Quatre fonctionnaires du Bureau du Procureur général de la République de Cuba ont reçu la Médaille “Abel Santamaría”, une décoration remise sur proposition du Bureau national de l'Union des Jeunes Communistes (UJC) et attribuée par le dirigeant Miguel Díaz-Canel, lors d'un acte central qui s'est tenu à La Havane.
Les lauréats, selon le Parquet lui-même, ont été reconnus pour leur supposée « dévotion, engagement et exemplarité », bien que pour de nombreux citoyens et activistes critiques, les noms récompensés représentent de jeunes visages d'un appareil répressif qui a été clé dans la criminalisation de la dissidence et dans la persécution judiciaire de centaines de manifestants depuis le 11J.
Les décorés étaient Lenna Sardina Santana, cheffe du groupe de Procédures Pénales à Santiago de Cuba ; Javier Alejandro Bello Miranda, vice-procureur en chef à Sancti Spíritus ; José Alejandro Ginard Betancourt, également à Sancti Spíritus, à la tête du groupe de Procédures Pénales ; et Deyvys Concepción Rodríguez, responsable informatique de la Procureur Provincial de Villa Clara.
En réseaux sociaux, le bureau du procureur cubain a célébré l'événement, soulignant que les lauréats “réalisent un plan d'activités” dans la capitale de l'île, qui a inclus une visite au Centre Fidel Castro, une institution officielle dédiée à la diffusion de la pensée du défunt dictateur.

La remise de ces médailles se déroule dans un contexte de fort discrédit international pour le système judiciaire cubain, dénoncé par des organismes de droits humains pour son rôle subordonné au pouvoir politique et sa responsabilité dans des procédures arbitraires contre des opposants, des journalistes indépendants et des manifestants pacifiques.
"Être efficace, c'est être utile au pays."
Dans des déclarations recueillies par le site officiel du Parquet, Deyvys Concepción a affirmé que d'être un jeune communiste aujourd'hui "est une haute responsabilité" et que son objectif en tant que chef du Département d'Informatique à Villa Clara est "d'apporter, de construire, d'être utile à mon pays".
Les mots contrastent avec les nombreuses dénonciations concernant l'utilisation de la technologie pour surveiller et contrôler l'activité citoyenne, ainsi qu'avec la manipulation des procédures pénales sous prétextes idéologiques.
Prix à ceux qui font silence
La médaille "Abel Santamaría", qui honore de jeunes pour des mérites remarquables, a été remise à des fonctionnaires qui ont été des acteurs actifs de l'appareil de l'État impliqué dans la répression contre des centaines de cubains arrêtés, jugés et condamnés pour avoir exercé leur droit à la protestation.
Pour beaucoup, cette cérémonie n'est rien de plus qu'une carte postale de propagande qui cherche à glorifier des figures du régime, même si leur rôle a été fondamental dans le maintien d'un système judiciaire marqué par le manque d'indépendance, le biais idéologique et l'impunité institutionnalisée.
Lors de l'événement, selon Cubadebate, six collectifs distingués ont reçu la Banderole d'Honneur directement des mains du président. De plus, quatre Cubains ont été décorés de l'Ordre Julio Antonio Mella, en reconnaissance de leurs mérites exceptionnels.
Questions fréquentes sur la décoration des jeunes procureurs à Cuba
Que représente la Médaille "Abel Santamaría" décernée aux procureurs cubains ?
La médaille "Abel Santamaría" est une distinction décernée à de jeunes personnes pour des mérites significatifs à Cuba. Dans ce cas, elle a été remise à quatre fonctionnaires de la Fiscalía General de la République de Cuba, reconnus pour leur prétendu "engagement et exemplarité". Cependant, pour de nombreux citoyens et critiques, ces lauréats sont perçus comme faisant partie de l'appareil répressif du régime, impliqué dans la criminalisation de la dissidence et la persécution judiciaire des manifestants depuis le 11J.
Quelle a été la réponse internationale face au système judiciaire cubain ?
Le système judiciaire cubain a été l'objet d'un fort discrédit international, dénoncé par des organismes de droits humains en raison de sa subordination au pouvoir politique et de sa responsabilité dans des procès arbitraires contre des opposants et des manifestants pacifiques. Ces critiques s'inscrivent dans un contexte de répression croissante et de manque de libertés civiles à Cuba, ce qui suscite des inquiétudes au niveau mondial.
Comment la répression a-t-elle impacté la société cubaine depuis le 11J ?
Depuis les manifestations du 11 juillet 2021, le gouvernement cubain a intensifié sa réponse répressive contre la dissidence, utilisant le système judiciaire comme un outil pour neutraliser l'activisme et décourager les manifestations publiques contre le régime. Cela a conduit à une augmentation des détentions arbitraires et à la criminalisation de la liberté d'expression, créant un climat de peur et d'intimidation au sein de la société cubaine.
Quel rôle jouent les jeunes procureurs dans la répression du régime cubain ?
Les jeunes procureurs décorés ont été une part active de l'appareil judiciaire impliqué dans la répression contre les manifestants et les opposants à Cuba. Bien qu'ils soient officiellement reconnus pour leur "dévouement et leur engagement", leur rôle a été fondamental pour maintenir un système judiciaire critiqué pour son manque d'indépendance et sa partialité idéologique, ce qui renforce la répression institutionnalisée dans le pays.
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