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Une enquête réalisée par CiberCuba sur Facebook a révélé l'ampleur du désir d'émigrer parmi les Cubains, lorsque 93 % des participants ont déclaré qu'ils quitteraient le pays immédiatement s'ils en avaient l'opportunité. Seulement 5 % ont dit qu'ils ne le feraient pas et 2 % ont affirmé qu'ils avaient déjà essayé.
En tout, plus de 4 400 personnes ont participé à la consultation, qui a déclenché un intense débat avec des centaines de commentaires et de réactions. Beaucoup reflètent le désespoir, la douleur de la séparation familiale et l'urgence d'échapper à une crise qui semble sans fin.
Demain non, tout de suite, a écrit un utilisateur, tandis qu'une autre Cubaine a assuré qu'elle partirait sans réfléchir deux fois, avec mes enfants et mon mari, même Haïti me convient, je ne demande pas beaucoup. Juste sortir de cet enfer. D'autres reconnaissent que seuls les liens familiaux les retiennent : En ce moment, je partirais… mes parents sont âgés et malades, seule cela m'empêcherait.
Il y a également ceux qui ont exprimé l'espoir de ne pas avoir à émigrer : “Je ne partirais pas de ma Cuba, mais je demande à Dieu chaque jour de la libérer pour que je puisse être heureux et que ceux qui, comme moi, n'ont jamais voulu partir, mais ont dû le faire, reviennent”, a commenté un internaute.
La pauvreté pousse à la sortie massive
Le résultat de l'enquête correspond aux dernières données de l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme (OCDH), qui révèlent que 89 % des Cubains vivent dans des conditions de pauvreté extrême et que 78 % souhaitent émigrer ou connaissent quelqu'un ayant cette intention.
Coupures de courant, crise alimentaire, coût de la vie, bas salaires et manque de médicaments sont les principales préoccupations de la population, tandis qu'à peine 3 % mentionnent l'embargo américain comme un problème. La majorité, en revanche, souligne le déclin interne comme la cause de la crise.
Le rapport avertit que huit personnes sur dix n'arrivent pas à couvrir leurs besoins fondamentaux et que l'insécurité alimentaire touche plus durement les personnes âgées.
Un exode qui vide l'île
La désespérance se reflète déjà dans les chiffres officiels, avec plus de 250 000 Cubains qui ont émigré en 2024, selon les données de la Oficina Nacional de Estadística e Información (ONEI). Des études indépendantes portent le chiffre à plus d'un demi-million de personnes rien que pour cette année, plaçant Cuba parmi les pays avec le rythme de dépopulation le plus élevé au monde.
L'économiste Juan Carlos Albizu-Campos compare cette réduction à celle des pays en guerre, tandis que le vieillissement de la population et la basse natalité aggravent encore davantage le tableau.
La psychologue cubaine Roxanne Castellanos Cabrera a récemment averti qu'il y a une charge émotionnelle profonde derrière chaque départ. “Il y a beaucoup de gens qui sont partis, portant des montagnes de culpabilité et de souffrance”, a-t-elle expliqué, en soulignant que la fracture familiale, avec des enfants, des parents et des grands-parents séparés par l'émigration, laisse des blessures difficiles à guérir.
La spécialiste a indiqué que la réunification et le soutien à distance sont devenus le pilier de milliers de foyers, mais aussi une preuve que, pour beaucoup, Cuba a cessé d'être un projet d'aujourd'hui et de demain.
En medio de ce contexte, les résultats de l'enquête de CiberCuba semblent moins être une surprise et plus un reflet de ce qui se vit au quotidien dans les rues de l'île. Comme l'a résumé une utilisatrice dans les commentaires : “Cette question n'a pas lieu d'être posée, puisque nous connaissons tous la réponse”.
Questions fréquentes sur la crise migratoire et sociale à Cuba
Pourquoi une grande majorité des Cubains souhaite-t-elle émigrer du pays ?
Une enquête a révélé que 93 % des Cubains quitteraient le pays immédiatement s'ils en avaient l'occasion. Les principales raisons incluent le désespoir face à la crise économique et sociale, caractérisée par une pauvreté extrême, des coupures de courant constantes, une crise alimentaire et un manque de médicaments. La situation est aggravée par la séparation familiale et la perception d'un avenir incertain sur l'île.
Quelle est la situation économique actuelle à Cuba selon les enquêtes ?
Selon l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme, 89 % des Cubains vivent dans des conditions de pauvreté extrême. Des facteurs critiques tels que les coupures de courant, la crise alimentaire, le coût élevé de la vie et les bas salaires constituent les principales préoccupations, montrant un panorama économique qui pousse beaucoup à envisager l'émigration comme unique solution.
Quelles mesures sont suggérées pour faire face à la crise à Cuba ?
L'Observatoire cubain des droits de l'homme suggère que la situation à Cuba ne pourra s'améliorer qu'avec des réformes structurelles. Cela inclut l'adoption d'une économie de marché, le respect de la propriété privée, la libre initiative, la sécurité juridique et l'investissement étranger. Sans ces changements, la crise économique et sociale perdurera, affectant la majorité de la population.
Quelle est la perception des Cubains envers le gouvernement actuel ?
Une enquête de l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme indique que 92 % des Cubains désapprouvent la gestion du gouvernement. Cette désapprobation est encore plus forte parmi les jeunes, où à peine 3,39 % évaluent positivement le régime. Les coupures de courant constantes, la crise alimentaire et le manque de services de base sont des facteurs qui alimentent ce mécontentement.
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