La Fiscalía demande jusqu'à neuf ans de prison pour un cacerolazo à Cuba

Six hommes d'Encrucijada font face à un procès à Villa Clara, accusés de troubles à l'ordre public pour un cacerolazo contre les coupures de courant ; le parquet demande jusqu'à neuf ans de prison, une preuve de plus de répression et d'abus de la part du régime cubain

Cacerolazo à Cuba (Image générée avec SORA)Photo © CiberCuba

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La Fiscalía cubaine a demandé des peines allant jusqu'à neuf ans de prison contre six hommes accusés d'avoir participé à un cacerolazo pacifique en protestation contre les coupures de courant dans la localité d'Encrucijada, Villa Clara.

L'information a été divulguée par l'agence EFE, qui a eu accès au document du Parquet, et a souligné qu'entre les personnes poursuivies se trouve le journaliste indépendant José Gabriel Barrenechea, accusé de "troubles à l'ordre public".

Cinq des accusés restent en détention provisoire depuis les jours qui ont suivi la protestation, survenue le 7 novembre 2024.

Selon l'accusation, les hommes ont dirigé la manifestation avec trois chaudrons "qui n'ont pas pu être utilisés" et ont crié des phrases comme "Mettez le courant, nous voulons du courant", ce qui, selon le parquet, a troublé "la tranquillité citoyenne" et empêché la circulation des véhicules.

Cependant, c'est un autre cas de répression du régime cubain contre la population civile cubaine, exaspérée par la crise économique et les coupures de courant.

Le processus a débuté ce mercredi au Tribunal Provincial de Villa Clara. Lors de l'audience, des activistes ont dénoncé la détention de l'opposant Guillermo “Coco” Fariñas alors qu'il tentait d'assister au procès.

Les demandes fiscales prévoient neuf ans de prison pour deux des accusés, six ans pour Barrenechea, cinq pour un autre et quatre pour un autre encore. Pour le sixième, une sanction de cinq ans de restriction de liberté est requise. Aucun des accusés n'avait de casier judiciaire.

L'Observatoire cubain des droits de l'homme a dénoncé sur X la tenue du procès et a rappelé que plusieurs témoins ont confirmé le caractère pacifique de la manifestation.

« Nous exigeons justice et liberté pour tous les accusés et pour les prisonniers politiques à Cuba. Nous réitérons que manifester pacifiquement n'est pas un crime », a affirmé l'organisation.

Selon l'agence EFE, la chercheuse d'Amnistie Internationale pour Cuba, Johanna Cilano, a également remis en question le processus : « La protestation est un droit, personne ne devrait être emprisonné simplement pour exercer ses droits humains ».

Ce procès s’ajoute à d'autres tenus récemment sur l’île, comme celui de Bayamo en mars 2024, qui s'est soldé par des condamnations allant jusqu'à neuf ans de prison pour 15 manifestants.

La crise énergétique, marquée par des coupures de courant dépassant parfois 20 heures par jour, a intensifié le mécontentement social à Cuba, entraînant des manifestations dans diverses localités.

Questions fréquentes sur les cacerolazos et la répression à Cuba

Pourquoi la Procureure cubaine demande-t-elle des peines allant jusqu'à neuf ans de prison pour un cacerolazo ?

Le parquet accuse les manifestants de "troubles à l'ordre public" pour avoir protesté pacifiquement contre les coupures de courant à Encrucijada, Villa Clara. La manifestation a inclus des cris de slogans et l'utilisation de casseroles, ce qui, selon le parquet, a perturbé la tranquillité publique. Cependant, les organisations de défense des droits humains critiquent le fait que ces accusations constituent une tentative de criminaliser le mécontentement social.

Qui sont les accusés dans le procès du cacerolazo à Encrucijada ?

Parmi les accusés se trouve le journaliste indépendant José Gabriel Barrenechea et cinq autres hommes. Les peines requises incluent jusqu'à neuf ans de prison pour certains accusés, alors qu'aucun d'entre eux n'a de casier judiciaire. La manifestation était pacifique et aucun acte de violence n'a été signalé, selon des témoins et des organisations de droits de l'homme.

Quelle a été la réponse des organisations de droits de l'homme face à ce procès ?

Plusieurs organisations ont dénoncé le procès et exigé la libération des accusés. L'Observatoire cubain des droits humains et Amnesty International ont affirmé que protester pacifiquement n'est pas un délit et ont critiqué le manque de garanties procédurales ainsi que la répression étatique contre la dissidence à Cuba.

Quel impact la répression a-t-elle eu sur la famille de José Gabriel Barrenechea ?

L'arrestation de José Gabriel Barrenechea a eu un impact dévastateur sur sa famille, en particulier sur sa mère, Zoila Esther Chávez, qui est décédée sans pouvoir faire ses adieux à son fils. Malgré les demandes afin que Barrenechea puisse la voir dans ses derniers jours, les autorités n'ont pas permis la rencontre, ce qui a été considéré comme un acte de cruauté institutionnelle.

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