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La crise énergétique qui soumet des millions de Cubains à des coupures de courant allant jusqu'à 20 heures par jour a de nouveau frappé avec force le jeudi 1er janvier et dans la nuit de ce vendredi, à peine quelques heures après que le régime ait proclamé une supposée "stabilité" du Système Électroénergétique National (SEN) à l'occasion de l'arrivée de la nouvelle année.
Selon le rapport de l'Union Électrique (UNE), jeudi, le service a été affecté de 7h29 à 13h55, puis à nouveau de 14h56 à 22h30.
La plus forte affectation de la journée a atteint 1506 mégawatts (MW) à 18h30, un chiffre qui confirme la gravité de l'effondrement structurel du système.
Pour ce vendredi 2 janvier, la situation ne montre pas d'amélioration.
À 6h00, la disponibilité réelle du SEN n'était que de 1550 MW face à une demande de 1600 MW, ce qui entraînait déjà une affectation immédiate de 110 MW.
À midi, des coupures de courant de 400 MW sont envisagées.
D'autre part, pour les heures de pointe, une demande maximale de 2950 MW est projetée, alors que la disponibilité est la même à 1550 MW, ce qui entraînerait un déficit de 1400 MW et une atteinte prévue allant jusqu'à 1430 MW.
Le déclin du parc thermoélectrique continue d'être l'une des principales causes de l'effondrement.
La unité 5 de la CTE Mariel et la 2 de la CTE Felton restent hors service, tandis que la unité 2 de la CTE Santa Cruz et la 4 de la CTE Carlos Manuel de Céspedes, à Cienfuegos, sont en maintenance.
Uniquement en raison de limitations dans la génération thermique, 726 MW restent hors-service.
À cette situation s'ajoute la pénurie chronique de carburant et de lubrifiants.
Selon la UNE, 79 centrales de génération distribuée sont hors service pour cette raison, avec 753 MW indisponibles.
Sont également inactifs 35 MW de la patana de Melones, 48 MW de la patana de Regla et 142 MW supplémentaires en raison du manque de lubrifiant, pour un total de 978 MW perdus uniquement à cause de l'insuffisance d'intrants de base, une preuve directe de l'incapacité de l'État à maintenir le système.
Le gouvernement tente de présenter les parcs solaires photovoltaïques comme un prétendu bouée de sauvetage.
La UNE a informé que les 34 nouveaux parcs ont produit 2812 MWh et ont atteint une puissance maximale de 511 MW pendant la période moyenne.
Cependant, ces chiffres restent bien en dessous du déficit de plus de 1400 MW prévu pour l’heure de pointe, confirmant que les solutions présentées ne compensent en rien l’effondrement de la génération conventionnelle.
En milieu de ce panorama, la Empresa Eléctrica de La Habana a publié sur Facebook que jeudi il n'y a pas eu de coupures de courant dans la province en raison d'un déficit, tout en rappelant que les interruptions "dépendront des exigences du SEN".
L'éclaircissement met en évidence la profonde inégalité dans la répartition des coupures de courant et la priorité accordée à certains territoires, tandis que le reste du pays continue d'être en proie à de longues interruptions.
Le contraste avec le discours officiel ne peut pas être plus marqué.
Le jeudi, depuis le Ministère de l'Énergie et des Mines, la journaliste officielle Esther Lilian González a affirmé que le 31 décembre "a été un bon jour pour l'Union Électrique" et que "à 00h00, quand est arrivé le 1er janvier, à Cuba tout le monde avait de l'électricité".
Cette image de supposée normalité n'a duré que quelques heures. Le retour immédiat des coupures massives a confirmé qu'il s'agissait d'un mirage propagandiste et non d'une solution réelle.
Tandis que le régime insiste pour présenter des chiffres isolés et des promesses de stabilité, la réalité est que le système électroénergétique continue d'être en proie à une crise structurelle provoquée par des années d'abandon, de mauvaise gestion et de manque d'investissements efficaces.
Le résultat est un pays entier piégé dans des coupures de courant interminables, avec une population épuisée qui continue de payer le prix de l'effondrement énergétique.
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