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Cuba a de nouveau connu une journée marquée par des coupures de lumière généralisées et prolongées.
Selon le rapport de l'Union Électrique (UNE), le jeudi, le service a été affecté pendant 24 heures et la principale perturbation due à un déficit de capacité de production a atteint 1 890 mégawatts (MW) à 18h30, l'un des pics les plus élevés enregistrés ces dernières semaines.
À 6h00 ce vendredi, le Système Électrique National (SEN) ne disposait que de 1 220 MW de disponibilité, face à une demande de 2 000 MW, laissant déjà 896 MW non couverts.
Pour l'horaire de midi, la UNE elle-même a estimé que l'impact atteindrait jusqu'à 1 150 MW, confirmant que les coupures ne seraient pas brèves ni ponctuelles, mais étendues à l'ensemble du pays.
La crise est directement liée à l mauvais état du parc thermélectrique et à l'absence d'investissements soutenus depuis des années.
En ce moment, cinq unités thermiques des CTE Mariel, Nuevitas, Felton et Antonio Maceo sont hors service en raison de pannes.
A cela s'ajoutent des arrêts pour maintenance dans trois blocs des CTE Santa Cruz, Carlos Manuel de Céspedes et la Antonio Guiteras, la plus grande du pays, qui a cessé de fonctionner jeudi.
De plus, il y a 329 MW hors service en raison de limitations dans la génération thermique, ce qui réduit encore la capacité réelle du système.
Pour l'heure de pointe du soir, l'UNE a prévu la possible mise en service de l'unité 2 de la CTE Santa Cruz avec 80 MW et de l'unité 6 de Renté, avec 45 MW, qui est encore en cours de démarrage.
Néanmoins, la disponibilité prévue ne serait que de 1 325 MW, face à une demande maximale estimée à 3 100 MW, ce qui entraînerait un déficit de 1 755 MW et un impact calculé pouvant atteindre 1 785 MW.
Même la contribution des énergies renouvelables ne parvient pas à compenser l'effondrement structurel.
Les 49 parcs solaires photovoltaïques ont produit 2 528 mégawattheures (MWh), avec une puissance maximale de 488 MW à midi, un chiffre significatif mais clairement insuffisant pour combler le fossé créé par les centrales thermiques en panne, vieillissantes ou arrêtées.
En La Havane, la Empresa Électrique a informé sur Facebook que jeudi le service a été affecté pendant 12 heures et 31 minutes. La capacité maximale a été de 387 MW à 18h30, dont 80 MW en raison d'une urgence.
Le service pour déficit a pu être rétabli à 23h49, mais à la clôture de la note, six blocs et 40 MW d'urgence restaient touchés, totalisant 268 MW, avec une prévision de rétablissement pour le matin.
La propre entreprise a averti que, si les conditions du SEN ne s'améliorent pas, les coupures pour "contingence énergétique" continueront sans horaires prévus.
Derrière ces chiffres se cache une réalité de plus en plus difficile pour la population. Les coupures de courant ne signifient pas seulement un manque de lumière, mais aussi des réfrigérateurs éteints, des aliments qui se gâtent, des hôpitaux fonctionnant sur des générateurs, des écoles touchées, des transports paralysés et des familles entières dormant dans le noir et la chaleur.
La crise énergétique est le résultat direct de décennies de mauvaise gestion, d'abandon des infrastructures et de décisions économiques ratées de la part du gouvernement, qui laisse aujourd'hui des millions de Cubains payer le prix.
Pendant que les autorités répètent des rapports techniques, le pays connaît un profond épuisement social.
L'électricité, qui devrait être un service de base garanti, est devenue un luxe intermittent. L'incertitude est totale : personne ne sait quand il y aura du courant, combien de temps durera la coupure ni quelle sera la prochaine zone touchée.
Au milieu de cette obscurité presque permanente, le peuple cubain résiste comme il peut, portant sur ses épaules le coût humain d'une crise qu'il n'a pas provoquée, mais dont il souffre chaque jour.
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