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La Administración Trump se prépare à un changement réglementaire qui réduirait ou éliminerait le Revenu de Sécurité Supplémentaire (SSI) pour près de 400 000 personnes aux États-Unis.
Les personnes touchées seront principalement des adultes âgés à faibles revenus, des personnes handicapées graves - y compris des enfants - et des personnes aveugles, qui dépendent de ce paiement mensuel pour couvrir leurs besoins essentiels : loyer, nourriture, vêtements ou médicaments.
“Près de 400 000 bénéficiaires du SSI vivant avec des membres de leur famille ou des amis rencontrant leurs propres problèmes financiers risquent de voir leurs prestations réduites - généralement de plusieurs centaines de dollars par mois - ou de perdre complètement leur éligibilité", a révélé un récent rapport du Center on Budget and Policy Priorities (CBPP).
L'origine de la controverse
Le SSI est un programme fédéral qui fournit des paiements mensuels à ceux qui remplissent des critères stricts de revenus et de ressources.
À partir d'octobre 2024, l'Administration de la Sécurité Sociale (SSA) considère qu'un foyer qui reçoit le SNAP - le Programme d'Assistance Nutritionnelle Supplémentaire, plus connu sous le nom de « bons alimentaires » - est un foyer bénéficiant d'une aide publique.
Ce changement a été introduit pour éviter que les familles les plus pauvres ne soient pénalisées par le « soutien et entretien en nature » (In-kind Support and Maintenance, ISM).
Cette pénalité déduit du chèque mensuel la valeur de l'aide que reçoit le bénéficiaire en vivant avec d'autres personnes, comme une chambre dans la maison d'un membre de la famille, même si ce membre de la famille est également à faibles revenus.
« Cela permet à plus de personnes de bénéficier du SSI et, dans certains cas, que leur paiement du SSI soit plus élevé », avertit le CCBP.
Avant la mise à jour de 2024, SNAP ne figurait pas sur la liste des programmes considérés comme une aide publique pour le SSI, ce qui laissait de nombreuses familles exposées à des réductions de leurs chèques malgré leur vie en pauvreté.
¿Qué propone ahora la Administración Trump?
La nouvelle proposition vise à éliminer SNAP de cette liste, ramenant le programme à des critères établis il y a plus de 40 ans.
En pratique, cela signifierait que partager un logement avec des membres de la famille ou des amis serait à nouveau interprété comme un soutien économique qui réduit le chèque mensuel, même si l'ensemble du foyer vit en dessous du seuil de pauvreté.
Le Center on Budget and Policy Priorities avertit que ce changement « ignorait la réalité selon laquelle les familles qui reçoivent le SNAP ont des revenus très faibles ».
Selon son analyse, un foyer typique composé de plusieurs personnes recevant le SNAP et dans lequel au moins un membre bénéficie du SSI a un revenu annuel d'environ 17 000 dollars, bien en dessous du seuil de pauvreté.
Qui seraient les plus touchés ?
Les réductions auraient un impact particulier sur :
-Des personnes âgées qui ne peuvent pas se permettre un logement propre et vivent avec des enfants, des petits-enfants ou des frères et sœurs pour partager les frais.
-Adultes avec un handicap physique ou intellectuel qui dépendent des soins quotidiens de leur famille.
-Mineurs de moins de 18 ans en situation de handicap dont les parents reçoivent le SNAP et dont le revenu serait partiellement pris en compte pour réduire le chèque enfants.
Selon le CBPP, plus de 275 000 personnes perdraient une partie de leur chèque et environ 100 000 le perdraient complètement si la norme était approuvée.
"La proposition de l'administration Trump de modifier les règles aura des répercussions sur des centaines de milliers de personnes à faible revenu dans le pays", déclare dans son rapport le CBPP.
L'impact spécifique en Floride
En Floride, où le coût de la vie est élevé et la participation au SNAP est importante, environ 30 800 bénéficiaires du SSI seraient affectés.
Dans de nombreux cas, il s'agit de personnes qui vivent déjà dans des foyers multigénérationnels pour survivre aux loyers élevés et aux coûts de la vie.
Le CBPP offre un exemple qui reflète ce qui se passerait dans des milliers de foyers floridiens :
Une adulte avec le syndrome de Down qui vit avec ses parents à revenus modestes et qui reçoit le SNAP touche aujourd'hui 967 $ par mois, le montant fédéral complet.
Comme votre domicile est considéré comme relevant de l'assistance publique, la pénalité ISM ne s'applique pas.
Si SNAP est retiré de la définition, cela signifierait une diminution de la valeur estimée de vivre chez ses parents, et son chèque diminuerait d'un tiers, la laissant avec moins de 700 $ par mois.
Dans un État comme la Floride, où le loyer moyen dépasse les revenus de nombreux bénéficiaires, cette réduction pourrait signifier devoir choisir entre payer le loyer, la nourriture ou les médicaments.
Conséquences au-delà de la réduction budgétaire
Le CBPP avertit que ce changement entraînerait également plus de bureaucratie et un risque accru d'erreurs. Les bénéficiaires devraient constamment faire rapport sur leur situation de logement, détailler qui paie chaque dépense et notifier tout changement familial.
Ce processus surchargerait une SSA avec un personnel déjà réduit et entraînerait à la fois des paiements indus et des paiements insuffisants.
De plus, cela pourrait dissuader les familles d'offrir un logement ou des soins à leurs proches par crainte d'affecter leurs prestations, faisant ainsi augmenter le risque d'institutionnalisation.
Une menace pour la stabilité des plus vulnérables
En tout, le changement prévu affecterait près de 400 000 personnes dans le pays, dont beaucoup font partie des plus vulnérables.
En Floride, les 30 800 personnes qui pourraient perdre une partie ou la totalité de leur SSI dépendent de ce revenu pour ne pas tomber dans l'indigence.
La réduction ne leur retirerait pas seulement des ressources économiques, mais elle augmenterait également le risque d'expulsion, de famine et d'isolement.
En mots du CBPP, cette mesure reviendrait à ramener le SSI à un standard "obsolète", qui ne reflète pas la réalité des quarante dernières années, mettant en danger ceux qui ont le moins et les familles qui s'occupent d'eux.
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