Apagons sans répit pour le « peuple combattant » : Le déficit électrique frappe toute Cuba



Le SEN s'est réveillé ce vendredi avec seulement 1220 MW disponibles face à une demande de 1970 MW.

Marche du Peuple Combattant en hommage aux militaires morts au VenezuelaPhoto © Facebook / Unión Eléctrica UNE

La crise énergétique à Cuba ne laisse aucun répit. Ce 16 janvier, l'Unión Eléctrica (UNE) a confirmé que le Système Électrique National (SEN) avait été affecté pendant les 24 heures de la journée précédente et que la situation restait inchangée à l'aube.

Loin d'être un événement ponctuel, les coupures de courant restent une constante qui affecte toute l'île et qui expose, une fois de plus, l'incapacité de l'État à garantir un service de base à la population.

Selon le rapport officiel, la plus forte perturbation jeudi était de 2010 MW à 18h30, un chiffre supérieur à celui prévu, en raison de l'indisponibilité de l'unité 6 de la centrale thermique de Renté et de la 8 de la CTE Mariel.

À 6h00 ce vendredi, alors que le régime apportait les dernières retouches à la préparation de la Marche du Peuple Combattant convoquée par Díaz-Canel, la disponibilité du SEN n'était que de 1220 MW face à une demande de 1970 MW, créant un déficit de 760 MW.

Pour l'heure du déjeuner, une affectation de 1100 MW était déjà prévue.

Les causes du collapsus se répètent : pannes, maintenances prolongées et un manque chronique de carburant.

Captura de Facebook / Unión Eléctrica UNE

Les unités 5 et 8 de la CTE Mariel, les 1 et 2 de Felton ainsi que la 6 de l'Antonio Maceo, à Santiago de Cuba, restent hors service en raison de pannes.

À cela s'ajoutent des travaux de maintenance dans le bloc 2 de la CTE Santa Cruz et le 4 de la Carlos Manuel de Céspedes, à Cienfuegos.

Seulement en génération thermique, il y a 699 MW indisponibles, une chiffre qui illustre le déclin extrême du parc énergétique.

Mais le coup le plus dur vient de la génération distribuée : 96 centrales sont à l'arrêt faute de combustible, ce qui représente 927 MW de moins, auxquels s'ajoutent 24 MW de la Patana de Melones, 39 MW de la Patana de Regla et 171 MW hors service en raison d'un manque de lubrifiant.

Au total, la pénurie de fournitures affecte 1161 MW à cause de cela.

Pour la pointe nocturne, la UNE prévoit l'entrée de 120 MW de l'unité 1 de Felton et de 30 MW d'Energás Jaruco. Néanmoins, la disponibilité ne dépasserait guère 1400 MW, face à une demande estimée à 3150 MW, ce qui entraînerait un déficit de 1750 MW et un impact réel allant jusqu'à 1780 MW.

Même les 37 nouveaux parcs solaires ne parviennent pas à compenser l'effondrement : ils ont produit 2583 MWh et atteint une puissance maximale de 430 MW à midi, un chiffre insuffisant face à l'ampleur du déficit national.

À La Havane, l'Entreprise Électrique a rapporté que jeudi, le service a été affecté pendant 14 heures et 28 minutes, avec un pic de 353 MW à 18h30. 95 MW ont été affectés en raison d'une situation d'urgence.

La situation ne s'est normalisée qu'après minuit, et malgré cela, 185 MW restaient affectés par l'urgence dans six blocs et neuf circuits.

Captura de Facebook / Entreprise Électrique de La Havane

L'entreprise elle-même a averti que, si la disponibilité du SEN ne s'améliore pas, il ne sera pas possible de respecter la programmation et les coupures imprévues se poursuivront.

Alors que des millions de Cubains passent des nuits entières sans électricité, sans ventilateurs, sans réfrigération pour la nourriture et sans pouvoir dormir au milieu de la chaleur et des moustiques, le gouvernement prouve qu'il ne peut garantir ne serait-ce qu'un seul jour sans coupures de courant.

Cependant, il est possible d'organiser des actes politiques et des marches officielles - comme celle qui a eu lieu ce matin en hommage aux 32 militaires morts au Venezuela - en consommant du carburant, des moyens de transport et des ressources en plein cœur d'une crise qui étouffe le pays.

La contradiction est brutale : un État qui exige des sacrifices au "peuple combattant", mais qui ne parvient pas à assurer le minimum pour que ce même peuple vive avec dignité.

La crise énergétique n'est pas un accident : c'est le résultat de décennies d'abandon, de mauvaise gestion, de dépendance extérieure et de propagande au lieu de véritables solutions. Et ceux qui paient le prix, ce sont, une fois de plus, les citoyens ordinaires.

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