Le régime des Ortega arrête 60 personnes au Nicaragua pour avoir célébré la capture de Nicolás Maduro



Des organisations de défense des droits humains dénoncent des détentions arbitraires au Nicaragua après la capture de Maduro par des forces américaines. Les arrestations sont fondées sur des opinions exprimées sur les réseaux sociaux et lors de célébrations privées. Cette affaire met en lumière une nouvelle vague répressive alors que le régime annonce des libérations sélectives de prisonniers politiques.

Les arrestations ont eu lieu sans ordre judiciaire et se sont appuyées sur des commentaires sur les réseaux sociauxPhoto © Facebook/Policía Nacional de Nicaragua

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Au moins 60 personnes ont été arrêtées au Nicaragua pour avoir prétendument célébré ou exprimé leur soutien à l'arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, ont dénoncé des organisations de droits de l'homme et des médias indépendants.

Les autorités nicaraguayennes ont arrêté des dizaines de citoyens pour avoir exprimé leur soutien à l'opération militaire américaine du 3 janvier, qui s'est terminée par l'arrestation de Maduro à Caracas et son transfert à New York pour faire face à des accusations de trafic de drogue et de trafic d'armes.

L'information a été confirmée par l'ONG Blue and White Monitoring et par des médias locaux, qui décrivent une répression fondée exclusivement sur l'expression d'opinions, a rapporté un communiqué de l'agence AFP reproduit par le journal britannique The Guardian.

Selon l'organisation, depuis l'arrestation de Maduro et de sa femme, Cilia Flores, il y a eu "au moins 60 arrestations arbitraires". Parmi ce total, 49 personnes restaient détenues vendredi sans information sur leur statut légal, tandis que neuf ont été libérées et trois autres ont été retenues temporairement.

Le groupe a dénoncé que les arrestations ont été effectuées sans mandat judiciaire et se sont appuyées sur des commentaires sur les réseaux sociaux, des célébrations privées ou le refus de répéter la propagande officielle.

Le journal nicaraguayen Confidencial, publié depuis l'exil, a indiqué que les arrestations ont eu lieu sous un "état d'alerte" ordonné par Rosario Murillo, vice-présidente et épouse de Daniel Ortega, qui a inclus une surveillance dans les quartiers et un suivi des réseaux sociaux.

Pour sa part, le journal La Prensa a affirmé que plusieurs arrestations ont été motivées par des publications "en faveur" de l'opération américaine contre Maduro.

La nouvelle vague répressive se déroule dans un contexte de forte tension régionale et d'étroite alliance politique entre le régime Ortega-Murillo et le chavisme.

Un jour avant que les arrestations ne soient annoncées, le président américain Donald Trump a affirmé avoir annulé une deuxième phase d'attaques contre le Venezuela, invoquant la coopération de Caracas en matière pétrolière et la libération de prisonniers politiques, bien qu'il ait maintenu la flotte navale déployée dans les Caraïbes.

En parallèle, le gouvernement du Nicaragua a annoncé ce samedi la libération de "dizaines de prisonniers" politiques à l'occasion du 19e anniversaire du régime.

Medias locales estiment qu jusqu'à 30 personnes ont été libérées, parmi elles l'ancien maire Óscar Gadea ainsi que plusieurs opposants et leaders religieux.

Cependant, des organisations indépendantes et l'ambassade des États-Unis à Managua ont averti que plus de 60 personnes restent détenues ou disparues, y compris des pasteurs, des malades et des personnes âgées, et ont souligné que "la paix n'est possible qu'avec la liberté".

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