Des militaires continuent de s'occuper de la collecte des déchets à La Havane

L'Armée de l'Ouest dirige les opérations de nettoyage dans les quartiers de la capitale cubaine, au milieu de l'effondrement du système communal et des critiques des citoyens concernant le manque de solutions structurelles.

Les tâches de nettoyage dans la capitale ont été partiellement confiées à des recruesPhoto © Facebook/Asamblea Municipal del Poder Popular de Centro Habana

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Des soldats, des officiers et des travailleurs civils des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) mènent depuis plusieurs semaines la collecte des déchets à La Havane, où l'accumulation de détritus maintient les autorités en alerte et aggrave la crise sanitaire de la ville.

La municipalité du Pouvoir Populaire de Centro Habana a souligné via son profil sur Facebook que des membres de l'Armée de l'Ouest ont réalisé ce vendredi un "coup de nettoyage" dans le Conseil Populaire Colón dans le cadre de l’"Opération Nettoyage", une action visant à améliorer les conditions d'hygiène de la capitale.

Captura de Facebook/Asamblea Municipale du Pouvoir Populaire de Centro Habana

Selon les informations, les militaires ont travaillé “sans relâche” aux côtés des délégués et des habitants, lors d'une journée qualifiée de “nécessaire pour protéger la santé du peuple”.

Ajouta que le président du Conseil Populaire de Colón, Eduardo Reyes Barrueto, et d'autres dirigeants locaux ont remercié le contingent pour son travail, dans un contexte où les services communaux sont débordés et sans capacité de réponse face à l'ampleur des déchets accumulés.

Captura de Facebook/Asamblea Municipale du Pouvoir Populaire de Centro Habana

Le déploiement militaire coïncide avec le lancement de la “Opération Campana”, un projet pilote de collecte nocturne des ordures dans des zones avec un service électrique souterrain, a précisé l'Assemblée Municipale du Pouvoir Populaire de Centro Habana dans un autre post de ce même réseau social.

Les autorités espèrent étendre le modèle s'il parvient à atténuer les points les plus critiques, bien qu'elles admettent que le déficit d'équipements et la pénurie de carburant demeurent les principaux obstacles à la stabilisation du système.

Photo : Facebook/Asamblea Municipal del Poder Popular Centro Habana

La situation sanitaire de La Havane est devenue l'un des sujets les plus sensibles du pays. Le président Miguel Díaz-Canel a lui-même dirigé plusieurs réunions d'urgence depuis début octobre, exigeant un "contrôle et une discipline" face à la dégradation urbaine.

Lors d'une de ces séances, diffusée par la presse d'État, le président a déploré que de nombreux organismes d'État ne se soient pas engagés dans les travaux de nettoyage et a critiqué le manque de réponse appropriée.

Photo : Facebook/Asamblea Municipal del Poder Popular Centro Habana

« Les difficultés qui existent à La Havane doivent être identifiées par des noms et des prénoms, » a-t-il alors déclaré.

Malgré le discours officiel, les chiffres témoignent de l'ampleur de l'effondrement. Selon des données du Gouvernement, jusqu'au 26 octobre plus de 396 000 mètres cubes de déchets avaient été collectés dans le cadre de la campagne intensive d'hygiène lancée au début du mois.

Photo : Facebook/Asamblea Municipale du Pouvoir Populaire Centro Habana

Néanmoins, les rapports de la presse locale et des réseaux sociaux montrent que les dépotoirs improvisés et les conteneurs débordants continuent de marquer le paysage quotidien dans de nombreuses municipalités.

Dans certains quartiers périphériques, le Ministère des Transports a commencé à reconvertir des conteneurs obsolètes en caisses « ampirroll » (de type à benne basculante) et à employer la traction animale pour la collecte des déchets, une mesure d'urgence qui reflète la précarité du système.

La présence de l'Armée dans des tâches civiles telles que la collecte des déchets, la distribution de nourriture ou le contrôle des urgences est devenue une constante à Cuba ces dernières années.

Dans ce cas, la militarisation des services communaux semble s'être institutionnalisée en réponse à la dégradation urbaine de la capitale, plutôt que comme une solution temporaire.

Pendant ce temps, les déchets continuent de s'accumuler dans les rues, les terrains vagues et sur les trottoirs. Pour de nombreux habitants de La Havane, l'odeur et les moustiques sont devenus une partie de la routine quotidienne, tandis que les uniformes verts remplacent les camions municipaux dans une ville où la propreté dépend de plus en plus de la discipline militaire que de la gestion civile.

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