Expreso politique du 11J quitte Cuba après des mois de harcèlement : "La répression n'a pas pris fin lorsque je suis sorti de prison"



Après sa sortie de prison, Samuel Pupo Martínez, de Cárdenas, a été soumis à une surveillance, à des convocations intimidantes, à des menaces et à des pressions pour le réduire au silence.

Samuel Pupo Martínez, sa femme et son filsPhoto © Facebook / Samuel Pupo Martínez

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Le manifestant du 11 juillet Samuel Pupo Martínez a dû quitter Cuba et se trouve actuellement au Costa Rica, pays dans lequel il a demandé une protection après avoir subi des mois de harcèlement implacable même après avoir été libéré.

Après avoir purgé sa peine pour sa participation aux manifestations, Pupo, âgé de 51 ans, essaie maintenant de reconstruire sa vie loin du contrôle du régime castriste et de préparer le terrain pour la réunification avec sa famille, qui reste sur l'île.

La prison n'a pas été la fin de la punition

Bien qu'officiellement libéré, le régime ne lui a pas permis de vivre en liberté.

Après sa sortie de prison, Pupo, résident à Cárdenas, a été soumis à une surveillance, à des convocations intimidantes, à des menaces constantes et à des pressions pour le faire taire ; des méthodes courantes utilisées pour contraindre à l'exil ceux qui refusent de se soumettre au pouvoir.

Selon ce qu'il a raconté au portail Click-Cuba, sa liberté n'était que nominale, conditionnée à garder le silence. Le harcèlement s'est intensifié au cours des derniers mois, rendant son maintien dans le pays inviable sans risquer de se retrouver à nouveau en cellule… ou quelque chose de pire.

Une sortie forcée et une escale peu commune au Nicaragua

Sa route d'évasion a commencé par une escale inattendue : le Nicaragua, un pays étroitement allié à La Havane et qui autorise rarement l'entrée des opposants cubains.

Être entré là-bas est devenu une exception qui lui a permis de ne pas être renvoyé à Cuba et de poursuivre son chemin jusqu'au Costa Rica, où il tente aujourd'hui de régulariser son statut migratoire.

Depuis le sol costaricain, Pupo cherche à s'adapter et à se stabiliser pour pouvoir emmener sa famille avec lui.

Le Costa Rica, connu pour accueillir des persécutés politiques, lui offre quelque chose qu'il n'a jamais eu à Cuba : la possibilité de vivre sans la peur de la Sécurité de l'État.

Un modèle de répression soutenue : d'abord la prison, ensuite l'exil

Le cas de Pupo illustre un mécanisme habituel : le gouvernement incarcère le dissident, le surveille lorsqu'il sort et finit par le pousser à quitter le pays par un harcèlement systématique.

L'exil fonctionne comme un outil de contrôle : il élimine les voix critiques sans avoir besoin de les réincarcérer, évitant ainsi le coût politique de nouvelles arrestations.

La répression derrière les barreaux se transforme en peine perpétuelle, même en dehors de la prison.

Qui est Samuel Pupo Martínez ?

Samuel Pupo, licencié en Mathématiques et Informatique, a été arrêté le 11 juillet 2021. Ce jour-là, lors des manifestations, il est monté sur une voiture retournée et a crié "À bas le communisme ! Patrie et Vie !", à quelques mètres du siège du Parti dans la municipalité.

Par son geste, le Parquet l'a accusé de "diriger les manifestations" et un tribunal l'a condamné à trois ans de prison pour outrage et troubles à l'ordre public.

Au moment de son arrestation, il travaillait comme travailleur autonome. Son absence de casier judiciaire ne l'a pas sauvé de la punition.

Il a été incarcéré dans la prison de haute sécurité d'Agüica, malgré de graves problèmes de santé

Son fils Hugh Dieter Pupo Santana -aujourd'hui âgé de 16 ans- lui a envoyé des lettres émouvantes. Dans celles-ci, il exprimait son angoisse, demandait à Dieu sa libération et déplorait de passer la Fête des Pères loin de lui.

Sa femme, Yuneisy Santana González, licenciée en Sciences humaines et forte de plus de deux décennies d'expérience dans l'enseignement, a été tout ce temps à exiger la libération conditionnelle de Pupo.

Pour revendiquer ce droit, la Sécurité de l'État l'a également harcelée, la menaçant de l'incarcérer et de lui retirer son fils.

Un exilé de plus pour revendiquer la liberté

Aujourd'hui, Samuel Pupo entame une nouvelle vie loin de son pays, contraint de fuir pour rester fidèle à son droit à l'expression.

Son cas démontre qu'à Cuba, il ne suffit pas d'exécuter une peine pour être libre : la répression se poursuit en dehors des cellules, dans les rues, à la maison et à chaque pas de ceux qui osent revendiquer un pays différent.

Sa sortie n'est pas la fin de sa lutte, mais le début d'une autre, désormais en liberté et loin de l'État qui l'a emprisonné, surveillé et finalement expulsé.

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