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Le Commandement sud des États-Unis a émis un avertissement sévère à l'adresse des navires liés à ce qu'on appelle la « flotte obscure », utilisés pour transporter du pétrole vénézuélien et alimenter des réseaux de financement illégal.
L'avertissement intervient à un moment de pression militaire et diplomatique croissante sur les pays alliés du gouvernement de Caracas, notamment après la capture de Nicolás Maduro.
“El porte-avions le plus grand du monde, l’USS Gerald R. Ford, ainsi que les navires de guerre amphibies USS Iwo Jima, USS Fort Lauderdale et USS San Antonio restent déployés dans l’hémisphère occidental. Les marines et les marins de ces plateformes létales sont prêts à apporter leur soutien”, a publié le Commandement Sud dans un communiqué officiel.
L'avertissement a été accompagné d'images du puissant déploiement naval qui reste actif dans les Caraïbes.
Tous restent déployés dans l'hémisphère occidental dans le cadre de l'Opération Lanza del Sur (Southern Spear), une action stratégique menée sous les ordres du président Donald Trump.
La mission bénéficie du soutien du Département de la Sécurité nationale, du Département d'État et du Département de la Justice des États-Unis, dans le cadre d'une réponse coordonnée visant à démanteler les embarcations illicites opérant dans la région, notamment celles liées au trafic de pétrole vénézuélien.
"Prêts à soutenir des opérations contre des acteurs malveillants."
Dans son message, le Commandement Sud a été emphatique :
« Les marins et les soldats à bord de ces navires létaux sont prêts à soutenir les opérations contre les embarcations et les envois illicites qui profitent à des acteurs malveillants et à des cartels. »
Les forces militaires américaines ont été déployées spécifiquement dans la zone de responsabilité du Commandement Sud, et il est prévu d'accroître les interdictions en mer, dans une tentative de démanteler la chaîne logistique de la "flotte sombre".
Qu'est-ce que la "flotte obscure" et pourquoi est-elle sous surveillance ?
La «flotte sombre» fait référence à un groupe de navires pétroliers qui opèrent en dehors des systèmes traditionnels de suivi maritime, en éteignant leurs transpondeurs, naviguant sous des pavillons de complaisance ou changeant de nom et de propriétaire pour éviter des sanctions.
Selon une enquête du Washington Post, des images satellites ont montré qu'au moins 11 navires sanctionnés ont réussi à quitter le Venezuela avec une cargaison conjointe de 9,4 millions de barils de pétrole, en violation flagrante du blocus imposé par les États-Unis.
Parmi ces onze navires, six ont été localisés à plus de 70 milles marins de la côte vénézuélienne, tandis que trois autres ont réussi à s'éloigner de plus de 450 milles en direction de l'Atlantique.
Certains ont été localisés devant Grenade ou près de la Colombie, et l'un d'eux avait récemment changé pour le pavillon russe afin d'essayer d'échapper à son suivi.
Trois navires identifiés – Verónica III, Bertha et Aquila II – sont sanctionnés en raison de leurs liens avec l'Iran et la Russie, selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor.
Saisies et poursuites : les États-Unis intensifient les interdictions
En parallèle au déploiement militaire, les forces américaines ont intensifié les opérations de saisie. Cette semaine, au moins deux navires supplémentaires ont été capturés : le Sophia, intercepté dans les Caraïbes, et le Marinera, battant pavillon russe, arrêté après une longue poursuite dans l'Atlantique.
Moscou a réagi avec vigueur, accusant Washington de “viol er le droit maritime international”, dans ce qui pourrait escalader vers un conflit diplomatique de plus grande envergure.
Une analyse complémentaire citée par The Washington Post suggère qu'un navire américain, possiblement le croiseur lance-missiles USS Lake Erie, aurait suivi de près certaines de ces embarcations, bien que le Pentagone n'ait ni confirmé l'identité ni la localisation exacte.
Reposicionnement face à Cuba et message à La Havane
En un geste que les analystes interprètent comme un avertissement direct au régime cubain, deux navires américains ont été repositionnés la semaine dernière au nord de Cuba.
La manœuvre, survenue après la capture de Nicolás Maduro, a mis en évidence le soupçon de Washington concernant les liens entre La Havane et Caracas dans les opérations de pétrole sanctionné.
Un blocus effectif ou symbolique ?
Bien que l'opération vise à être une démonstration de force, des analystes énergétiques ont remis en question l'efficacité réelle du blocus. La capacité de onze navires à contourner le blocus ces dernières semaines indique que les restrictions présentent des failles.
«L'objectif principal est de dissuader par des saisies et une présence dissuasive», a souligné un expert consulté par le Post. Cependant, il a reconnu que «c'est extrêmement difficile d'imposer un blocus total et sans faille en mer ouverte».
Depuis l'administration Trump, cependant, on insiste sur le fait que ces actions augmentent le « levier stratégique » sur le Venezuela.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a souligné que la quarantaine constitue "le plus haut niveau de pression possible" pour isoler le régime de Delcy Rodríguez, actuelle cheffe du gouvernement à Caracas après la capture de Maduro.
Un avertissement sur plusieurs fronts
La nouvelle phase de l'Opération Southern Spear ne vise pas seulement à arrêter des chargements illégaux de pétrole, mais aussi à envoyer un message géopolitique plus large aux gouvernements alliés du Venezuela dans les Caraïbes.
Le repositionnement des navires face à Cuba et l'intensification des interdictions révèlent une stratégie de pincement : dissuader, isoler et frapper financièrement les acteurs impliqués dans le commerce illicite de pétrole.
À mesure que la confrontation s'intensifie, les Caraïbes deviennent un nouveau front de tension entre Washington et ses adversaires régionaux, avec une flotte obscure qui, loin de rester dans l'ombre, est devenue une cible prioritaire de la stratégie militaire et diplomatique des États-Unis.
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