Venezuela accorde 48 heures aux compagnies aériennes : tension entre sécurité aérienne et isolement



Le Venezuela impose un ultimatum de 48 heures aux compagnies aériennes, suscitant des inquiétudes concernant la sécurité aérienne et le potentiel isolement international du pays dans un contexte de tensions croissantes.

Aéroport International Simón BolívarPhoto © Wikipedia / Améliorée avec IA

Vidéos associées :

L'Institut National de l'Aviation Civile (INAC) du Venezuela a notifié aux compagnies aériennes internationales qui ont suspendu leurs vols vers le pays qu'elles doivent reprendre leurs opérations dans un délai de 48 heures, sous peine de perdre leurs droits de trafic et leurs permis d'exploitation sur le territoire vénézuélien, selon des communiqués cités par l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA).

Le message officiel survient après que, en l'espace de quelques jours, au moins une vingtaine de vols ont été annulés depuis et vers Caracas, suite à une alerte de l'Administration fédérale de l'aviation des États-Unis (FAA) qui a recommandé de faire preuve d'une extrême prudence lors du survol de l'espace aérien vénézuélien et du sud de la mer des Caraïbes.

Vague d'annulations et réponse des compagnies aériennes

Iberia, Air Europa, Plus Ultra et d'autres compagnies aériennes européennes et latino-américaines ont temporairement suspendu leurs liaisons avec Caracas, invoquant des raisons de sécurité et annonçant qu'elles reprendront les vols uniquement lorsque des garanties complètes pour les opérations seront en place. Dans certains cas, comme Iberia, la suspension s'étend au moins jusqu'au 1er décembre, conformément aux recommandations de l'Agence d'État de la sécurité aérienne d'Espagne.

L'IATA a souligné que les suspensions sont des mesures temporaires basées sur des analyses techniques de risque, en conformité avec les normes de la Convention de Chicago, et a averti que forcer la reprise des vols sans clarté sur la sécurité de l'espace aérien pourrait accroître l'isolement du Venezuela et réduire encore davantage sa connectivité internationale déjà limitée.

Avertissements de voyage et effets pour les passagers

Face à l'incertitude, le ministère des Affaires étrangères d'Espagne a mis à jour ses recommandations de voyage et demande de ne pas se rendre au Venezuela sauf en cas de nécessité, appelant les citoyens à rester informés des éventuels changements et annulations de dernière minute.

Les passagers font face à des reprogrammations, à des itinéraires plus longs par des pays tiers et, dans de nombreux cas, à l'impossibilité de voler aux dates prévues. Les consulats, comme celui d'Espagne à Caracas, conseillent aux voyageurs de contacter directement leurs compagnies aériennes et de vérifier constamment l'état des vols avant de se rendre à l'aéroport.

La crise se situe à l'intersection entre la sécurité aérienne et la politique internationale : les alertes de la FAA et des autorités européennes, émises dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et le Venezuela, ont poussé les compagnies aériennes à prioriser la protection des passagers et des équipages, tandis que le gouvernement vénézuélien tente d'éviter un nouveau signe d'isolement avec l'ultimatum de 48 heures.

Pendant qu'IATA insiste sur le dialogue et la coordination entre les régulateurs pour évaluer le risque de l'espace aérien, plusieurs pays envisagent d'étendre ou de renforcer les restrictions sur les vols à destination ou en provenance du Venezuela, ce qui pourrait prolonger la situation au-delà du délai fixé par Caracas et laisser des milliers de voyageurs en attente de décisions politiques et techniques.

L'escalade qui aujourd'hui tend les cieux vénézuéliens n'est pas apparue de nulle part : elle est précédée de mois de détérioration de la sécurité dans l'espace aérien, d'alertes de la FAA américaine concernant une augmentation de l'activité militaire et de possibles interférences dans les systèmes de navigation, ainsi que d'une réaction en chaîne des compagnies aériennes qui ont préféré suspendre des routes plutôt que de s'exposer à un incident dans un environnement de plus en plus instable.

Dans ce contexte, l'ultimatum de 48 heures de l'INAC se présente comme un affrontement frontal entre deux logiques : celle du gouvernement, qui cherche à empêcher un nouveau symbole d'isolement en retirant les permis à ceux qui ne volent pas, et celle d'une industrie qui opère selon des normes internationales de sécurité et qui n'est prête à revenir que lorsque les régulateurs fourniront des garanties claires.

Archivé dans :

Luis Flores

PDG et cofondateur de CiberCuba.com. Quand j'ai le temps, j'écris des articles d'opinion sur la réalité cubaine vue sous l'angle d'un émigrant.