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Les relations entre Cuba et les États-Unis traversent leur moment le plus tendu depuis des décennies, après l'ordre exécutif signé par le président Donald Trump, qui déclare une urgence nationale en considérant que le régime cubain représente “une menace inhabituelle et extraordinaire” pour la sécurité et la politique étrangère de son pays.
Cependant, depuis La Havane, il n'y a pas eu de réactions officielles significatives. Ni le président Miguel Díaz-Canel ni le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla, deux des dirigeants les plus actifs du régime sur les réseaux sociaux, n'ont fait de déclarations publiques concernant la mesure américaine.
Le silence contraste avec l'ampleur de la décision de Washington, qui établit un système tarifaire pour imposer des charges supplémentaires sur les produits des pays qui vendent ou fournissent du pétrole à Cuba, directement ou indirectement.
Jusqu'à présent, la seule réponse institutionnelle visible a été une brève note publiée par le portail officiel Cubadebate, intitulée “Une nouvelle pression : Trump menace d'imposer des droits de douane sur les produits des pays qui fournissent du pétrole à Cuba”, dans laquelle le média d'État se limite à reproduire des extraits du décret de la Maison Blanche, sans commentaires politiques ni déclarations des autorités cubaines.
En plein milieu de ce silence officiel, l'une des très rares voix à avoir réagi publiquement est celle du député à l'Assemblée nationale Carlos Miguel Pérez Reyes, qui dans un message diffusé ce jeudi a qualifié la mesure d'« action injuste et inhumaine ».
« Les États-Unis ont de nouveau recours au chantage en déclarant une supposée 'urgence nationale' contre Cuba et en menaçant d'imposer des tarifs douaniers aux pays qui nous fournissent du pétrole. Il s'agit d'une mesure extraterritoriale, injuste et inhumaine, conçue pour étrangler le peuple cubain et entraver notre développement », a-t-il déclaré.
Le législateur a ajouté qu'avec cette politique, Washington cherche à forcer une reddition par le biais de punitions collectives, multipliant les pénuries et les privations qui affectent la vie quotidienne, alors qu'en réalité, le régime en est le principal responsable.
«Depuis plus de six décennies, la politique de coercition et de blocus contre Cuba a causé des dommages énormes, non seulement économiques, mais aussi humains : elle limite l'accès aux combustibles, aux aliments, aux médicaments, à la technologie et au financement. Néanmoins, Cuba a maintenu une position ferme et sereine», a affirmé Pérez.
Le député a défendu la souveraineté nationale et a accusé les États-Unis d'agir « comme s'ils étaient les propriétaires du monde ».
«Cette conduite abusive ne peut être ni normalisée ni justifiée. Le peuple cubain n'a pas peur, mais il a un droit fondamental et inaliénable : vivre en paix. Cuba restera debout, avec dignité, défendant ce qui lui appartient : son indépendance, sa tranquillité et son avenir», a-t-il conclu.
Pendant ce temps, le régime cubain garde un silence total face à ce qui peut être considéré comme l'une des plus grandes confrontations entre Washington et La Havane depuis la crise des missiles de 1962, dans un contexte de profonde crise énergétique et économique sur l'île.
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