Activiste cubain dénonce des fermetures massives de dossiers d'asile aux États-Unis sans droit d'appel

L'activiste Salomé García Bacallao dénonce les fermetures massives d'asile aux États-Unis sans droit à la défense, affectant les immigrants de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua.

Cubain arrêté au tribunal de l'immigration à OrlandoFoto © X/@USCIS

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L'activiste cubaine Salomé García Bacallao a dénoncé l'alarmeante vague de fermetures massives de demandes d'asile aux États-Unis, beaucoup d'entre elles n'offrant pas aux personnes concernées le droit de défendre leur cas devant un juge ni la possibilité de faire appel.

La situation affecte de manière disproportionnée les immigrés de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua, a précisé dans un post sur Facebook.

Dans une publication récente, García Bacallao a averti de l'augmentation des notifications officielles intitulées « Avis de licenciement du formulaire I-589 », qui impliquent la fermeture définitive des demandes d'asile sans audience judiciaire ni recours légal.

« Ces personnes restent donc en attente d'une date pour un entretien de peur crédible », a-t-il expliqué.

Dans de nombreux cas, les demandeurs ont été arrêtés lors de contrôles de routine avec l'immigration, sans avoir été préalablement informés de la clôture de leur dossier.

Cette situation peut entraîner une déportation immédiate ou des détentions prolongées et indéfinies dans des conditions précaires.

L'activiste relie cette vague à une nouvelle politique migratoire qui, selon elle, vise à accroître les arrestations et les déportations jusqu'à atteindre un objectif de « 3 000 personnes par jour », un chiffre mentionné par l'influent conseiller républicain Stephen Miller.

Selon García Bacallao, cette politique “a transformé des procédures administratives en délits passibles d'expulsion, même pour des infractions mineures comme travailler sans autorisation ou dépasser la durée d'un visa.”

Elle dénonce également que ces mesures ont entraîné des rafles massives sur les lieux de travail et aux abords des écoles, créant un état de vulnérabilité constant pour les communautés immigrées.

Malgré la présence d'une représentation légale et de documents attestant d'une persécution politique —y compris des sentences pour participation aux manifestations du 11 juillet 2021 à Cuba— de nombreux demandeurs de l'île ont reçu des lettres de clôture.

“Je ne veux plus entendre personne dire ‘trouve-toi un bon avocat’”, a déclaré García Bacallao. “Je connais des personnes avec une excellente représentation légale qui ont été tout aussi rejetées”, a-t-il affirmé.

En parallèle, Human Rights Watch a lancé un appel urgent pour mettre un frein à la déportation de 13 opposants cubains, parmi lesquels Eliexer Márquez "El Funky", co-auteur du titre Patria y Vida.

L'organisation considère comme un abus que les États-Unis utilisent des antécédents judiciaires fabriqués par le régime cubain comme fondement pour refuser la protection aux personnes persécutées pour des raisons politiques.

García Bacallao souligne la nécessité d'une réponse communautaire organisée. “Ce que nous vivons ne se résoudra pas au cas par cas. Cela exige une réaction collective et décidée pour empêcher que ces violations ne se normalisent”, a-t-il indiqué.

Il a demandé aux citoyens, électeurs et représentants cubano-américains de ne pas rester silencieux.

« Sortir dans la rue n'est pas la seule voie. On peut appeler le Congrès, exiger le respect des droits de l'homme et mettre un terme à cette dérive autoritaire », a-t-il soutenu.

Enfin, l'activiste a alerté sur la décision imminente de la Cour Suprême concernant la constitutionnalité du droit à la citoyenneté par naissance aux États-Unis, un droit garanti depuis 1898. Si ce principe est révoqué, a-t-elle averti, “des millions de citoyens naturalisés pourraient se retrouver en danger de se voir dépouillés de leur nationalité”.

« Je crois que notre premier devoir est de sauver la démocratie à Cuba, afin de pouvoir y revenir et pour que nos proches n'aient plus à fuir, et que nous puissions y mener une vie digne. Mais je peux vous garantir qu'après avoir vécu dans plusieurs pays dans des situations irrégulières pendant 6 ans, nous résigner à cet état de vulnérabilité ne nous aidera en rien dans notre objectif. Le droit de vote, la liberté d'expression et de mouvement, ainsi que le droit à un procès équitable, valent la peine d'être défendus », a-t-il conclu.

Questions fréquemment posées sur les fermetures massives de cas d'asile aux États-Unis pour les Cubains et autres immigrants

Que dénonçait l'activiste cubaine Salomé García Bacallao sur les demandes d'asile aux États-Unis ?

Salomé García Bacallao a dénoncé la fermeture massive des demandes d'asile aux États-Unis sans droit d'appel, affectant de manière disproportionnée les immigrants de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua. Selon l'activiste, de nombreux demandeurs n'ont pas été informés de la fermeture de leurs dossiers et font face à un risque imminent de déportation ou de détention prolongée dans des conditions précaires.

Quel est l'impact des nouvelles politiques migratoires sur les immigrants cubains aux États-Unis ?

Les nouvelles politiques migratoires augmentent le risque de déportation pour environ 550,000 Cubains, en raison de la suspension des programmes de permis humanitaire et du renforcement de la surveillance par l'ICE. Ces mesures ont généré une situation d'incertitude légale et de peur au sein des communautés touchées.

Quels changements récents ICE a-t-il mis en œuvre concernant les immigrants avec le formulaire I-220A ?

ICE a intensifié la surveillance des immigrants avec le I-220A, y compris un contrôle plus strict et de possibles visites à domicile. Ce document est délivré aux personnes libérées sous surveillance aux États-Unis, mais ne leur accorde pas de statut légal formel, ce qui augmente leur vulnérabilité à la déportation.

Comment les immigrants cubains peuvent-ils faire face à la crise migratoire actuelle aux États-Unis ?

Les immigrants cubains doivent rechercher des conseils juridiques spécialisés pour explorer leurs options de défense face à l'augmentation des déportations et des fermetures de cas. Il est crucial de rester informé sur leurs droits et les éventuels changements dans leurs processus migratoires, ainsi que de considérer la participation à des actions communautaires pour exiger le respect des droits humains.

Quelles actions propose Salomé García Bacallao pour faire face aux violations des droits des immigrants ?

García Bacallao appelle à une réponse communautaire organisée pour éviter que les violations des droits des immigrants ne se normalisent. Il suggère des actions telles que contacter le Congrès pour exiger le respect des droits de l'homme et mettre fin à la dérive autoritaire dans les politiques migratoires des États-Unis.

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