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L'humoriste cubain Ulises Toirac a publié un message percutant sur Facebook dans lequel il s'en prend à la direction du pays et alerte sur le niveau de dégradation que traverse la société cubaine, décrivant une situation qui a atteint un point critique où "un petit cheveu dans la soupe fait déborder la réaction".
Dans sa publication, Toirac souligne que "la direction de ce pays a un gros problème", le différenciant même des problèmes quotidiens qui affectent la population, et précise que l'usure sociale s'étend à tous les domaines de la vie : "nourriture, électricité, transports, connectivité, santé, éducation, etc.".
Pour l'acteur, l'accumulation de manques a provoqué que tout déclencheur, aussi petit soit-il, génère des réactions intenses dans la population.
Il insiste sur le fait que les signaux sont clairs : avec le temps, "les chemins ne se trouvent pas, le présent s'appauvrit (et il devient impossible d'apercevoir l'avenir), et des petits changements se produisent malheureusement dans la mauvaise direction".
Toirac alerte également sur ce qu'il définit comme un "divorce avec la réalité" entre ceux qui prennent des décisions et la vie quotidienne des gens, une déconnexion qui se produit lorsque l'information ne circule pas sans intermédiaires ou lorsqu'on n'est pas "dans les chaussures des gens".
Son diagnostic final est une image qui résume son inquiétude : « Je vois une boule de neige (déjà grande) descendre cette montagne kilométrique ».
Le débat s'est intensifié dans la section des commentaires, lorsqu'une utilisateur a répondu en défendant que, malgré les difficultés, "Cuba et sa révolution en sortiront, comme elle l'a toujours fait, avec optimisme et foi en la victoire et l'amélioration".
L'internaute a remis en question le fait que Toirac ne s'implique pas ni n'apporte de contributions à la recherche de solutions, et a suggéré que les chemins qu'il ne voit pas existeront bel et bien à l'avenir.
La réponse de l'acteur fut encore plus directe et détaillée. "C'est vous qui ne voyez pas qu'il n'y a plus de voie", répliqua-t-il, avant d'énumérer une série de problèmes structurels qui mettent en évidence la profondeur de la crise.
Elle a demandé s'il n'est pas évident que "récupérer la SEN prendra dix ans que nous n'avons pas", ou que "la production de ce pays et sa capacité d'exportation sont presque à zéro".
Il a également rappelé que Cuba importe "le sel et le sucre", deux produits de base historiquement associés à la production nationale.
Dans le domaine de la santé, Toirac a décrit des hôpitaux qui "ne fournissent d'autre service que les consultations des rares médecins qui ne sont pas à l'étranger à engraisser un compte qui n'est pas utilisé pour industrialiser le pays", et où les médecins "ne délivrent même pas d'ordonnances parce qu'ils savent qu'il n'existe pas de médicaments".
Il a également évoqué le contraste entre la prolifération hôtelière et l'absence de tourisme : "les hôtels sont vides de touristes et la ville est pleine d'hôtels."
Le déclin urbain et social occupe également une place centrale dans sa critique. Il a mentionné "la misère de nos rues pleines de nids-de-poule et de débris" et le drame de "nos Jeunesses pleines de désirs de quitter le pays, étant ce qu'elles sont l'avenir d'un pays".
Pour le comédien, loin de se fermer, "le cycle… monte une fois de plus sans pauses".
Sa réponse s'est conclue par une phrase qui résume sa position face à l'optimisme sans résultats visibles : "On peut avoir foi quand il y a des signes. Quand il n'y en a même pas, on appelle ça du fanatisme."
Les déclarations de Toirac reflètent un malaise social croissant et une critique frontale de la gestion gouvernementale, exprimant la frustration d'un large éventail de la population qui constate l'aggravation des carences alors que, selon la majorité des Cubains, aucune solution réelle ni chemin clair ne se dessine pour inverser la crise.
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