L'Association Syndicale Indépendante de Cuba (ASIC) a remis cette semaine à l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire un long document de revendications qui appelle à des réformes profondes dans les domaines du travail, de l'économie et de la politique du pays.
Sous le titre "Liste de revendications pour la liberté syndicale, la justice économique et la démocratie à Cuba", le document dénonce les violations systématiques des droits du travail et remet en question la légitimité du modèle politique en vigueur sur l'île.
Selon ce que l'organisation a publié sur son compte X, les revendications visent à obtenir "la liberté syndicale, la justice économique et la démocratie, face à un régime qui réprime les droits et bloque les réformes du travail".
Le texte souligne que le système centralisé et autoritaire actuel, au lieu de garantir des droits, est utilisé pour justifier la négation systématique des libertés fondamentales.
"On poursuit les initiatives productives en dehors du contrôle de l'État, bloquant la prospérité de milliers de Cubains. Cela porte atteinte à des droits essentiels tels que le travail, la propriété et l'initiative économique libre", souligne-t-il.
Le ASIC affirme que le modèle actuel ne permet pas de changements réels, plaçant ainsi l'accent sur la nécessité d'une transformation totale basée sur le pluralisme politique, l'autonomie citoyenne et la protection véritable des droits économiques, du travail et syndicaux.
Il souligne que le régime maintient un monopole syndical absolu à travers la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC), subordonnée au Parti Communiste, ce qui prive les travailleurs de leur droit à s'organiser librement.
Elle exige également que les missions de travail cubaines à l'étranger soient régies par les normes internationales de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), la reconnaissance pleine du droit à l'entrepreneuriat et une réforme intégrale du régime fiscal pour le secteur privé.
De plus, l'institution demande un audit pour GAESA, la publication des comptes bancaires et des investissements à l'étranger de la famille Castro et de ses proches, ainsi que la reddition de comptes publique des hauts fonctionnaires du gouvernement.
La ASIC regroupe dix demandes clés :
1- Réformes démocratiques comme garantie du changement économique structurel.
2- Libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.
3- Recrutement international et missions de travail selon des normes internationales.
4- Emploi sans discrimination et salaires équitables.
5- Reconnaissance pleine du droit à l'entrepreneuriat et à la propriété privée.
6- Réforme intégrale du régime fiscal pour le secteur privé.
7- Garantie du droit à une organisation syndicale libre et indépendante.
8- Fin de l'harcèlement et garantie de financement pour l'entrepreneuriat.
9- Désengagement total de la CTC du contrôle politique du travail.
10- Transparence institutionnelle et lutte contre la corruption et le népotisme.
L'organisation appelle également les travailleurs, les entrepreneurs et les universitaires à soutenir cet agenda dans le cadre d'un nouveau pacte social centré sur la dignité humaine.
Fondée en 2016, l'ASIC a été l'une des voix les plus actives en faveur des droits du travail à Cuba, faisant face à une répression constante de la part du gouvernement.
Questions fréquentes sur les litiges syndicaux et la situation du travail à Cuba
Quelles demandes l'Association Syndicale Indépendante de Cuba (ASIC) a-t-elle présentées au gouvernement cubain ?
La ASIC a présenté un cahier de charges qui inclut des réformes démocratiques, la libération des prisonniers politiques, et la reconnaissance du droit à l'organisation syndicale indépendante. Les revendications incluent également l'embauche internationale selon les normes de l'OIT, l'emploi sans discrimination, et des salaires justes, parmi d'autres aspects. Ces exigences visent une transformation intégrale du système politique et économique à Cuba.
Pourquoi le modèle syndical cubain actuel est-il critiqué ?
Le modèle syndical cubain est critiqué car la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC) est sous contrôle étatique, ce qui empêche une véritable représentation des travailleurs. On accuse la CTC de fonctionner comme un collaborateur du pouvoir politique plutôt que de défendre les droits des travailleurs. La répression du travail, notamment dans des secteurs comme la culture et l'éducation, ainsi que le manque de droits de grève, sont également des points de forte critique.
Quelle est la situation actuelle des droits du travail à Cuba ?
La situation des droits du travail à Cuba est critique, avec des violations systématiques et une répression de toute tentative d'organisation autonome. Les travailleurs font face à des licenciements injustifiés, des salaires insuffisants et des conditions de travail précaires. De plus, les missions de travail à l'étranger sont marquées par des pratiques d'exploitation du travail.
Comment la répression étatique impacte-t-elle la vie des travailleurs et des syndicalistes à Cuba ?
La répression étatique impacte considérablement la vie des travailleurs et des syndicalistes à Cuba, qui font face à du harcèlement, des détentions arbitraires et des violations de leurs droits fondamentaux. Ce climat de répression décourage l'activisme et la lutte pour de meilleures conditions de travail, perpétuant un système qui facilite l'exploitation et le contrôle étatique sur la main-d'œuvre.
Archivé dans :
