Une économiste cubaine devient virale après une émission sur la télévision nationale : "Le peuple souffre."

"Les problèmes ne se résolvent pas en mettant des obstacles, des limites ou en plafonnant les prix ; les problèmes de l'inflation se résolvent en augmentant la production et l'offre", a déclaré l'experte.

C. Carola Salas, directrice du Centre de Recherches en Économie Internationale (CIEI)Photo © Capture d'écran de la vidéo YouTube de Cuadrando La Caja

La docteure Carola Salas, directrice du Centre de Recherches en Économie Internationale (CIEI) de l’Université de La Havane, est devenue virale sur les réseaux sociaux après sa brillante intervention dans l'émission officielle "Cuadrando la Caja", diffusée par la télévision nationale.

Lors d'une exposition exceptionnellement directe pour un espace d'État, Salas a appelé le gouvernement cubain à prendre des décisions immédiates pour faire face à la grave crise que traverse le pays.

"Le peuple souffre," affirma-t-il avec emphase, ce que beaucoup interprétèrent comme une critique ouverte de l'inaction du régime.

L'économiste a souligné que Cuba fait face à un contexte "extrêmement compliqué", avec une économie affaiblie, un manque de liquidités et de grands obstacles pour accéder au financement international.

Elle a exprimé qu'il est urgent de rechercher des investissements étrangers par différentes voies, mais que le pays traîne des problèmes financiers depuis des décennies qui ont affecté sa crédibilité.

Il a averti que les agences de notation de risque placent le pays dans une catégorie de risque C, ce qui implique qu'il est au bord du non-paiement.

"C'est fatal pour les investisseurs étrangers, qui ne souhaitent pas placer leur argent dans le pays en raison du risque énorme lié à la capacité de paiement," a-t-il souligné.

À ce sujet, Salas a souligné l'urgence d'attirer des investissements étrangers directs en facilitant le processus, en concevant une politique d'incitations fiscales, financières et monétaires (de taux de change), et en éliminant les obstacles existants.

"Les investisseurs étrangers à Cuba font face à une série de risques qu'il faut assumer", a-t-il souligné. "Il est nécessaire de leur donner des signaux positifs, et cela se réalise en grande partie par une gestion correcte de la dette extérieure et du remboursement de cette dette."

Salas a affirmé que pour réaliser tout cela, il est essentiel de résoudre le problème de la production : il est impératif de produire et d'exporter.

"Les problèmes ne se résolvent pas en mettant des obstacles, des limites ou en plafonnant les prix ; les problèmes d'inflation se résolvent en augmentant la production et l'offre. C'est la dynamique du marché", a-t-il expliqué.

"Ce sont des thèmes fondamentaux que le pays doit résoudre car, en plus du fait qu'il n'y a pas de temps, le peuple cubain souffre", a-t-il souligné.

Un des appels les plus significatifs de son discours était la nécessité de "libérer les forces productives", une phrase qui, dans le contexte cubain, implique de réduire les contrôles étatiques sur l'économie et de permettre un plus grand rôle aux acteurs productifs.

Il a également souligné que l'État doit créer des conditions favorables pour les travailleurs, qui - selon ses dires - doivent ressentir que leurs efforts produisent des résultats tangibles et des améliorations réelles dans leur vie.

"Il faut le faire maintenant", a déclaré l'économiste à la fin de son intervention, en lançant un appel direct aux décideurs.

Son discours, éloigné du langage triomphaliste habituel, a rapidement résonné sur les réseaux sociaux tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île, où il a été partagé par des centaines d'utilisateurs comme un témoignage de la pression croissante pour que le gouvernement cubain adopte des mesures structurelles face à la crise prolongée.

Questions fréquentes sur la crise économique à Cuba et l'intervention de Carola Salas

Pourquoi Carola Salas est-elle devenue virale après son intervention à la télévision cubaine ?

Carola Salas est devenue virale grâce à sa critique franche du gouvernement cubain lors de sa participation à l'émission "Cuadrando la Caja". Dans son intervention, Salas a exhorté le régime à prendre des mesures immédiates pour faire face à la grave crise économique que traverse le pays, soulignant l'importance d'augmenter la production nationale et d'attirer des investissements étrangers.

Quelles sont les principales critiques de Carola Salas concernant la gestion économique à Cuba ?

Carola Salas a critiqué l'inefficace stratégie de tenter de contenir l'inflation sans s'attaquer à la faible production nationale. Elle a soutenu que les problèmes économiques ne se résolvent pas par des contrôles de prix, mais en augmentant la production et l'offre. De plus, elle a souligné la nécessité d'améliorer la crédibilité financière du pays pour attirer des investissements étrangers.

Quelles propositions Carola Salas a-t-elle faites pour améliorer l'économie cubaine ?

Carola Salas a suggéré de libérer les forces productives et de réduire les contrôles étatiques sur l'économie, en plus de créer un fonds pour rembourser et renégocier la dette extérieure. Elle a également proposé des politiques fiscales qui encouragent les producteurs locaux et les investisseurs étrangers, ainsi que d'explorer des opportunités dans l'Initiative de la Ceinture et de la Route de la Soie et les BRICS.

Comment le discours de Carola Salas se compare-t-il à la position officielle du gouvernement cubain ?

Pendant que Carola Salas demande des réformes structurelles et un accent sur la production, le gouvernement cubain, dirigé par Miguel Díaz-Canel, a insisté sur le fait de "travailler dur" sans adopter de changements profonds. Les mesures gouvernementales ont été davantage administratives et restrictives, sans traiter directement la nécessité de libérer le marché et de moderniser l'économie.

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