Le président de l'Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodríguez, a assuré ce vendredi que “tous les détenus” considérés comme des prisonniers politiques seront libérés le même jour où la loi d'amnistie sera définitivement approuvée, une procédure qu'il estime se produira “entre mardi prochain et au plus tard vendredi”.
Rodríguez a fait l'annonce devant des membres de la famille rassemblés au poste de police "Zona 7", à Caracas, où des veillées sont maintenues depuis des semaines pour réclamer des libérations.
Selon le rapport, le Parlement —à majorité chaviste— a approuvé jeudi ele projet en première lecture et la norme doit passer par une deuxième discussion pour être sanctionnée. “Une fois cette loi approuvée, ce même jour, tout le monde est libéré”, a affirmé Rodríguez, qui a insisté auprès des familles : “Entre mardi prochain et au plus tard vendredi, tout le monde sera libre.”
Rodríguez est arrivé sur les lieux accompagné du député officiel Jorge Arreaza, qui a présenté le projet de loi devant le Parlement.
Dans des images diffusées par la télévision d'État, les familles ont entouré les députés ; plusieurs mères et épouses ont dénoncé les conditions de détention, le manque d'accès aux soins médicaux et des irrégularités présumées dans les procédures, y compris des cas de personnes emprisonnées pendant des mois sans être présentées devant les tribunaux.
Rodríguez a promis de “réparer” les “erreurs” commises, a demandé d’élaborer une liste de proches pour assurer un suivi des cas et a indiqué qu’il reviendra lundi au poste de police pour les écouter.
Le projet d'amnistie, selon ce qui a été exposé dans la présentation parlementaire citée par EFE, exclut les personnes poursuivies ou condamnées pour des violations graves des droits de l'homme, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre, le meurtre intentionnel, la corruption et le trafic de drogues, entre autres cas.
L'ONG Foro Penal évalue à 687 le total des prisonniers politiques au Venezuela, selon le même rapport.
En parallèle, le texte situe la promesse de libération totale dans le cadre d'un processus d'excarchers entamé le 8 janvier, lorsque Rodríguez a annoncé la libération d'un "nombre important" de détenus.
Foro Penal aurait confirmé au moins 383 libérations depuis cette date, tandis que le gouvernement en place a évoqué 895 libérations, sans publier de listes officielles.
La loi d'amnistie a été proposée la semaine dernière par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, dans un contexte d’"ouverture" politique et de mesures annoncées dans le cadre d'une agenda de réconciliation, selon des rapports internationaux récents.
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