La Termoélectrique Guiteras se reconnecte au SEN, mais les coupures de courant demeurent inchangées à Cuba

Au cours du mois de juillet, le système électrique cubain a connu l'une de ses pires périodes de l'année. À plus d'une reprise, le déficit a dépassé les 1 800 MW (tout comme le premier jour d'août), et le 21 juillet, un record de 2 054 MW a été enregistré, un niveau sans précédent ces dernières années.

Travailleurs de la CTE Antonio Guiteras (image de référence)Photo © Granma / John Vila Acosta

Malgré le retour au Système Électrique National (SEN) de la Centrale Thermique Antonio Guiteras, l'un des blocs énergétiques les plus importants du pays, les coupures de courant se sont maintenues sans variations significatives à travers Cuba, reflet d'une crise électrique qui ne laisse aucun répit en plein été.

Selon la note informative publiée ce samedi par l'Union Electrique (UNE), le pays a subi des perturbations pendant les 24 heures de la journée précédente, situation qui s'est prolongée au cours de la nuit d'aujourd'hui.

Capture d'écran Facebook / UNE

Le plus grand déficit de capacité de production a été enregistré à 19h50 vendredi, avec un total de 1 822 mégawatts (MW) indisponibles, bien que ce pic ne coïncidait pas avec l'heure de la plus forte demande. Pour ce samedi 2 août, la situation ne s'améliore pas malgré la synchronisation au SEN de la centrale thermique de Matanzas.

Pendant ce temps, les 24 parcs solaires photovoltaïques récemment installés ont généré un total de 2 742 mégawattheures (MWh), atteignant une puissance maximale de 545 MW à midi. Cependant, cette contribution s'avère insuffisante pour inverser le déséquilibre structurel du système, qui reste affecté par de multiples pannes techniques, un déficit de carburant et des limitations logistiques.

À sept heures du matin ce vendredi, la disponibilité énergétique du SEN n'était que de 1,895 MW face à une demande de 3,245 MW, ce qui représente un déficit de capacité de 1,325 MW. Pour l'heure de la mi-journée, il est estimé que le déficit sera d'environ 1,280 MW.

Les principales causes de cette situation se concentrent sur des pannes actives dans l'unité 6 de la centrale électrique de Renté et l'unité 2 de Felton, en plus de la maintenance qui maintient hors ligne l'unité 2 de Santa Cruz del Norte, l'unité 4 de la Carlos Manuel de Céspedes à Cienfuegos et l'unité 5 de Renté. À cela s'ajoutent les limitations thermiques qui maintiennent 434 MW hors service.

Un facteur supplémentaire qui aggrave la situation est la pénurie de combustible, qui maintient inactives 75 centrales de génération distribuée avec une capacité combinée de 634 MW, en plus des 64 MW correspondants à la patana de Regla. Au total, 698 MW sont hors du système pour cette raison.

Pour les heures de pointe, la UNE a averti qu'en raison de considérations commerciales, la patana de 240 MW située à La Havane sera déconnectée. Bien que des mesures immédiates aient été prises pour contenir la détérioration, la situation reste défavorable. L'entrée en service partielle de l'unité 6 de Renté avec 50 MW est prévue, ainsi que l'ajout de 17 MW provenant d'Energás Varadero et de 64 MW issus de huit moteurs sur la patana de Regla.

Malgré ces renforts, on s'attend à ce qu'à l'heure de pointe, la disponibilité n'atteigne que 2 022 MW face à une demande maximale estimée de 3 700 MW. Cela laisserait un déficit de 1 674 MW et une impact potentiel allant jusqu'à 1 744 MW, ce qui prolongerait les coupures de courant sur l'ensemble du territoire national.

Un mois de juillet marqué par des coupures de courant quotidiennes et un déficit record

Durant le mois de juillet, le système électrique cubain a connu l'une de ses pires périodes de l'année. Les notes publiées par la UNE et rapportées par CiberCuba ont documenté des coupures d'électricité qui ont affecté toutes les provinces pendant des jours consécutifs.

En plus d'une occasion, le déficit a dépassé les 1 800 MW, et le 21 juillet un record de 2 054 MW a été enregistré, un niveau sans précédent ces dernières années.

La situation n'a pas seulement été critique pendant les heures de pointe, mais elle s'est prolongée durant les 24 heures de la journée, avec des rapports de coupures de courant dans la nuit, à l'aube et en fin d'après-midi. Les causes récurrentes étaient les mêmes que celles qui persistent aujourd'hui : des pannes techniques, des maintenances prolongées et, surtout, une pénurie alarmante de combustible.

À plusieurs reprises, la UNE a averti que le système fonctionnait en dessous de 50 % de sa capacité. La dépendance aux barges flottantes et à la génération distribuée s'est révélée inviable face à l'impossibilité de maintenir les approvisionnements.

Dans ce contexte, la réintégration ponctuelle de certaines centrales comme Guiteras ne parvient pas à modifier un scénario structurel d'effondrement énergétique, reconnu par les propres autorités du régime, qui se montrent incapables de le remédier.

La population, entre-temps, affronte le mois d'août avec des températures élevées, des difficultés à conserver les aliments et une frustration croissante face à une crise électrique qui ne semble pas avoir de solution à court terme.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.