
Vidéos associées :
Miguel Díaz-Canel vient de s'exprimer ce vendredi sur le récent décret exécutif signé par Donald Trump, qui vise à interrompre l'approvisionnement en pétrole à Cuba par l'imposition de tarifs à des pays qui envoient du combustible à l'île.
Le dirigeant cubain a accusé les États-Unis d'agir sous “un prétexte mensonger et vide d'arguments”, et de vouloir “étouffer l'économie cubaine en imposant des tarifs aux pays qui commercent souverainement du pétrole avec Cuba”.
“Ne disaient-ils pas, le Secrétaire d'État et ses bouffons, que le blocus n'existait pas ? Où sont ceux qui nous ennuient avec leurs fausses histoires selon lesquelles il s'agit d'un simple ‘embargo sur le commerce bilatéral’ ?”, questionna, affrontant ceux qui disent que "le blocus" n'existe pas.
Enfin - fidèle à sa rhétorique - le dirigeant a conclu en disant que cette nouvelle escalade démontre “la nature fasciste, criminelle et génocidaire d'une camarilla qui a séquestré les intérêts du peuple américain à des fins purement personnelles.”
Une réponse en ligne conforme à la position antérieure du chancelier Bruno Rodríguez
La réaction du dirigeant intervient plusieurs heures après que le chancelier Bruno Rodríguez ait dénoncé ce qu'il a qualifié d'“acte d'agression brutal” de la part de Washington.
Bruno Rodríguez a été le premier à faire entendre une voix officielle, avertissant que les États-Unis cherchent à “imposer un blocus total sur les approvisionnements en carburant” et à soumettre le pays “à des conditions de vie extrêmes”.
Rodríguez a accusé la Maison Blanche de recourir au “chantage” pour forcer des pays tiers à rejoindre sa politique d'isolement contre Cuba, par la menace de “tarifs arbitraires et abusifs”.
Selon le communiqué émis par le MINREX, la mesure repose sur "une longue liste de mensonges qui tentent de présenter Cuba comme une menace qu'elle n'est pas".
Il a également insisté sur le fait que "la seule menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région" est le gouvernement américain lui-même.
La mesure de Trump
L'ordre exécutif signé par Trump déclare Cuba comme une "menace inhabituelle et extraordinaire" pour la sécurité des États-Unis et habilite les secrétaires au Commerce et d'État à sanctionner les pays qui entretiendraient des échanges énergétiques avec l'île.
Le document accuse le régime de La Havane de faciliter des opérations de renseignement de la Russie et de la Chine, d'héberger des organisations telles que le Hamas et le Hezbollah, et de contribuer à la déstabilisation régionale par le biais de la “migration et de la violence”.
Cette stratégie s'inscrit, selon des sources citées par The Wall Street Journal, dans une offensive visant à accélérer un changement de régime à Cuba, sur la présomption que “l'île est sur le point de tomber” et que le moment d'agir est maintenant.
Un scénario de haute tension géopolitique
La mesure a également une dimension mondiale. Des gouvernements comme ceux du Mexique, de la Russie ou de l'Algérie, qui ont envoyé du pétrole à l'île récemment, pourraient être directement affectés par l'imposition de sanctions.
L'ordre exécutif s'appuie sur une combinaison de cadres juridiques - la Loi sur les urgences nationales, la Loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale et le Code des États-Unis - ce qui lui confère un large éventail de compétences.
Pendant ce temps, des rapports de presse indiquent que des ambassades et des entreprises étrangères commencent à examiner discrètement leurs plans d'évacuation en cas d'éventuel effondrement énergétique à Cuba.
Le croisement entre Washington et La Havane a atteint un nouveau niveau de tension maximale.
La posture de Díaz-Canel renforce la narration du gouvernement cubain sur la victimisation face à une agression extérieure.
Cependant, la mesure de Trump semble viser au-delà d'une simple pression symbolique.
Il s'agit d'une action conçue pour asphyxier le régime cubain à son point le plus vulnérable : l'accès aux sources d'énergie, tout en cherchant à rompre le dernier maillon de coopération internationale qui maintient la structure du pouvoir sur l'île.
EN CONSTRUCTION
Archivé dans :