
Vidéos associées :
La cifra de cubains qui resteraient légalement non protégés aux États-Unis après l'annonce récente de la révocation du parole humanitaire est estimée à environ 26 000.
La chiffre -selon un calcul effectué par le journaliste Wilfredo Cancio pour Café Fuerte- inclurait les citoyens de l'île qui sont entrés sur le territoire américain après mars 2024, selon ce que précise la source mentionnée.
Ces Cubains ne remplissent pas encore l'exigence d'un an et d'un jour de séjour aux États-Unis, nécessaire pour pouvoir bénéficier de la Loi sur l'Ajustement Cubain (CAA).
À qui la révocation du parôle humanitaire affecte-t-elle ?
Des milliers de Cubains bénéficiant du programme de parôle humanitaire sont préoccupés depuis l'annonce faite ce vendredi de la révocation de ce bénéfice migratoire dans un délai de 30 jours, qui commencera à partir de l'annonce officielle de la mesure, prévue pour mardi prochain.
Lors d'une interview avec Univision, l'avocat José Guerrero a également éclairci certaines questions, a fait des remarques sur l'étendue de la mesure et a surtout précisé qui court un plus grand risque de déportation expéditive une fois que la mesure entrera en vigueur.
Guerrero a indiqué que la décision concerne des personnes qui ont encore un paroled en cours, et a souligné qu'après la publication officielle de la mesure, tous les paroles humanitaires émis seront annulés dans un délai de 30 jours.
«Si vous êtes déjà dans le pays depuis plus de deux ans et que vous avez déjà demandé un bénéfice migratoire ou que vous avez un statut migratoire défini, vous ne rencontrerez aucun problème et vous pourrez rester aux États-Unis», a indiqué Guerrero.
« Maintenant, ceux qui n'ont pas fait leur demande à la date de publication sont ceux qui courent le plus de risques d'être soumis à une expulsion rapide, sans même passer par un tribunal d'immigration, » a-t-il ajouté.
Selon Guerrero, celles et ceux qui ont déjà postulé pour la résidence depuis un an et un jour mais qui n'ont pas encore de documentation en main ne devraient pas être affectés en principe.
«Ils ne devraient pas être affectés en fonction de cette publication…», a souligné l’avocat, qui a précisé que le document exclut ceux qui ont effectué un “ajustement de statut” avant la publication de la mesure, et c'est là que la Loi sur l'Ajustement Cubain, TPS, visa T, visa U… entre en jeu.
« Ceux qui ont déjà postulé avant cette publication doivent être protégés car ils ont une base légale pour rester aux États-Unis », a-t-il affirmé.
Cependant, la situation se complique pour les bénéficiaires du parole humanitaire qui n'ont pas encore demandé la résidence parce qu'ils sont dans le pays depuis moins d'un an et un jour, et qui n'ont pas introduit une demande d'asile.
Ces personnes, si elles n'ont pas fait de demande d'asile avant l'annonce de ce vendredi, ne pourraient plus le faire.
“Si une personne le fait en ce moment, ça n'entre pas, la publication dit avant la publication de cette nouvelle”, a précisé l'avocat.
« Ceux qui n'ont pas encore atteint un an et un jour mais qui n'ont pas demandé d'asile, peuvent malheureusement en pâtir », a-t-il affirmé.
« Les personnes qui sont ici depuis un certain temps auraient dû demander la résidence ou un asile […] Ceux qui ont déjà fait une demande seront protégés, et ceux qui n'ont rien fait, malheureusement, sont soumis à une expulsion rapide », a-t-il précisé.
À la question de ce qui pourrait arriver à ceux qui décident de ne pas quitter les États-Unis, il a répondu :
« Comme il le dit clairement, c'est une priorité pour le gouvernement de les faire sortir du pays rapidement, car une personne qui est déjà dans le pays depuis deux ans doit être placée dans un processus de déportation régulière et nous savons que les tribunaux sont engorgés de cas, ils vont notifier chaque personne... elle sera détenue et déportée rapidement », a conclu l'avocat.
Révocation de la parole humanitaire
Le Département de la Sécurité Nationale (DHS) des États-Unis a annoncé ce vendredi la révocation des programmes de permis humanitaire (parole) pour les citoyens de Cuba, Haïti, Nicaragua et Venezuela ainsi que leurs proches, connus sous le nom de programmes CHNV.
La décision répond à l'Ordre Exécutif 14165 du président Donald Trump, émis le 20 janvier 2025, qui ordonne de sécuriser la frontière et de mettre fin aux programmes de libération conditionnelle catégorique.
Le DHS a allégué que ces programmes n'ont pas réussi à réduire la migration irrégulière ni à améliorer significativement la sécurité des frontières, et qu'ils ont généré une pression accrue sur les communautés locales, les ressources publiques et le système judiciaire migratoire, déjà en crise.
Plus de 532 000 personnes sont entrées aux États-Unis dans le cadre de ces programmes entre 2022 et 2025. Le DHS affirme que ces admissions massives, bien qu'elles soient légales sous la forme du parole, vont à l'encontre de l'esprit original de la loi, qui stipule que ces permis doivent être octroyés au cas par cas.
Ceux qui n'ont pas d'autre base légale pour rester dans le pays devront partir ou faire face à des procédures d'expulsion.
Archivé dans :