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La crise alimentaire à Cuba a atteint des niveaux alarmants : dans l'est du pays, le pitirre abejero, un oiseau migrateur qui a l'habitude de nicher sur l'île et de voler chaque hiver vers l'Amérique du Sud, se vend sur le marché noir à 400 pesos la livre, l'équivalent d'un dollar au taux de change informel.
L'observatoire indépendant Food Monitor Program (FMP) a dénoncé ce mercredi sur le réseau social X que la chasse de cette espèce est devenue une ressource de subsistance pour de nombreuses familles, malgré les conséquences écologiques que cela peut engendrer.
«Le pitirre abejero n'est pas qu'une simple viande, c'est un contrôleur naturel d'insectes et il aide à équilibrer les écosystèmes», a averti le groupe.
Lors de leur passage saisonnier, ces oiseaux se concentrent dans des rivières, des lagunes et des plans d'eau, ce qui facilite leur capture avec des armes improvisées telles que des fusils à air comprimé de calibre 4,5 mm —présumément sportifs, mais mortels pour les oiseaux— et des fusils de chasse à cartouches régulées par le Décret-Loi 262 à Cuba.
Pour les dénonciateurs, cette pratique reflète la paradoxe de la crise cubaine : une ressource naturelle transformée en aliment de subsistance, un écosystème affaibli et une espèce mise en danger.
« La chasse indiscriminée, ajoutée à la déforestation croissante, accroît la vulnérabilité des routes migratoires du pitirre », a alerté le rapport.
Le programme a rappelé que la pénurie a également conduit à l'abattage des arbres, à la chasse illégale de jutías et d'iguanes, ainsi qu'à la pêche intensive d'espèces comme les crabes et les crevettes d'eau douce, tous devenus des alternatives désespérées face à l'absence de nourriture.
FMP a demandé aux autorités cubaines d'aborder ce phénomène par des politiques de justice sociale et de protection de l'environnement garantissant la durabilité, sans criminaliser les pratiques de subsistance dans un pays aux ressources de plus en plus limitées.
La crise à laquelle sont confrontés les Cubains aujourd'hui, et qui les a poussés à adopter des pratiques presque cavernicoles, se manifeste au quotidien.
Récemment, FMP a dénoncé que la crise énergétique et alimentaire que traverse Cuba a obligé des milliers de familles à abattre des arbres pour cuisiner, en raison de coupures d'électricité pouvant atteindre 20 heures par jour et de la suspension prolongée de l'approvisionnement en gaz liquéfié.
Questions Fréquemment Posées sur la Crise Alimentaire à Cuba et la Chasse au Pitirre
Pourquoi le pitirre abejero est-il chassé à Cuba ?
La chasse au pitirre abejero à Cuba est devenue une ressource de subsistance en raison de la crise alimentaire. De nombreuses familles ont recours à cette pratique pour se nourrir, même si cela entraîne de graves conséquences écologiques, car le pitirre est un régulateur naturel d'insectes et sa capture massive pourrait déséquilibrer les écosystèmes.
Quel est le prix du pitirre abejero sur le marché noir cubain ?
Dans le marché noir cubain, la viande de pitirre abejero se vend à 400 pesos la livre, ce qui équivaut à environ un dollar dans le taux de change informel. Ce prix élevé reflète le désespoir et la faim auxquels la population cubaine est confrontée en raison de la crise alimentaire.
Quel impact la crise alimentaire a-t-elle sur la population cubaine, en particulier sur les groupes vulnérables ?
La crise alimentaire à Cuba a conduit à ce que un Cubain sur quatre se couche sans dîner. Des groupes vulnérables tels que les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes handicapées et les patients atteints de maladies chroniques sont les plus touchés. La situation s'est aggravée en raison de l'inflation, de la pénurie de nourriture et de l'effondrement des services de base tels que l'électricité et l'eau potable.
Quelles mesures ont été proposées pour faire face à la crise alimentaire à Cuba ?
Le Programme Food Monitor (FMP) a exhorté le gouvernement cubain à mettre en œuvre des politiques de justice sociale et de protection de l'environnement qui garantissent la durabilité. Il est demandé d'aborder les pratiques de subsistance sans criminaliser ceux qui les exercent, et des réformes structurelles sont exigées pour permettre un accès adéquat à des aliments et des services essentiels pour toute la population.
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