Le régime cubain autorise des paiements supplémentaires avec les économies du fonds salarial



Argent, image de référencePhoto © CiberCuba / Sora

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Le Conseil des ministres de Cuba a approuvé un mécanisme pour verser des revenus supplémentaires aux travailleurs du secteur budgété par la redistribution des "non-exécutions" des dépenses de personnel (économies du fonds de salaires) dans des unités où le budget des salaires n'a pas été exécuté "pour des raisons objectives".

La mesure, publiée dans le Journal Officiel Extraordinaire No. 45 (11 août 2025) comme Accord 10199/2025, définit cet argent comme “paiement supplémentaire et salaire à tous les effets légaux”, tout en précisant qu'il ne constitue pas un système de paiement permanent.

L'Accord autorise la redistribution du fonds de salaires non exécutés dans les unités budgétaires comme incitatif à la stabilité de la main-d'œuvre, face à l'« augmentation soutenue » de la fluctuation du travail dans ce secteur.

La norme stipule que la compétence d'approuver le "niveau général des salaires du pays" revient au Conseil des Ministres (selon l'Art. 113 du Code du Travail) et fonde la décision sur sa compétence constitutionnelle.

Le paiement supplémentaire s'applique aux travailleurs de toutes les catégories occupationnelles du secteur budgétisé, y compris les unités ayant un traitement spécial.

Cependant, l'accord lui-même introduit des exceptions et des conditions qui limitent qui peut en bénéficier.

D'où vient l'argent : « ineffectivités » du fonds de salaire

L'Accord stipule que la redistribution ne peut intervenir que lorsque l'inexécution du fonds est objective et peut être garantie dans le cadre du plan de dépenses de salaire assigné pour l'exercice fiscal. L'inexécution, selon le texte, peut être due à :

  • existence de travailleurs avec des subventions,
  • prestations de maternité,
  • licences non rémunérées, ou d'autres situations où aucun salaire n'est versé,
  • ou non-achèvement de l'effectif approuvé.

L'Accord souligne deux idées clés. Le paiement est considéré comme supplémentaire et comme salaire à tous les effets légaux, mais ne constitue pas un système de rémunération.

La périodicité peut être unique ou pour une période déterminée, mais elle ne peut pas avoir un caractère permanent ni massif.

Chaque unité budgétisée doit approuver un règlement intérieur pour appliquer la redistribution, et le document exige :

  • approbation par le chef de l'unité en tant qu'administrateur du budget, préalablement accordée par le Conseil de Direction;
  • participation de l'organisation syndicale à son élaboration ;
  • analyse du contenu lors de l'Assemblée Générale des Affiliés et Travailleurs;
  • incorporation au Convenio Colectivo de Trabajo une fois approuvé.

Le règlement doit inclure au minimum : source de financement (non-exécutions du fonds salarial) ; périodicité (ni permanente, ni massive) ; procédure d'attribution (avec des critères tels que haute performance, reconnaissance différenciée pour les personnes hautement qualifiées, postes de plus grande responsabilité, approche par compétences et mécanisme de distribution individuelle) ; autorités qui certifient les économies et le respect des exigences, et système de contrôle.

Qui décide combien et comment se répartit ?

L'Accord indique que le montant total à redistribuer et le montant pour chaque travailleur sont approuvés par le Conseil de Direction, en accord commun avec le syndicat, et sont communiqués à l'Assemblée Générale.

L'accord du Conseil de Direction doit établir les critères d'attribution, préciser le montant à redistribuer, le montant individuel et la période à laquelle la rémunération correspond.

Exclus (sauf) de l'application :

  • organes et organismes de l'Administration centrale de l'État et entités nationales avec des régimes salariaux différenciés pour les augmentations de salaire;
  • unités d'assistance et institutions éducatives dont les professionnels de la santé et le personnel enseignant bénéficient déjà d'efforts maximaux et d'une surcharge de travail éducatif.

À qui cela concernerait-il :

  1. travailleurs qui n'ont pas reçu ces avantages, ou
  2. qui n'ont reçu qu'un paiement supplémentaire mensuel pour des années de services rendus.

L'Accord attribue des tâches avec des délais. Dans les 30 jours suivant son entrée en vigueur : les chefs d'organismes, les gouverneurs, les intendants et les OSDE avec des unités budgétisées doivent analyser le comportement du travail et l'évaluation financière des dépenses salariales afin de déterminer quelles entités peuvent redistribuer des fonds.

Dans 30 jours, ils doivent également approuver des lignes directrices générales pour appliquer le paiement dans leur système (références pour les règlements internes).

Ils doivent évaluer trimestriellement pendant un an l'application et envoyer au ministère des Finances et des Prix un rapport de résultats et d'impact, en tant que partie des notes aux états financiers.

Les ministres des FAR et du MININT disposent de 30 jours à partir de la publication pour adapter leur application dans des activités budgétées qui n'ont pas d'augmentations salariales différenciées.

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