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La communauté de Gua, à Cienaguilla, conseil populaire du municipio granmense de Campechuela, est consternée après le meurtre de Darmis Ismarai (Gulli) Figueredo Rodríguez, âgé de 38 ans, et de son partenaire, âgé de 43 ans, survenu dans la nuit du 7 janvier à leur domicile.
Selon des rapports sur Facebook, des organisations féministes cubaines ont indiqué que le crime aurait été commis par l'ex-partenaire de Darmis, qu'elle avait déjà dénoncé pour violence, sans qu'il y ait eu de réponse de la police pour prévenir la tragédie.
Le double homicide a laissé quatre enfants orphelins, deux enfants de chaque victime.
L'Observatoire de Genre Alas Tensas (OGAT) et la plateforme indépendante Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC), qui ont vérifié les faits auprès de sources communautaires et de médias locaux, ont renouvelé leur appel aux autorités pour adopter des mesures efficaces afin de lutter contre ces événements.
Jusqu'au 13 janvier, les deux groupes enregistrent deux féminicides, une tentative de féminicide et un meurtre d'homme pour des raisons de genre.
De plus, ils poursuivent des enquêtes sur 12 possibles féminicides, quatre tentatives de féminicide et un meurtre d'homme pour des raisons de genre, survenus en 2025.
Assassin capturé
Selon le compte de Facebook "Nio reportando un crimen", le 10 janvier, la Police a arrêté l'auteur des deux crimes, identifié comme Adrián Corrales.
Des témoignages de membres de la famille et d'amis ont rapporté que Corrales a tué à coups de machette Darmis Ismarai et son partenaire actuel, nommé Junio Rosa Rivera.
"L'affaire a généré une grande préoccupation en raison du fait que l'agresseur avait menacé de revenir pour commettre de nouveaux actes violents, y compris des menaces contre des proches", précise le post.
L'assassinat d'une infirmière à Sancti Spíritus, premier féminicide de 2026
La violence machiste à Cuba avait déjà marqué le début de l'année avec un féminicide survenu le 6 janvier à Jatibonico, Sancti Spíritus.
La victime, Magaly Aragón Aragón, infirmière de 59 ans, a été retrouvée morte dans une canne à sucre près du camp pénitentiaire Las Mulas, où elle travaillait. L'agression a inclus des violences sexuelles et s'est terminée par un meurtre.
L'agresseur, identifié comme Yoel Soriano Santana, purgait une peine de 26 ans de prison pour un meurtre antérieur et se trouvait à Las Mulas au moment du crime.
Selon les rapports, il a avoué l'homicide et l'abus sexuel post-mortem. La victime laisse derrière elle deux enfants adultes.
Un schéma de violence persistante
Ces crimes s'ajoutent à un schéma alarmant à Cuba.
En 2025, les observatoires ont enregistré au moins 48 féminicides, dans un contexte d'absence de statistiques officielles et sans lois spécifiques protégeant les femmes en danger.
Bien que le Code Pénal mentionne la violence de genre, il n'existe pas de loi globale ni de typification autonome du féminicide, et il n'y a pas non plus de refuges ni de protocoles d'assistance immédiate pour les femmes menacées.
Le double meurtre de Granma et le féminicide de Sancti Spíritus mettent en évidence la négligence institutionnelle et le manque de prévention, même dans des environnements étatiques.
Dans le cas de Darmis, elle avait dénoncé son agresseur sans que les autorités n'agissent à temps ; dans le cas de Magaly, l'homicide a eu lieu au sein même de son lieu de travail sous la garde du système pénitentiaire.
Réponse de la société civile
Les plateformes féministes insistent sur le fait que dénoncer n'est pas un délit et exhortent la population à signaler les cas de violence extrême de genre.
De plus, ils assument des tâches qui incomberaient à l'État, telles que documenter les crimes, enquêter, accompagner les familles et rendre visible la violence machiste.
Selon OGAT et YSTCC, la récurrence des féminicides et des homicides d’hommes pour des motifs de genre démontre un schéma répétitif, où l’impunité, l’invisibilisation et le manque de législation permettent aux agresseurs d’agir en toute liberté.
Ils avertissent que la société cubaine ne peut se permettre de détourner le regard et que l'action législative ainsi que la protection effective sont urgentes pour éviter que de nouvelles victimes ne viennent s'ajouter à la liste des meurtres liés à la violence de genre.
Le début de 2026 à Cuba reflète la crise structurelle de la violence machiste, où l'absence de lois intégrales, de refuges, de protocoles de prévention et de réponse institutionnelle continue d'exposer les femmes et les hommes à des risques extrêmes liés au genre.
La tragédie de Darmis et de son partenaire ainsi que celle de Magaly Aragón souligne la nécessité d'agir avant que des schémas ne se répètent, ayant déjà coûté des dizaines de vies ces dernières années.
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