Elle a réalisé son rêve de quitter Cuba, mais la réalité n'est pas celle qu'elle espérait : "Je n'aurais jamais pensé me sentir aussi vide."

Karlita a émigré de Cuba à Ferrol à la recherche d'opportunités, mais elle se sent vide en pensant à sa famille. Sa réflexion sur la réalité de l'émigration a touché de nombreux Cubains sur les réseaux sociaux.

Cubana en EspagnePhoto © TikTok / @yo_soykarlita

Sortir de Cuba était son plus grand rêve. Pendant des années, elle l'a visualisé comme l'objectif qui changerait sa vie. Et elle y est parvenue. Aujourd'hui, elle vit à Ferrol, une ville galicienne qui lui a ouvert ses portes, où elle a des opportunités, de la stabilité et la compagnie de son mari. Cependant, Karlita —@yo_soykarlita, comme elle se présente sur TikTok— a touché le cœur de milliers de personnes avec une réflexion que peu osent partager.

“J'ai toujours voulu quitter Cuba, c'était mon objectif, ce que je désirais le plus. Mais il ne m'est jamais venu à l'esprit qu'en y parvenant, je me sentirais si vide”, confie-t-elle dans une vidéo avec laquelle de nombreux Cubains émigrés s'identifient.

Depuis un centre commercial, dans un moment de solitude, cette jeune Cubaine s'est confiée devant la caméra :

« Je suis ici assise et je voulais laisser une petite réflexion car j'ai maintenant du temps pour moi. Aujourd'hui, j'ai eu un rendez-vous avec moi-même et j'ai eu le temps de penser à certaines choses », commence à dire Karlita dans la vidéo.

Bien qu'il réside maintenant dans un pays qui lui a offert de nouvelles opportunités, il avoue avoir éprouvé un mélange d’émotions inattendues après avoir réalisé son plus grand souhait : émigrer de Cuba.

"Prendre conscience que la véritable richesse résidait dans le fait d'avoir ma famille près de moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup touché", exprime-t-il d'une voix entrecoupée.

Karlita reconnaît être reconnaissante envers l'Espagne et assure qu'elle aime Ferrol, mais elle admet que le bonheur qu'elle éprouve n'est pas complet.

" c'est compliqué. J'ai des moments de bonheur, mais ils ne sont pas complets. Je me sens seule. Ma famille me manque. Nous étions très modestes, mais très heureux."

La vidéo a généré une vague de réactions parmi les Cubains émigrés, qui se sont retrouvés dans ses paroles. Beaucoup partagent ce sentiment de morriña —comme on l'appelle en Galice, la nostalgie pour la terre natale—, cette sensation constante d'absence qui accompagne ceux qui ont tout laissé derrière eux.

« J'ai réalisé mon rêve, oui… mais personne ne m'a dit que ça ferait si mal », a écrit une utilisatrice. Une autre a ajouté : « Nous sommes ici, mais nous ne cessons pas d'être là-bas ».

La publication de Karlita ne reflète pas seulement le côté moins visible de l'émigration, mais elle transmet également un message profond à ceux qui ont encore la chance d'avoir leurs proches près d'eux : « Si tu as ta famille avec toi, apprécie-les. La vie s'en va en un pas. »

Questions fréquentes sur l'expérience migratoire des Cubains en Espagne

Pourquoi certains Cubains se sentent-ils vides après avoir émigré de Cuba ?

La sensation de vide que ressentent certains Cubains après avoir émigré est due à la nostalgie et à l'absence de la famille, qui sont difficiles à compenser par les nouvelles opportunités et la stabilité qu'ils trouvent dans des pays comme l'Espagne. Bien qu'ils parviennent à réaliser leur rêve d'améliorer leur qualité de vie, beaucoup découvrent que la véritable richesse est d'avoir leurs proches près d'eux.

Comment la nostalgie influence-t-elle la vie des émigrants cubains ?

La nostalgie, connue sous le nom de "morriña" en Galice, est une constante pour les Cubains émigrés. Cette sensation d'absence affecte leur bonheur complet, car ils regrettent la proximité de leur famille et l'environnement familier de leur terre natale, malgré les améliorations matérielles dans leur nouvelle vie.

Quels sont les défis émotionnels auxquels les Cubains font face en s'adaptant en Espagne ?

Les défis émotionnels incluent le fait d'affronter des sentiments de solitude, de s'adapter à une nouvelle culture et de faire face aux attentes non satisfaites d'un bonheur complet. Le processus d'adaptation n'implique pas seulement des changements matériels, mais aussi émotionnels et sociaux, ce qui peut avoir un impact significatif sur le bien-être des emigrants.

Pourquoi Karlita pense-t-elle qu'il ne faut pas décourager les Cubains qui souhaitent emigrer ?

Karlita soutient que, bien que le processus migratoire soit difficile, il ne faut pas enlever l'illusion à ceux qui cherchent une vie meilleure. Elle promeut une vision réaliste mais positive, encourageant chaque personne à vivre sa propre expérience et à ne pas se décourager par les récits négatifs des autres.

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Izabela Pecherska

Rédactrice à CiberCuba. Diplômée en journalisme de l'Université Rey Juan Carlos de Madrid, Espagne. Rédactrice pour El Mundo et PlayGround.