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La centrale thermélectrique (CTE) Felton, l'un des piliers de la production électrique à Cuba, vient de cesser ses activités et restera déconnectée pendant au moins 20 jours, ce qui aggrave le panorama énergétique déjà très déficient de l'Île.
L'annonce, réalisée sur par le journaliste officiel Lázaro Manuel Alonso, révèle que l'unité 1 a rencontré une panne dans son transformateur et nécessitera des réparations prolongées, ainsi que des travaux de nettoyage dans la chaudière et le condenseur.
La nouvelle frappe au pire moment.
Selon des rapports de l'Union Électrique (UNE), le Service Électrique National (SEN) a été affecté vendredi, avec des interruptions du service pendant 24 heures, et cela a continué à être perturbé toute la nuit d'hier.
La plus forte affectation due à un déficit de capacité de génération s'est produite à 20h20 et s'est élevée à 1861 MW, coïncidant avec l'heure de la demande maximale, et supérieure à ce qui était prévu en raison de l'absence d'entrée de l'unité 3 de CTE Santa Cruz.
Ce samedi, le pays a commencé la journée avec une disponibilité de seulement 1 405 MW face à une demande de 2 860 MW, ce qui a entraîné un déficit immédiat de 1 420 MW.
D'ici midi, l'affectation devrait augmenter jusqu'à 1 350 MW.
Aux heures de pointe, les projections sont encore plus dramatiques : un déficit de 1 835 MW, avec des perturbations prévues pouvant atteindre 1 905 MW.
Apagones interminables
La conséquence directe est que les coupures de courant se sont étendues jusqu'à 20 heures continues dans plusieurs territoires.
À La Havane, où le gouvernement tente de dissimuler la crise avec de soi-disant plans de blocs, les coupures se produisent sans ordre ni avis, laissant des milliers de familles sans électricité pendant le jour et la nuit.
La propre Empresa Eléctrica de la capitale a reconnu sur Facebook que "il n'a pas été possible de respecter l'horaire prévu en raison d'un déficit" et que les coupures d'électricité durent beaucoup plus longtemps que prévu.
La situation a poussé à bout une population déjà confrontée à la pénurie de nourriture, au manque de transports, à la dégradation de l'eau potable et à un système de santé en faillite.
L'électricité, qui devrait être un service de base, est devenue un luxe intermittent.
Un SEN en ruines
Le rapport officiel de la UNE reflète l'ampleur de la catastrophe :
Il y a six unités thermiques endommagées dans les centrales thermiques de Santa Cruz, Nuevitas, Felton et Renté.
De plus, trois autres blocs des CTE Santa Cruz et Cienfuegos sont en maintenance.
En raison d'un manque de combustible, 40 centrales de génération distribuée totalisant 197 MW restent à l'arrêt.
À cela s'ajoutent 450 MW indisponibles en raison d'un manque de lubrifiants.
La liste met en évidence un effondrement structurel qui va au-delà d'une panne ponctuelle : elle est le reflet d'un système obsolète, mal géré et manquant de ressources, piégé entre la désinvestissement du régime et la corruption enracinée dans le secteur.
Énergie solaire : un pansement insuffisant
Le gouvernement cherche à présenter comme un succès l'incorporation de 28 nouveaux parcs solaires photovoltaïques, qui ont produit 2 380 MWh et ont atteint un maximum de 494 MW pendant les heures de pointe.
Cependant, ce chiffre ne compense qu'une fraction du déficit général et reste bien en deçà de ce qui est nécessaire pour garantir un approvisionnement stable.
Un pays dans l'obscurité et un gouvernement aveugle
Pendant ce temps, les Cubains continuent de vivre dans l'obscurité, contraints de cuisiner dans le noir, de dormir sans ventilateurs sous la chaleur tropicale étouffante et de perdre des aliments par manque de réfrigération.
Chaque coupure de courant prolongée représente un coup de plus à une économie familiale déjà dévastée.
Le gouvernement, au lieu d'offrir des solutions structurelles, se contente de publier des notes techniques et des excuses bureaucratiques, sans assumer de responsabilités pour des décennies d'abandon du système électrique.
Avec la sortie de la Felton, l'un des derniers bastions de la génération thermique, Cuba entre dans une nouvelle phase d'angoisse énergétique, où la seule chose qui croît est le désespoir de son peuple.
Questions Fréquemment Posées sur la Crise Énergétique à Cuba
Pourquoi les coupures de courant sont-elles si fréquentes à Cuba ?
Les coupures de courant à Cuba sont fréquentes en raison de l'effondrement structurel du système électrique national. Le manque d'investissement, la dégradation des infrastructures et la mauvaise gestion gouvernementale ont laissé le pays avec une capacité de production insuffisante pour répondre à la demande. Des pannes dans les centrales thermiques, un entretien inadéquat et une pénurie de combustible aggravent la situation, provoquant des coupures de courant prolongées et continues.
Quel est l'impact des coupures de courant sur la vie quotidienne des Cubains ?
Les coupures de courant prolongées affectent gravement la vie quotidienne des Cubains, interrompant l'approvisionnement en eau, endommageant les aliments en raison de l'absence de réfrigération et rendant difficiles des activités quotidiennes telles que cuisiner et travailler. De plus, elles impactent négativement le fonctionnement de services essentiels tels que les hôpitaux et les transports en commun, augmentant la pression sur une population déjà touchée par la pénurie de ressources de base.
Quelles mesures le gouvernement cubain a-t-il prises pour faire face à la crise énergétique ?
Le gouvernement cubain a tenté de présenter l'intégration de parcs solaires photovoltaïques comme un succès, mais ces mesures sont insuffisantes pour atténuer le déficit énergétique. De plus, le manque de solutions structurelles, telles que l'investissement dans des infrastructures modernes et la gestion efficace des ressources, reste un problème critique qui empêche de résoudre la crise de manière efficace.
Quel est le rôle de l'Union Électrique de Cuba (UNE) dans la gestion de la crise ?
L'Union Électrique de Cuba (UNE) est chargée de gérer l'approvisionnement électrique du pays, mais elle a été critiquée pour son manque de transparence et d'efficacité. Les rapports émis par l'UNE reflètent souvent mal la gravité de la situation réelle, et les promesses d'améliorations restent souvent non tenues, ce qui génère méfiance et frustration parmi la population.
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