Cubana raconte son expérience lors d'un rendez-vous pour sa résidence après l'annonce de la suspension des démarches



La Cubaine a raconté son expérience au journaliste d'Univision, Javier Díaz.

Femme qui s'est présentée à son rendez-vous de résidencePhoto © Collage Captura de Facebook/Javier Díaz

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Dans un contexte de plus en plus incertain pour les migrants aux États-Unis, une femme cubaine a raconté son expérience lors d'un récent rendez-vous pour demander la résidence permanente.

Son témoignage, chargé d'émotion, arrive juste après l'annonce de l'administration Trump concernant la suspension de tous les processus de citoyenneté et de résidence pour les immigrants en provenance de 19 pays, y compris Cuba et Venezuela.

“Que Dieu veuille et permette qu'on me donne ma résidence, car vraiment dans ce pays je suis toute seule, toute seule, toute seule”, a déclaré en larmes la femme, interrogée par le journaliste Javier Díaz pour Univision.

Son cas représente un espoir au milieu du blocage migratoire qui a suscité le désarroi, la frustration et la peur parmi des milliers de demandeurs qui voient désormais leurs démarches gelées.

Selon ses dires, elle a réussi à se présenter cette semaine à son rendez-vous pour la prise d'empreintes sans encombre : “Je pensais qu'il allait m'arriver quelque chose, mais non, tout s'est bien passé”, a-t-elle affirmé, visiblement soulagée.

Une annonce surprenante qui a suspendu des milliers de démarches

Le 2 décembre dernier, le Service de Citoyenneté et d'Immigration des États-Unis (USCIS) a émis un mémorandum suspendant le traitement des demandes de citoyenneté et de résidence pour les ressortissants de 19 pays classés par l'administration comme « à risque ».

La mesure affecte particulièrement les pays présentant des indices élevés d’instabilité ou de pauvreté, tels que Cuba, l'Iran, le Soudan, la Somalie, l’Érythrée, Haïti et le Venezuela.

La décision, confirmée par le porte-parole du USCIS, Matthew Tragesser, a été justifiée par l'argument de donner la priorité à la "sécurité nationale".

« La citoyenneté est un privilège, pas un droit », a affirmé Tragesser, qui a ajouté que l'objectif est de s'assurer que « les personnes qui deviennent citoyennes soient les meilleures des meilleures ».

La suspension s'inscrit dans une vague de durcissement des politiques migratoires poussées par l'ancien président Donald Trump, qui est maintenant revenu à la Maison Blanche après sa récente réélection.

Le déclencheur immédiat du nouveau frein aurait été une fusillade à Washington au cours de laquelle deux membres de la Garde nationale ont été blessés.

Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, un citoyen afghan ayant obtenu l'asile en avril, a été arrêté, et son affaire a entraîné un nouvel examen interne des mécanismes d'admission et de naturalisation.

Impact direct : Interviews annulées et cérémonies suspendues

Les conséquences du mémorandum se font déjà sentir dans de nombreux bureaux de l'USCIS. Des entretiens prévus ont été annulés sans préavis, et des cérémonies de prestation de serment de citoyenneté ont été suspendues dans des villes comme Houston et Nashville.

“Tout s'est arrêté. C'est comme un embouteillage et cela ne va faire qu'empirer”, a averti Ana María Schwartz, avocate en immigration au Texas, au New York Times

Le USCIS a défendu la pause comme faisant partie d'un processus de révision approfondie pour garantir que « rien n'est écarté jusqu'à ce que chaque étranger soit évalué et examiné au maximum possible », a déclaré l'agence sur ses réseaux sociaux.

Mais le mémorandum n'implique pas seulement des suspensions.

Elle inclut également la réévaluation des cartes de séjour déjà délivrées, la révision des décisions d'asile émises sous des administrations précédentes et une éventuelle révocation des avantages accordés aux migrants provenant de pays « interdits ».

Le New York Times estime que les nouvelles règles pourraient affecter plus de 1,5 million de personnes ayant des demandes d'asile en attente et plus de 50 000 bénéficiaires d'asile accordé pendant le mandat de Joe Biden.

Dans l'ensemble, ces changements représentent l'une des plus grandes réformes restrictives du système migratoire américain de ces dernières décennies.

« Tous les immigrés ne sont pas des criminels. »

Dans ce contexte d'incertitude, la voix de la femme cubaine prend une force particulière. "Tous les immigrants ne sont pas des meurtriers ni des criminels, ni rien de tout ça", a-t-elle affirmé avec fermeté.

Son témoignage rompt avec la narration officielle qui lie la migration à des menaces pour la sécurité et humanise le drame vécu par des milliers de personnes prises au piège dans un système à l'arrêt.

Sa espérance - et celle de beaucoup d'autres - reste intacte, bien que teintée d'anxiété. Pour elle, avoir réussi à accomplir sa démarche cette semaine a été une chance, une exception qui pourrait se refermer dans quelques jours.

« Dieu veuille qu'on me l'accorde », répéta-t-elle. Pour quelqu'un qui est arrivée seule aux États-Unis, la résidence n'est pas seulement un statut légal : c'est une opportunité de stabilité, d'appartenance et de dignité.

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