaissance de Rosalía survient à un moment de forte projection internationale pour le genre. Ce dernier, né au milieu des années 2000 dans des quartiers populaires de La Havane comme Arroyo Naranjo, grâce à un mélange entre reguetón, timba et rumba afrocubaine, a été historiquement ignoré — voire rejeté — par les institutions culturelles cubaines.
Cependant, certaines de ses figures les plus représentatives progressent avec force sur le circuit international. Oniel Bebeshito et Wow Popy ont été les protagonistes cette semaine du premier panel officiel dédié au répartition lors de la Billboard Latin Music Week 2026, un jalon pour le genre.
Qu'une figure internationale comme Rosalía mentionne le répertoire dans la même phrase que la salsa, le son et le flamenco — des genres reconnus au niveau mondial depuis des décennies — représente un soutien considérable pour un mouvement musical cubain qui continue de s'imposer sur les scènes internationales.
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