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La Commission européenne (CE) a présenté ce jeudi deux nouvelles stratégies qui durcissent significativement la politique des visas et la gestion de la migration irrégulière au sein de l'Union européenne (UE).
Selon la CE, ces mesures visent à renforcer la sécurité des frontières et à garantir un contrôle plus strict sur qui peut entrer, rester ou sortir du territoire communautaire.
L'un des axes centraux est la stratégie de visas, qui nécessite encore une ratification par le Conseil et le Parlement européens.
La nouvelle politique prévoit que l'octroi de visas sera lié à la coopération des pays tiers en matière de retours et de réadmissions de migrants irréguliers, de sorte que les États qui ne collaborent pas pourraient faire face à la suspension, au refus ou à des restrictions dans l'émission de visas.
Selon le rapport de EFE, la Commission européenne propose également de renforcer la sécurité des documents de voyage et d'utiliser des outils numériques avancés pour gérer les permis de manière plus efficace.
Parmi les pays qui bénéficient actuellement de régimes d'exemption de visa, on trouve l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique, les États-Unis, le Canada, le Japon et la Corée du Sud.
La CE a souligné la nécessité d'un contrôle plus strict de ces exonérations afin de prévenir les abus et garantir que les voyages sans visa soient utilisés conformément à la réglementation européenne.
Dans ce contexte, le commissaire européen à l'Intérieur et aux Migrations, Magnus Brunner, a affirmé que la stratégie vise à "mettre de l'ordre en Europe avec des frontières plus solides et des retours plus efficaces".
Le deuxième axe présenté est le plan quinquennal de migration irrégulière, appelé Stratégie Européenne d'Asile et de Migration.
Ce plan établit un cadre juridique solide pour la gestion de la migration, incluant la démantèlement des réseaux de trafic de personnes, la protection des réfugiés et des persécutés, ainsi que l'attraction de talents pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs clés.
Selon la CE, l'application d'une « diplomatie migratoire ferme » a permis de réduire de 55 % la migration irrégulière qui traverse les frontières européennes au cours des deux dernières années, atteignant jusqu'à 90 % de réduction sur des routes spécifiques comme celle des Balkans occidentaux au cours des trois dernières années.
Bien que ces mesures témoignent d'un durcissement de la politique migratoire, la CE a précisé que cela n'affecte pas la régularisation interne qu'un État membre peut effectuer.
Par exemple, le cas de l'Espagne, qui a récemment annoncé la régularisation de 500 000 migrants irréguliers, relève des décisions souveraines du pays, a expliqué Brunner.
"Ce sont des personnes qui se trouvent déjà dans un État membre et l'État membre a la compétence pour décider comment réagir et aborder l'aspect légal", a-t-elle précisé.
D'autre part, le bloc européen reconnaît qu'il souffrira "des carences de compétitivité et de la pénurie de main-d'œuvre qui s'accentueront dans de nombreux secteurs clés" au cours des cinq prochaines années.
C'est pourquoi les nouveaux plans visent à attirer des talents internationaux en simplifiant et en accélérant les processus de reconnaissance des qualifications et des compétences, en utilisant la digitalisation et l'intelligence artificielle, ainsi qu'en luttant contre l'emploi illégal et l'exploitation des travailleurs migrants.
Parmi les mesures envisagées figurent l'automatisation partielle des contrôles avant le départ des voyageurs exemptés de visa, la création de visas d'entrée multiple et l'étude de normes juridiques pour les entrepreneurs, les enseignants et les étudiants.
Dans l'ensemble, les nouvelles stratégies reflètent un tournant vers un contrôle plus rigide des flux migratoires, cherchant à équilibrer la sécurité de l'UE avec l'attraction de talents et l'efficacité administrative, s'alignant sur des politiques migratoires plus restrictives observées dans d'autres régions du monde.
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