Le régime cubain a confirmé ce lundi que le leader de l'opposition José Daniel Ferrer García a été exilé du pays en direction des États-Unis, accompagné par des membres de sa famille.
La sortie a lieu, selon La Havane, à la suite d'une demande formelle du gouvernement américain et avec l' acceptation expresse de Ferrer lui-même.
L'information a été divulguée par un communiqué officiel du Ministère des Affaires Étrangères de Cuba (MINREX), qui tente de présenter le fait comme un acte conforme à la loi et résultant d'une procédure légale ordinaire, alors qu'en réalité, le leader de l'opposition a été exilé du pays et a gagné l'admiration du peuple pour avoir montré, pendant des années, un courage indomptable.
La sortie de Ferrer survient après des années de dénonciations pour violations des droits de l'homme, une répression systématique et des conditions carcérales extrêmes, ce qui, pour de nombreux observateurs et défenseurs internationaux, représente un exil déguisé.
Le MINREX a affirmé que la procédure a été évaluée par le parquet cubain en tenant compte de « la situation légale » de Ferrer, « du respect de la procédure régulière » et des « circonstances spécifiques de l'affaire ».
Il a également été mentionné l'application de "prérogatives légales" par les institutions, sans fournir de détails concrets sur la figure juridique utilisée pour autoriser la sortie du pays d'un citoyen cubain sous mesure de protection.
José Daniel Ferrer avait reçu en janvier 2025 une libération anticipée alors qu'il purgait une peine de 4 ans et 6 mois de prison.
Le bénéfice a été révoqué à peine trois mois après, en avril, sous prétexte qu'il avait violé les conditions imposées par le tribunal, conformément à la Loi sur l'exécution pénale cubaine.
Depuis lors, il est resté en détention provisoire, inculpé d'un nouveau délit présumé, dont aucun détail n'a non plus été fourni dans le communiqué.
Bien que le régime ne le reconnaisse pas explicitement, l'exil de Ferrer a lieu après d'intenses pressions diplomatiques et des dénonciations internationales concernant le traitement qu'il a reçu pendant son incarcération.
Le communiqué du MINREX cherche à cadrer la sortie dans un ton institutionnel, affirmant que l'État cubain maintient son « engagement inébranlable envers l'application de la loi, la protection des droits de toutes les personnes et la défense de la souveraineté nationale face à des campagnes de discrédit ».
Cependant, diverses voix à l'intérieur et à l'extérieur de Cuba considèrent que il s'agit d'un nouveau cas d'exil forcé, une pratique courante du régime pour se débarrasser d'opposants gênants sans reconnaître officiellement une expulsion.
José Daniel Ferrer, fondateur et leader de l'Union Patriotique de Cuba (UNPACU), a été l'une des figures les plus actives et persécutées de la dissidence cubaine au cours des deux dernières décennies.
Il a été l'un des prisonniers politiques du Groupe des 75 emprisonnés lors de la soi-disant Printemps Noir de 2003, et depuis, il a souffert de multiples arrestations, passages à tabac et détentions arbitraires.
Sa sortie de Cuba ne met pas fin au harcèlement systématique contre sa famille et son entourage, qui ont été la cible d'une surveillance constante, de détentions brèves et d'actes de répudiation.
Bien qu'il se trouve actuellement hors du pays, Ferrer a réaffirmé à plusieurs reprises que son engagement dans la lutte pour la démocratie à Cuba est « irréductible ».
Le peuple de Cuba ressent, et ressentira, un grand respect et une profonde admiration pour celui qui est, sans aucun doute, l'un des hommes les plus courageux de l'histoire contemporaine du pays, un héroïsme qui n'est en aucun cas terni par cette sortie forcée.
Questions fréquentes sur l'exil de José Daniel Ferrer
Pourquoi José Daniel Ferrer a-t-il quitté Cuba ?
José Daniel Ferrer a décidé de quitter Cuba sous des pressions extrêmes du régime, motivé par la nécessité de protéger sa famille. Dans une lettre depuis sa prison, il a dénoncé une chaîne d'abus systématiques et a réaffirmé son engagement dans la lutte pour la liberté de Cuba, indiquant que son départ n'est pas une reddition mais une stratégie pour continuer son activisme depuis l'exil.
Comment le régime cubain présente-t-il la sortie de José Daniel Ferrer ?
Le régime cubain tente de présenter la sortie de Ferrer comme un acte conforme au droit et partie d'une procédure légale ordinaire. Cependant, diverses voix estiment qu'il s'agit d'un exil forcé, une pratique courante du régime pour se débarrasser de dissidents gênants.
Quelles conditions José Daniel Ferrer devait-il affronter en prison ?
José Daniel Ferrer faisait face à des conditions extrêmes en prison, y compris des passages à tabac, des tortures, des humiliations et des menaces de mort. Il a été soumis à des traitements cruels et inhumains, et sa famille a également subi une persécution impitoyable. Ces conditions ont été dénoncées par sa famille et des activistes internationaux.
Quelle a été la réaction internationale face au cas de José Daniel Ferrer ?
La communauté internationale a exprimé une préoccupation croissante concernant le cas de Ferrer. Les États-Unis ont condamné son emprisonnement et la répression du régime cubain, tandis que diverses organisations de droits de l'homme ont demandé sa libération immédiate. Le cas de Ferrer a été souligné comme un exemple de la répression politique à Cuba.
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