Qu'est-ce que la citoyenneté par naissance et quels pays l'assurent sans conditions ?

Aux États-Unis, la citoyenneté par naissance est garantie par le 14ème amendement de la Constitution, qui reconnaît comme citoyens toutes les personnes nées ou naturalisées dans le pays et sous sa juridiction.

Femme avec certificat de citoyenneté (Image générée par IA)Foto © CiberCuba / Sora

La Cour suprême des États-Unis a stat ce vendredi en faveur de l'administration de Donald Trump, lui accordant une victoire légale qui lui permet d'avancer dans sa proposition d'éliminer la citoyenneté automatique par droit de naissance, une mesure qui pourrait avoir des implications profondes pour des millions de personnes, en particulier les enfants d'immigrants nés sur le sol américain.

Le jugement du tribunal, avec une majorité conservatrice, autorise temporairement l'Exécutif à mettre en œuvre des mesures visant à restreindre ce principe constitutionnel, tandis que les litiges judiciaires se poursuivent devant les tribunaux inférieurs. C'est une étape clé dans la stratégie migratoire de Trump, qui depuis son premier mandat a cherché à redéfinir les critères de qui peut être considéré comme citoyen aux États-Unis.

Qu'est-ce que la citoyenneté par naissance ?

Connu en anglais sous le nom de jus soli (droit du sol), la citoyenneté par naissance est un principe juridique qui accorde la nationalité automatiquement à toute personne née sur le territoire d'un pays, indépendamment de la nationalité ou de la situation migratoire de ses parents.

En États-Unis, ce droit est garanti par le 14ème Amendement de la Constitution, qui établit que « toutes les personnes nées ou naturalisées aux États-Unis, et soumises à leur juridiction, sont des citoyens des États-Unis ».

Ce principe a été pendant des décennies une garantie fondamentale pour les enfants d'immigrés, y compris de nombreux Cubains, qui accèdent à la citoyenneté américaine à la naissance, même si leurs parents n'ont pas de statut légal.

Que veut faire Trump ?

La proposition de Donald Trump vise à eliminar la citoyenneté automatique des enfants d'immigrés en situation irrégulière, en arguant que ce droit a été “mal interprété” et est devenu un “incitatif à l'immigration illégale”.

Avec le soutien de secteurs conservateurs, Trump a défendu que la citoyenneté ne devrait être accordée qu'à ceux qui naissent de parents citoyens ou de résidents légaux. Le jugement d'aujourd'hui habilite temporanément son administration à mettre en œuvre des actions exécutives visant cet objectif, tandis que les défis constitutionnels sont plaidés devant les tribunaux fédéraux.

Quels pays reconnaissent la citoyenneté par naissance ?

Le jus soli n'est pas universel. Bien qu'il ait été largement adopté en Amérique dans les siècles passés, aujourd'hui, seule une minorité de pays maintient ce principe sans restrictions.

Pays qui reconnaissent la citoyenneté par naissance sans conditions :

  • Argentine
  • Barbade
  • Belice
  • Bolivie
  • Brésil
  • Canada
  • Chili
  • Cuba
  • Dominique
  • Équateur
  • El Salvador
  • Fiyi
  • Grenade
  • Guatemala
  • Guyane
  • Honduras
  • Jamaïque
  • Lesotho
  • Mexique
  • Nicaragua
  • Pakistan
  • Panamá
  • Paraguay
  • Pérou
  • San Cristóbal et Nieves
  • Saint-Vincent et les Grenadines
  • Santa Lucía
  • Trinité-et-Tobago
  • États-Unis
  • Uruguay
  • Venezuela

En Europe, la plupart des pays ne reconnaissent pas automatiquement la citoyenneté par naissance, mais appliquent le jus sanguinis (droit du sang), c'est-à-dire que la nationalité se transmet par les parents, et non par le lieu de naissance.

À qui cela pourrait-il affecter ?

L'élimination du jus soli aux États-Unis aurait un impact direct sur les enfants d'immigrants en situation irrégulière, y compris des centaines de familles cubaines, qui ont recours au sol américain comme voie de sortie à la répression politique et à la précarité économique du régime cubain.

La mesure pourrait laisser des milliers de mineurs dans un flou juridique, sans accès automatique à la citoyenneté ni aux droits associés, tels que les soins de santé, l'éducation ou la protection juridique.

Réactions et prochaines étapes

Diverses organisations de droits de l'homme et avocats spécialisés en immigration ont qualifié le jugement de une menace directe au principe d'égalité devant la loi. Des groupes tels que l'ACLU et Human Rights Watch ont promis de poursuivre la bataille juridique.

De leur côté, les secteurs proches de Trump saluent la décision comme un pas en avant vers "le rétablissement du contrôle migratoire" et la prévention des "abus du système".

La controverse vient à peine de commencer. Bien que la Cour Suprême ait donné un feu vert temporaire, le cœur de l'affaire devra encore être résolu dans des tribunaux fédéraux inférieurs, ce qui annonce une nouvelle saison de tensions juridiques et politiques en pleine campagne électorale.

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