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Le dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel a réagi sur les réseaux sociaux au nouveau mémorandum signé ce lundi par le président américain Donald Trump, qui renforce l'embargo et interdit le tourisme des États-Unis vers l'île.
Plus que de la fermeté, la réaction du dirigeant désigné par Raúl Castro a révélé une peur profonde de ce que représente le changement de politique : une pression externe redoublée qui vise directement le cœur de la structure répressive du régime cubain.
"L'impact sera ressenti, mais ils ne nous plieront pas", a averti le locataire du Palais, tentant de transmettre de la fermeté tandis que ses paroles transpiraient le stress de celui qui voit l'armature des intérêts qui soutient son pouvoir se fissurer.
Le nouveau NSPM-5 n'est pas, comme l'affirme Díaz-Canel, un "plan agressif contre Cuba" et ne cherche pas à infliger "le plus de dégâts et de souffrances possibles au peuple". Au contraire, il s'agit d'une stratégie visant à séparer le peuple cubain de ceux qui l'exploitent et l'utilisent comme un bouclier.
L'objectif est clair : affaiblir l'appareil militaire et de renseignement qui a pris le contrôle du pays, représenté par des conglomérats tels que GAESA, et renforcer les espaces d'autonomie individuelle, comme l'accès à un Internet libre, la liberté de la presse, et la promotion de l'entreprise privée.
Mais ce sont précisément les menaces qui effraient le plus la "continuité" du castrisme. Car elle sait qu'un peuple informé, avec de réelles options économiques, capable de s'associer, de se déplacer et de s'exprimer sans peur, est un peuple qui peut se réveiller.
Pour cette raison, la réaction du soi-disant Palais de la Révolution a été immédiate et enragée, tissant le même discours de propagande habituel : blocus, agression impérialiste, résistance héroïque.
Ce que Díaz-Canel ne mentionne pas, c'est que le "blocus" qui appauvrit le plus les Cubains ne se trouve pas à Washington, mais à La Havane : le blocus de l'entreprise libre, de la liberté d'opinion, des partis politiques, de la propriété privée, de l'alternance au pouvoir, de la justice indépendante.
Ce cercle interne, imposé par un système de parti unique soutenu par la force de la répression, est le véritable responsable de la souffrance quotidienne de millions de Cubains.
Lorsque le dirigeant cubain se plaint que les États-Unis agissent en répondant à des "intérêts étroits et non représentatifs", il décrit, sans le vouloir, son propre modèle de gouvernement.
À Cuba, il n'existe aucune représentation. Il n'y a pas d'élections libres ni de multipartisme. Il n'y a pas de presse libre pour contrôler le pouvoir. Le citoyen cubain est réduit à un spectateur passif d'un simulacre politique, où tout est décidé à l'avance par une élite partisane qui n'est pas tenue de rendre des comptes.
La peur du régime ne réside pas dans les sanctions en tant que telles, mais dans ce qu'elles pourraient déclencher : une accélération de la décomposition interne du système. L'économie est à l'agonie, l'émigration massive vide le pays de ses jeunes, la légitimité populaire est minimale et la répression croissante ne parvient qu'à retarder l'inévitable.
Dans ce contexte, chaque mesure qui limite le financement de la machine répressive constitue une menace directe pour les intérêts d'une dictature qui est au pouvoir depuis 65 ans et qui est, de loin, la plus ancienne du continent occidental.
Díaz-Canel a assuré que "nous ne nous plierons pas", mais ses paroles sonnent de plus en plus creuses. Car l'histoire montre que les régimes totalitaires ne tombent pas parce qu'ils sont contraints de l'extérieur, mais parce qu'ils se décomposent de l'intérieur. Et à Cuba, le processus de décomposition est très avancé, et ceux qui gouvernent le savent.
La véritable peur du régime n'est pas Trump, ni Rubio, ni les sanctions. C'est le peuple cubain lorsqu'il décidera de ne plus avoir peur. C'est une génération qui grandit connectée, informée et lassée des mensonges recyclés. C'est une émigration active qui exige de participer à l'avenir du pays. C'est la possibilité d'élections libres, de pluralisme réel, de justice transitionnelle.
C'est pourquoi ils réagissent avec fureur à chaque mesure qui les expose. C'est pourquoi ils tentent de présenter comme une ingérence ce qui est en réalité une préoccupation humanitaire légitime : celle de démanteler un système qui persiste dans son modèle défaillant et d'ouvrir la voie à une Cuba libre, où le pouvoir n'a pas à imposer le respect par la répression, la propagande et des slogans éculés.
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