Trois Cubains condamnés à Holguín dans un autre procès exemplaire pour des affaires de drogue

Le procès à Holguín contre trois Cubains pour trafic de drogue s'inscrit dans la campagne nationale de 'tolérance zéro', critiquée comme un contrôle social et politique.

Procès exemplaire tenu à Holguín contre trois accusés de trafic de drogue.Foto © Facebook/Réalités depuis Holguín

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Le Tribunal Provincial Populaire de Holguín a tenu un procès exemplaire contre trois Cubains accusés de trafic de drogues, dans le cadre d'une procédure présentée par les autorités comme faisant partie de l'“Exercice National de Prévention et de Lutte contre la Criminalité”.

Le cas a été divulgué par une page officielle sur Facebook, proche du régime cubain, , qui a souligné le caractère « prophylactique et préventif » du processus, même envers des personnes ayant un « potentiel délictuel ».

Captura de Facebook/Réalités depuis Holguín

Cette formulation a suscité des critiques, car elle ouvre la porte à la sanction non seulement des comportements avérés, mais aussi de la simple suspicion que quelqu'un pourrait commettre un délit, ce qui contredit des principes fondamentaux du droit pénal moderne.

Selon les informations officielles, les accusés ont été sanctionnés en tant que co-auteurs du délit de trafic de drogue prévu par le Code pénal en vigueur, avec des peines allant de 4 à 10 ans de prison. De plus, le tribunal a considéré comme aggravante le fait que le délit ait été commis de nuit, une circonstance qui à Cuba peut renforcer la sévérité des peines.

Une campagne nationale de « tolérance zéro »

Le procès de Holguín n'est pas un cas isolé. Il fait partie d'une campagne nationale de procès exemplaires, présentée par le régime comme une réponse à la hausse de la consommation et du trafic de drogues, en particulier des cannabinoïdes synthétiques, connus communément sous le nom de "chimique" ou "papier".

À La Havane, le 22 septembre dernier, le Tribunal Provincial a condamné José Alberto Ducá Valón à 15 ans de prison pour vente de cocaïne et de drogues synthétiques. Selon l'accusation, l'accusé transportait des stupéfiants de Santiago de Cuba vers la capitale et les commercialisait à des prix atteignant jusqu'à 14 000 pesos le gramme.

En Matanzas, un autre procès a laissé un jeune de Jagüey Grande en attente de sentence qui a reconnu avoir acheté et revendu des drogues synthétiques. Le parquet a demandé sept ans de prison, malgré le fait que l'accusé n'avait pas de casier judiciaire.

Contrôle social et propagande judiciaire

Les autorités insistent sur le fait que ces processus se déroulent avec “toutes les garanties juridiques”, mais en pratique, ils fonctionnent comme des humiliations publiques et des avertissements sociaux. La notion selon laquelle ils servent à dissuader des “personnes à potentiel délictueux” révèle que le régime les utilise également comme outil de contrôle politique et social, dans un pays où les institutions judiciaires manquent d'indépendance.

Bien que le gouvernement ait durci les peines et multiplié les condamnations exemplaires, le ministère de l'Intérieur a récemment reconnu que plus de 1 500 personnes ont été arrêtées pour des délits liés aux drogues et que la consommation de substances synthétiques a explosé à des niveaux sans précédent sur l'île.

Questions fréquentes sur les procès exemplaires à Cuba pour trafic de drogue

Qu'est-ce qu'un procès exemplaire et pourquoi est-il critiqué à Cuba ?

Un procès exemplaire est un processus judiciaire visant à envoyer un message dissuasif à la société, montrant que certains comportements seront sévèrement punis. À Cuba, ces procès sont critiqués car ils sont utilisés comme outil de propagande et de contrôle social, punissant même des personnes pour leur "potentiel délinquant", ce qui contredit les principes du droit pénal moderne ainsi que les droits fondamentaux de présomption d'innocence et de procédure régulière.

Quel est l'objectif du régime cubain en menant ces procès exemplaires ?

Le régime cubain utilise les procès exemplaires comme une stratégie de contrôle politique et social. L'objectif est de montrer une main ferme contre le trafic de drogue et d'envoyer un message préventif à la population, mais dans la pratique, ils fonctionnent comme des exemples publics et des avertissements, plutôt que comme des processus judiciaires transparents qui respectent les droits individuels.

Quels types de délits liés aux drogues sont actuellement jugés à Cuba ?

En Cuba, des délits liés au trafic de différentes sortes de drogues, notamment la marijuana, la cocaïne et les cannabinoïdes synthétiques appelés "químico", sont jugés. Les peines pour ces délits sont sévères, atteignant jusqu'à 30 ans de prison ou même la peine de mort, en fonction des circonstances aggravantes telles que la participation de mineurs ou la quantité de drogue impliquée.

Quel impact a la stratégie de jugements exemplaires sur le problème du narcotrafic à Cuba ?

La stratégie de jugements exemplaires du régime cubain, malgré sa sévérité, n'a pas réussi à freiner le problème du trafic de drogue sur l'île. La consommation et le trafic de drogues continuent d'augmenter, ce qui montre que les peines sévères ne sont pas suffisantes pour traiter un problème qui trouve ses racines dans la pauvreté, le chômage et le manque d'alternatives socio-économiques dans le pays.

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