Cubana aux États-Unis envoie un message aux touristes qui prévoient de partir en vacances à Cuba : "Si tu as du cœur, ne visites pas Cuba."

Une Cubaine aux États-Unis met en garde les touristes sur les conditions difficiles à Cuba, soulignant la précarité et les contrastes sociaux après sa visite. Elle conseille de ne pas voyager pour des raisons touristiques en raison de l'impact émotionnel.

Cubana aux États-Unis déconseille le tourisme à CubaPhoto © TikTok / @cubitabella09

Une Cubaine résidant aux États-Unis a lancé un message franc et direct destiné aux touristes qui envisagent de visiter Cuba pour leurs vacances. Dans une vidéo diffusée sur TikTok, elle précise dès le début : « Écoutez attentivement car je ne veux aucune sorte de confusion. Cette vidéo n'est pas destinée aux Cubains qui visitent fréquemment l'île pour apporter un peu de nourriture et de joie à leur famille ; cette vidéo s'adresse spécifiquement aux touristes qui prévoient de visiter et de passer des vacances sur l'île de Cuba. »

Après huit ans sans retourner sur l'île, @cubitabella09 est revenue accompagnée de son mari — qui n'est pas cubain — pour lui faire découvrir le pays. Selon ses dires, tous deux ont été profondément touchés par ce qu'ils ont vu. “En tant que Cubaine, je te recommande : ne le fais pas. Si tu as du cœur, si tu ressens des émotions, ne visite pas l'île de Cuba, car tu vas revenir dans ton pays avec un tas d'émotions : tristesse, colère, rage, frustration.”

Décrit le contraste entre le monde du touriste et la vie réelle des Cubains : « Tu séjournés dans un hôtel 5 étoiles avec une architecture majestueuse, et une rue plus loin, il y a un immeuble qui s'effondre où vivent encore des gens. » Il parle de manger dans des restaurants où, en sortant, il y avait « des mendiants pour te demander un peu des restes de ta nourriture, un petit peu d'argent pour pouvoir manger ».

Elle met en garde contre les complications pratiques du voyage : « Vous allez aller à une station-service pour remplir le réservoir de la voiture que le gouvernement vous a louée, et vous ne pourrez pas utiliser votre argent car ils ne l'acceptent pas. Vous devez avoir l'une de ces petites cartes que le gouvernement vous vend pour quatre dollars. » Elle ajoute que tout fonctionne avec ces cartes, même dans les magasins, et que si elles se démagnétisent — comme cela lui est arrivé — il n'y a pas de solution : « La CADECA, qui est chargée de vous vendre la carte, ne vous la change pas. Vingt dollars perdus. »

Elle met également en garde contre le manque de signalisation routière, l'impossibilité d'utiliser le GPS, la présence de barrières au milieu de la route "sans avertissement préalable, sans lumière", et la précarité du système de santé. "Je suis tombé malade, j'ai eu la diarrhée, j'ai eu la grippe, et il n'y avait pas de médicaments."

« Ne vas pas », insiste-t-il. « Tu vas te mettre en colère, tu ne vas pas profiter de tes vacances. Si tu as encore un peu de cœur et une pincée de sentiment, ne visite pas l'île de Cuba, parce que tu reviendras comme je suis revenu : triste. »

Plus loin, elle explique comment son mari a également été marqué : « Il est rentré avec les mêmes sentiments que moi, après avoir vu 12 et 24 heures de coupure d'électricité, des personnes se plaignant de la situation ». Elle décrit comment les Cubains se lèvent à 4h00 du matin pour pouvoir prendre un bus qui peut mettre des heures à arriver, et comment, au retour chez eux, ils se retrouvent confrontés à l'obscurité, sans électricité, ni gaz, ni eau. « Ils doivent cuisiner au charbon ».

Réactions qui multiplient l'écho du message

Le témoignage de la Cubaine a provoqué une avalanche de commentaires de personnes affirmant avoir vécu des expériences similaires, beaucoup d'entre elles après être revenues à Cuba après des années à l'étranger. Certains racontent qu'ils n'ont pas pu sortir des maisons qu'ils avaient louées car ils n'ont pas supporté la misère qu'ils ont vue dans les rues. D'autres disent qu'ils ont écourté leurs vacances en raison de l'impact émotionnel que leur a causé la visite. Il y a aussi ceux qui affirment ne pas être revenus depuis des décennies et que le délabrement montré dans les vidéos leur a enlevé l'envie de le faire.

L'une des réactions les plus émouvantes provient d'une mère qui a décidé de retourner définitivement sur l'île pour retrouver ses enfants, après des années d'attente pour sa résidence. La créatrice de la vidéo a répondu avec préoccupation : « Ne fais pas cela, car tu vas le regretté toute ta vie. Quel avenir vas-tu donner à ces petits enfants que tu as à Cuba ? Ici, au moins, tu peux subvenir à leurs besoins et donner le meilleur à ta fille. Là-bas, ils vont rencontrer beaucoup de difficultés. »

Parmi les dizaines de commentaires, on retrouve des expressions telles que « je suis rentrée en pleurant », « cela m'a traumatisée », « je n'y suis restée que deux jours et cela m'a suffi pour ne pas vouloir revenir » ou « je préfère leur envoyer de l'argent d'ici plutôt que de revenir ». D'autres comparent ce qu'ils vivent sur l'île à une expérience désolante : « Je suis allé voir ma grand-mère et je n'ai pas pu le supporter. J'ai changé mon vol pour rentrer plus tôt. Je suis repartie avec une douleur que je ne sais pas comment expliquer ».

Une dénonciation qui n'est pas isolée

Ce témoignage s'ajoute à une vague croissante de récits similaires qui se sont répandus sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Des influenceurs et des citoyens anonymes visitant Cuba, qu'ils soient Cubains émigrés ou étrangers, s'accordent à montrer un pays en proie à la dégradation, où le contraste entre le discours touristique officiel et la réalité quotidienne devient de plus en plus évident.

Il y a quelques jours, l'influenceuse espagnole Laura Méndez a partagé une vidéo dans laquelle elle a demandé de ne pas voyager à Cuba, le considérant comme “une prison à ciel ouvert” et a dénoncé le fait que le tourisme ne fait qu'enrichir l'élite militaire tandis que le peuple survit dans la misère.

Une Cubaine résidente aux États-Unis a affirmé être restée moins de 24 heures sur l'île avant de rentrer précipitamment en raison des conditions extrêmes auxquelles elle a fait face. Son message, intitulé “Chaque jour est pire, sans exagération”, expose l'angoisse de vivre une coupure de courant sans médicaments ni services de base.

Une autre émigrée, qui est rentrée après plusieurs années, a averti des escroqueries, des coupures de courant, l'effondrement des transports et a recommandé d'apporter ses propres médicaments, en soulignant que “Cuba n'est pas comme tu te souviens”.

En février, une femme qui est retournée à Ciego de Ávila après sept ans a décrit des rues couvertes de déchets, des logements détruits et un abandon total de l'environnement. Selon ses dires, « cela fait frémir, c'est comme pour ne pas y aller ».

Tourisme en crise et une image de plus en plus ternie

Ces témoignages personnels coïncident avec l'effondrement du secteur touristique à Cuba. Au premier trimestre de 2025, le taux d'occupation des hôtels est tombé à 24,1 % et le nombre de visiteurs a chuté de 29,3 % par rapport à l'année précédente. S'ajoute à cela le témoignage d'une touriste panaméenne qui a décrit des toilettes sans papier hygiénique et des conditions précaires à son arrivée à l'aéroport José Martí, où tout, selon ses mots, « sentait mauvais et fonctionnait à moitié ».

Questions fréquentes sur la situation touristique et sociale à Cuba

Pourquoi est-il recommandé de ne pas voyager à Cuba en tant que touriste ?

Il est déconseillé de voyager à Cuba en tant que touriste en raison des conditions de précarité et du contraste social qui prévalent dans le pays. Les témoignages de personnes ayant visité l'île soulignent la pénurie de nourriture, de médicaments et de services de base, ainsi que le manque d'empathie et l'insécurité. De plus, il est critiqué que le tourisme profite principalement au gouvernement et non à la population cubaine.

Comment le tourisme affecte-t-il la population cubaine ?

Le tourisme à Cuba crée un fort contraste entre l'opulence des zones touristiques et la misère dans laquelle vit la majorité de la population. Les revenus générés par le tourisme profitent principalement au gouvernement, tandis que les citoyens font face à une pénurie de ressources essentielles. De nombreux Cubains n'ont pas accès aux plages et aux services touristiques en raison de restrictions économiques et de transport.

Quels défis les Cubains rencontrent-ils en rentrant sur l'île ?

En rentrant à Cuba, de nombreux émigrants se retrouvent face à une réalité économique très difficile et à des attentes sociales de soutien financier. La pénurie de produits de première nécessité, le manque d'empathie et le fait d'être perçus comme des fournisseurs économiques sont des défis courants auxquels les retournés sont confrontés. De plus, les conditions de vie se sont considérablement détériorées, ce qui affecte la qualité de vie et les relations personnelles.

Comment décrit-on la situation économique actuelle à Cuba ?

La situation économique à Cuba est extrêmement précaire, caractérisée par la pénurie de nourriture, de médicaments et d'autres produits de première nécessité. Les salaires sont insuffisants pour couvrir les besoins quotidiens, ce qui oblige de nombreux Cubains à dépendre des remises de l'étranger. De plus, le système de magasins en devises limite l'accès de la population locale aux produits essentiels.

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