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Les arrestations de Cubains avec un statut migratoire I-220A continuent d'augmenter aux États-Unis sous la politique de fermeté promue par Donald Trump.
Le nouveau cas est celui de Pastor Michel Roque Armas, originaire de Pinar del Río, qui a été arrêté à San Antonio, au Texas, après s'être rendu à un rendez-vous de routine avec le Service d'immigration et de contrôle des douanes (ICE).
La détention a eu lieu il y a trois mois, mais la famille a décidé de le rendre public maintenant, après avoir reçu une ordonnance d'expulsion émise vendredi par un juge de l'immigration.
Selon les dires de son épouse Rosmery au journaliste Javier Díaz, de Univisión, cette mesure serait dévastatrice pour elle, car elle se retrouverait seule dans le pays avec sa fille de cinq ans.
La femme a souligné que son mari "est un homme de bien" et qu'il n'a pas de casier judiciaire aux États-Unis.
Une politique qui criminalise tous les émigrants
Le cas de Roque s'ajoute à celui d'autres Cubains avec I-220A qui ont été repérés par l'ICE au cours des derniers mois.
Bien que ce document n'octroie pas la résidence, il a permis à des milliers de rester aux États-Unis pendant qu'ils attendent une définition de leur statut et la possibilité de bénéficier de la Loi d'Ajustement Cubain.
Cependant, les récentes perquisitions et arrestations reflètent un schéma clair : la politique migratoire de Trump s'attaque à ceux qui tentent de se régulariser, même s'ils n'ont pas de casier judiciaire.
Ce lundi, l'arrestation de Yasmani Guía Pablo, conducteur de Lyft à Georgetown, Texas, et également titulaire d'un I-220A a été annoncée.
Il a été arrêté en plein travail sous l'accusation d'être sous l'emprise de l'alcool, ce que son épouse - citoyenne américaine - a formellement démenti, déclarant qu'il s'agissait d'un épisode raciste.
Yasmani, musicien et compositeur chrétien, fait maintenant face à la menace d'être expulsé.
Histoires d'abus et de désespoir
Les témoignages se répètent.
Rogelio Lázaro González Moya, âgé de 26 ans, a été arrêté à Miami après avoir assisté à sa première audience d'immigration en juin dernier.
Depuis lors, il a été transféré dans des centres en Floride, au Texas et en Arizona, supportant des conditions extrêmes : chaînes, enfermements dans des cellules gelées et alimentation insuffisante.
À Phoenix, en Arizona, une jeune femme cubaine a été arrêtée en sortant de son travail malgré un permis de travail valide. Elle a passé un mois dans un centre de détention avant d'être libérée avec un bracelet électronique.
Son récit montre comment même ceux qui respectent leurs obligations légales peuvent être punis par ces mesures.
En Miami, des journalistes ont documenté des raids dans les tribunaux d'immigration, où des cubains avec I-220A ont été arrêtés à la sortie de leurs audiences avec l'ICE.
Le contexte politique
Le durcissement de ces actions n'est pas anodin. Il fait partie de l'agenda de Trump lors de son second mandat, marqué par une croisade contre l'immigration illégale qui a eu un effet particulier sur les Cubains.
Bien que la Loi sur l'Ajustement Cubain reconnaisse les migrants de l'Île comme des victimes d'une dictature, aujourd'hui, beaucoup d'entre eux vivent sous la peur constante d'être expulsés.
Peu importe s'ils travaillent, paient des impôts et remplissent leurs obligations dans l'espoir de se régulariser.
Le message officiel semble être que la patience et le respect des règles ne garantissent pas le droit de rester dans le pays.
Le cas de Michel Roque Armas symbolise cette contradiction : un père de famille qui est arrivé aux États-Unis en laissant derrière lui le régime cubain, mais qui aujourd'hui fait face à la menace d'être expulsé par un système qui punit davantage la condition migratoire que les véritables délits.
La communauté cubaine observe avec préoccupation ce schéma de persécution. Chaque nouvel arrestation renforce l'idée que, loin d'être protégés en tant que réfugiés politiques, les porteurs de I-220A sont traités comme des criminels dans un pays qui avait historiquement été un refuge pour ceux persécutés de l'île.
Questions fréquentes sur les arrestations de Cubains avec un I-220A aux États-Unis
Qu'est-ce que le document I-220A et quelle est sa fonction ?
Le document I-220A est un ordre de libération sous surveillance émis par le Service de l'immigration et des douanes (ICE) aux États-Unis. Il ne confère pas de statut migratoire légal ni n'autorise à travailler légalement. Cependant, il permet aux migrants de résider temporairement dans le pays pendant que leur situation légale est en cours de résolution. Ce document est courant parmi les Cubains qui cherchent à régulariser leur statut migratoire aux États-Unis.
Pourquoi les arrestations de Cubains avec un I-220A augmentent-elles ?
Les arrestations de Cubains avec l'I-220A ont augmenté en raison de la politique de fermeture appliquée à l'immigration illégale par le gouvernement de Donald Trump lors de son second mandat. Cette politique vise à freiner l'immigration irrégulière, touchant même ceux de ces migrants qui n'ont pas de casiers judiciaires et qui remplissent leurs obligations légales. Beaucoup de ces Cubains vivent dans un état d'incertitude, car l'I-220A ne leur garantit pas de protection contre la déportation.
Quels risques les Cubains avec l'I-220A encourent-ils aux États-Unis ?
Les Cubains avec l'I-220A font face au risque d'être arrêtés et expulsés malgré l'absence de casier judiciaire. La politique actuelle les considère comme des immigrants irréguliers, soumis à une expulsion sans tenir compte de leurs tentatives de régularisation. De plus, le document I-220A les maintient dans un flou juridique, sans accès à des permis de travail ou à un statut migratoire régularisé, ce qui accroît leur vulnérabilité face aux actions de l'ICE.
Comment la politique migratoire de Trump affecte-t-elle les Cubains aux États-Unis ?
La politique migratoire de Donald Trump a durci les actions contre l'immigration irrégulière, touchant particulièrement les Cubains qui cherchent à régulariser leur statut aux États-Unis. Les arrestations et les expulsions ont augmenté sous son administration, même pour ceux sans antécédents criminels. La communauté cubaine, qui a historiquement cherché refuge aux États-Unis en raison du régime à Cuba, fait désormais face à un climat de peur et d'incertitude.
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